Les conditions météorologiques deviennent de plus en plus difficiles à prévoir avec précision, sous l’effet de changements rapides dans les dynamiques atmosphériques. En Tunisie, l’automne devrait notamment connaître des épisodes de fortes précipitations, favorisés par l’énergie thermique accumulée dans les mers, selon le professeur de climatologie Jamil Hajri.
Intervenant ce mercredi sur Diwan FM, le climatologue a estimé que la situation météorologique actuelle pouvait être qualifiée de “météo folle”, soulignant la difficulté croissante d’établir des prévisions fiables à moyen et long terme.
Selon lui, les prévisions météorologiques ne peuvent désormais être considérées comme suffisamment précises que sur une période d’environ trois jours, compte tenu des changements rapides qui interviennent dans les trajectoires atmosphériques.
Des phénomènes météorologiques plus difficiles à anticiper
Jamil Hajri a expliqué que plusieurs facteurs contribuent à cette complexification des prévisions. Il a notamment évoqué les évolutions affectant le courant-jet (Jet Stream) ainsi que le courant du Golfe, auxquelles s’ajoutent les systèmes traditionnels de hautes et de basses pressions.
Ces changements renforcent également le rôle des caractéristiques géographiques locales dans la détermination des conditions météorologiques, a-t-il expliqué.
Cette évolution permet notamment de comprendre pourquoi des situations météorologiques très contrastées peuvent être observées dans des zones géographiquement proches. Ainsi, de fortes précipitations peuvent toucher certaines régions tandis que des températures dépassant 40 °C sont enregistrées simultanément dans des zones voisines, a souligné le climatologue.
Des pluies importantes attendues cet automne
Concernant les prochains mois, Jamil Hajri a indiqué que l’automne devrait être marqué par des précipitations importantes, en raison notamment de l’énergie thermique accumulée dans les mers.
Il considère ce facteur comme une donnée établie sur le plan scientifique, tout en soulignant que l’évolution précise des conditions météorologiques reste difficile à déterminer longtemps à l’avance.
Interrogé également sur les perspectives pour l’été prochain, le professeur de climatologie a estimé qu’il était trop tôt pour établir des prévisions précises.
La tendance générale laisse toutefois envisager une poursuite de la hausse des températures, dans le prolongement de l’évolution observée ces dernières années.
Face à cette nouvelle réalité climatique, Jamil Hajri estime que l’enjeu ne consiste plus uniquement à chercher à anticiper les conditions météorologiques à long terme. Il appelle surtout à renforcer les capacités d’adaptation face à des phénomènes climatiques devenus plus variables et plus difficiles à prévoir.
R.I



