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Électricité : la Tunisie a-t-elle trouvé une partie de la solution dans les énergies renouvelables ?

  • 9 septembre 2026
  • 5 min de lecture
Électricité : la Tunisie a-t-elle trouvé une partie de la solution dans les énergies renouvelables ?

Les énergies renouvelables constituent un levier important pour renforcer la production électrique en Tunisie, mais elles ne peuvent, à elles seules, résoudre les difficultés auxquelles fait face le système électrique national. C’est ce qu’a affirmé le consultant international dans le domaine de l’énergie, Ezzeddine Khalfallah, estimant que l’enjeu réside également dans l’accélération des projets, le renforcement du réseau et la réduction des délais administratifs.

Intervenant sur les ondes d’express Fm, Khalfallah a expliqué que les récentes coupures d’électricité intervenues en Tunisie s’inscrivaient dans un contexte marqué par un important déséquilibre entre la demande et la capacité de production.

Selon lui, la pointe de consommation électrique a dépassé 6.500 mégawatts, alors que la production n’a pas dépassé 4.000 mégawatts. Dans ce contexte, les coupures décidées par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) ont constitué, selon l’expert, une mesure temporaire face à l’écart entre l’offre et la demande.

Ce déficit s’explique notamment par les retards enregistrés dans la réalisation de plusieurs projets énergétiques. Les énergies renouvelables pourraient toutefois contribuer à réduire une partie de ces difficultés, à condition que les capacités de production et les infrastructures nécessaires à leur intégration soient développées parallèlement.

Un potentiel considérable

La Tunisie s’est fixé des objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables. Elle prévoit de porter leur part dans le mix électrique à 35% à l’horizon 2030, puis à 50% en 2035, avant d’atteindre 80% à l’horizon 2050.

Pour Khalfallah, ces objectifs sont à la fois ambitieux et réalistes, compte tenu du potentiel dont dispose le pays. Le potentiel solaire dépasserait ainsi 250 gigawatts, tandis que celui de l’énergie éolienne excéderait 300 gigawatts.

La baisse significative du coût de production de l’énergie solaire, notamment photovoltaïque, au cours des quinze dernières années constitue également un facteur favorable. Entre 2010 et 2025, cette baisse a renforcé la compétitivité de cette source d’énergie par rapport à la production d’électricité à partir du gaz.

Au-delà de la production électrique, le développement des renouvelables représente un enjeu stratégique pour la Tunisie, confrontée à un déficit énergétique. Une production accrue à partir de ressources locales permettrait de réduire la dépendance énergétique et d’améliorer à la fois la balance énergétique et la balance commerciale.

Plus de 150.000 ménages équipés

Le cadre juridique mis en place ces dernières années a permis le développement de plusieurs formes de production. La loi de 2015 a notamment instauré trois régimes, dont l’autoproduction en basse, moyenne et haute tension.

Dans le domaine de la basse tension, la capacité installée par les ménages ayant recours aux panneaux solaires sur les toitures atteint environ 500 mégawatts, pour plus de 150.000 familles concernées.

Le développement du stockage devrait toutefois constituer une prochaine étape importante, estime Khalfallah, notamment pour mieux gérer l’intermittence de la production solaire.

Pour la moyenne et la haute tension, les projets réalisés représentent actuellement une capacité d’environ 130 mégawatts.

La loi de 2019 a, par ailleurs, permis aux autoproducteurs de créer des sociétés à objet spécifique (SPV) et de commercialiser l’électricité produite, offrant ainsi un nouveau cadre au développement de l’autoproduction.

309 projets autorisés

Dans le cadre du régime des autorisations, 309 projets ont obtenu les autorisations nécessaires pour produire de l’électricité solaire et la vendre à la STEG. Après quatre premières opérations n’ayant pas suscité suffisamment d’intérêt, les cinquième et sixième appels ont attiré davantage d’investisseurs, notamment grâce à une meilleure visibilité sur les prix et les tarifs.

Les projets sont répartis dans plusieurs régions, avec une concentration particulièrement importante à Gafsa, suivie de Sidi Bouzid et Kébili.

Les grands projets constituent, eux aussi, un volet essentiel de cette stratégie. Le projet de Kairouan, d’une capacité de 100 MW, figure parmi les projets concernés. À Tataouine, un projet de 200 MW dispose déjà d’un raccordement électrique, mais reste confronté à certaines procédures et difficultés liées notamment à l’intégration au réseau.

Le réseau et les procédures au cœur des défis

Pour accélérer la transition énergétique, plusieurs obstacles doivent encore être levés. Le premier concerne le raccordement au réseau, qui nécessite le renforcement des infrastructures et la réalisation de nouvelles lignes.

La STEG travaille notamment à développer de nouvelles lignes afin de faciliter l’acheminement de l’électricité produite dans le Sud vers les principales zones de consommation du Nord.

Les contraintes foncières et les procédures administratives constituent également des freins. Khalfallah pointe notamment la multiplicité des commissions et des autorités intervenant dans le processus de décision.

Le développement des énergies renouvelables apparaît ainsi comme une composante majeure de la réponse au défi électrique tunisien, mais son efficacité dépendra autant de l’augmentation des capacités de production que de la modernisation du réseau et de l’accélération de la réalisation des projets.

M.B

Auteur

M. B

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