Les concessions municipales accordées à ceux qui répondaient à un certain nombre de critères pour mettre en place des installations d’accueil des baigneurs ferment les unes après les autres. Il fait moins chaud certes, mais les préoccupations des citoyens sont maintenant ailleurs. La rentrée scolaire et les dépenses qu’elle mobilise accaparent l’attention de tout le monde.
La Presse — Signalons, au passage, que cela a assez bien marché. Il y avait de l’ordre, une bonne organisation et surtout la plage, même la partie concédée, n’était pas interdite, squattée par des personnes qui imposent leurs lois, leurs prix et leur impolitesse.
On s’est baigné gratuitement et même les surfaces réservées aux parkings l’étaient également. Comme quoi il fallait le décider et veiller à la bonne application.
Mais ces mois de baignades ont semé de la joie et causé des drames. Il y a eu des noyades. Les chiffres sont contradictoires et nous avons préféré attendre leur publication officielle.
Les plages ont été mises à contribution par ceux qui n’avaient d’autres alternatives que de s’installer pieds dans l’eau pour se soulager de cette canicule qui fera date.
Les mêmes erreurs
Malheureusement, il a été constaté que les baigneurs commettaient les mêmes erreurs: ils tentent d’aller en eau profonde, alors que leurs connaissances en natation sont superficielles.
On n’a pas encore voulu comprendre que même ceux qui savent nager, sont exposés au danger en cas de courants contraires ou de profondeur excessive de l’eau.
Les parents n’ont pas saisi le danger que représentent ces bouées en plastique qui se dégonflent au moment où on s’y attend le moins. Ils négligent la surveillance de tous les instants que l’on doit accorder aux enfants.
Le slogan «ne jamais les quitter des yeux» n’est pas encore parfaitement compris et ces enfants le paient de leur vie.
Et en première ligne pour sauver, relancer le souffle de vie à ceux qui risquaient de périr, il ya ces personnes qui ont bravé le danger, c’est bien le maître nageur sauveteur et bien sûr l’agent de la Protection civile qui est omniprésent.
Ces hommes sont partout où le Tunisien ou ses bien sont en danger.
Nous les avons vus affronter les flammes et cela à longueur de journées infernales par plus de quarante-cinq degrés et des flammes qui dévorent tout sur leur passage.
Limitons nous à ce travail magnifique qui se fait en bord de mer.
«Il» est jeune. Cela se voit, sa condition physique s’exprime par ses gestes amples et étudiés. Il s’est habitué à manipuler matériel ou corps en détresse avec dextérité et précision.
«Cette année, il y a eu beaucoup de travail, d’interventions et ceux que nous avons pris en charge, le maître nageur et nous, ont été bons pour la frayeur.
C’est encore la négligence qui est la cause de ces alertes. On recommande de ne jamais s’isoler sur une plage et on continue à s’évader. Heureusement, la disponibilité d’une embarcation a permis de faire vite et d’agir dans les temps impartis.
Malheureusement, il y a ceux que nous prenons en charge encore en vie, mais qui claquent avant l’arrivée à l’hôpital. La détresse des parents est indescriptible. A l’origine des problèmes cardiaques ou tout simplement une hydrocution. On s’agite sur le sable et on éprouve le besoin de faire trempette. On la paie comptant.
C’est le choc thermique qui ne pardonne pas. Il y a un manque d’information et il serait utile d’informer avant la saison estivale les candidats à la baignade, qu’il y a des dangers. Même dans une eau de vingt centimètres de profondeur il pourrait y avoir un danger pour un enfant comme pour un adulte».
Difficile comme travail ?
«A vrai dire cela n’a rien de comparable avec ce que font nos camarades sur les montagnes et les forêts qui ont été incendiées. Il n’y a pas un seul qui rentre à la maison sans une brûlure. Mais il revient le lendemain pour repartir à l’assaut d’autres flammes.
Pour ce qui nous concerne, ce qui nous chagrine le plus, c’est le remords de n’avoir pu sauver une vie. Cela nous marque même si c’est le destin d’un homme, d’une femme ou d’un enfant. A plus forte raison, lorsque cela est dû à la négligence».
Nous avons tenu à rendre hommage à ces hommes admirables de courage qui font un travail extraordinaire. En silence, avec héroïsme et abnégation.



