Billet – Entreprises publiques : La réforme en marche
La Presse — Le chantier de réforme des entreprises publiques quitte progressivement le terrain des textes pour entrer dans celui de l’exécution. Cette réforme entre dans une séquence où ses effets devront se mesurer à travers la performance des entreprises, et l’efficacité de la bonne gouvernance.Les entreprises publiques ont un rôle majeur dans la création de valeur à long terme et la gestion responsable des enjeux de développement.
La dynamique de réforme du secteur public s’inscrit dans le cadre des orientations de l’Etat visant à renforcer sa performance, sa transparence, sa concurrence… Les entreprises publiques, elles, ont toujours constitué une composante essentielle de croissance. Elles interviennent dans des secteurs vitaux — énergie, transport, infrastructures, services de base — et portent des missions d’intérêt général indispensables à la cohésion sociale.
Mais dans le contexte actuel marqué par des attentes citoyennes croissantes, par des contraintes budgétaires fortes et par une transformation rapide de notre économie, ces entreprises doivent désormais répondre à de nouveaux défis.L’objectif ultime de la réforme des entreprises publiques engagée est avant tout d’améliorer leur efficacité socioéconomique et leurs performances, en corrigeant les dysfonctionnements structurels qui entravent leur développement.
La nouvelle circulaire publiée récemment définit les principaux objectifs à atteindre ainsi que les principes encadrant cette réforme ambitieuse, notamment la continuité du service public et sa capacité de changement et d’adaptation, la transparence, la préservation des droits acquis… Ces objectifs se traduisent par une série de dispositions innovantes et d’actions futures. Dans ce contexte, la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a appelé, dans le cadre d’une circulaire datée du 28 août 2026, à l’amélioration de la gouvernance des entreprises et des établissements publics (EP) dans le cadre d’un processus de réforme structurelle globale afin de renforcer leur efficacité et leur performance. Cette circulaire renferme six axes prioritaires qui feront l’objet de plans d’actions stratégiques.
Ces axes prioritaires sont : la réforme du système d’exploitation et la garantie des équilibres financiers, la gestion des ressources humaines et l’amélioration de l’efficacité du travail, la gestion et la valorisation des biens, la modernisation des méthodes et outils d’organisation, la digitalisation, la transparence et la divulgation financières et la bonne gestion des avantages et aides sociales.
La circulaire préconise de renforcer les mécanismes de gouvernance et le rôle stratégique et de contrôle des ministères de tutelle, dans le cadre des plans d’action qui devront être conformes aux plans de développement. L’exécutif insiste, par ailleurs, sur la diversification des sources de financement des investissements, notamment à travers le renforcement de l’autofinancement et la mobilisation de crédits remboursables sur les revenus des investissements, en privilégiant les projets ayant un impact économique et social direct.
Les plans stratégiques devraient être aussi conformes aux plans de développement et aux stratégies sectorielles, reposant sur des programmes d’action clairement définis et sur des indicateurs de performance précis et mesurables. Dans le même sillage, le gouvernement appelle au développement des capacités de production, à la promotion de la compétitivité économique et l’amélioration de la qualité des services publics.
Notons que, durant des années, nombre d’entreprises publiques ont été confrontées où à des difficultés structurelles accumulées, ayant affecté leurs équilibres financiers et leur efficacité. Selon la circulaire, «cette situation a entraîné, dans plusieurs cas, un déficit structurel important.
La continuité de l’activité de certaines entités dépend ainsi d’un soutien financier permanent de l’État, sans amélioration tangible correspondante des indicateurs d’efficacité ou de la qualité des services ». Cette situation constitue, selon la même source, «une charge croissante pour les finances publiques et impose d’accélérer la réforme globale afin de préserver durablement le rôle économique et social de ces structures».



