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IACE : la Tunisie face à l’érosion de son capital scientifique

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  • 10 septembre 2026
  • 4 min de lecture
IACE : la Tunisie face à l’érosion de son capital scientifique

Confrontée à une érosion progressive de son capital scientifique, la Tunisie se trouve aujourd’hui face à l’enjeu de reconnaître que les compétences scientifiques fondamentales constituent un investissement dans la capacité productive future du pays, c’est ce qui ressort d’une note d’analyse publiée, jeudi, par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE).

Intitulée « Le capital scientifique, un levier de croissance », cette note souligne que la capacité d’un pays à développer son capital scientifique constitue désormais un facteur déterminant de sa compétitivité économique. Le défi tunisien ne réside pas uniquement dans le niveau des ressources consacrées à l’éducation. Il concerne surtout la capacité à transformer cet investissement en compétences capables de soutenir l’innovation, la productivité et la création de valeur.

« Dans une économie fondée sur la connaissance, la qualité des apprentissages et la maîtrise des compétences scientifiques fondamentales deviennent des conditions essentielles du développement. Le capital scientifique doit ainsi être considéré comme une infrastructure immatérielle stratégique. Comme toute infrastructure essentielle, il nécessite une vision de long terme, des mécanismes de suivi et une gouvernance capable d’assurer la continuité des choix publics », lit-on encore dans cette note.

Dans cette perspective, explique encore l’IACE, les mathématiques occupent une place singulière. Elles développent des capacités de raisonnement, d’analyse quantitative et de résolution de problèmes qui irriguent une grande partie des métiers à forte valeur ajoutée. Leur affaiblissement ne se limite donc pas aux parcours scientifiques spécialisés. Il affecte plus largement la capacité du pays à disposer d’une main-d’œuvre capable d’évoluer dans une économie davantage numérique, technologique et fondée sur la connaissance.

Toutefois, l’analyse de l’IACE montre que la Tunisie est confrontée à une érosion progressive de son capital scientifique. Cette évolution ne résulte pas uniquement des performances scolaires, mais d’un affaiblissement plus global de la capacité du système à produire, renouveler et valoriser les compétences scientifiques nécessaires aux transformations économiques futures. Or, ces compétences ne font pas encore l’objet d’un pilotage stratégique comparable aux autres déterminants de la croissance.

Ainsi, « l’absence d’indicateurs réguliers et d’un cadre de suivi dans la durée limite la capacité des décideurs à anticiper les fragilités et à orienter les politiques publiques. Cette situation engendre un coût économique largement sous-estimé. Les insuffisances dans les apprentissages scientifiques affectent progressivement le potentiel d’innovation, de productivité et de création de valeur de l’économie nationale, tout en réduisant la capacité de la Tunisie à répondre aux besoins croissants en compétences technologiques et industrielles ».

// Le capital scientifique, une infrastructure immatérielle essentielle de la compétitivité nationale

Pour la Tunisie, l’enjeu n’est donc plus seulement de renforcer l’enseignement des mathématiques. Il est de reconnaître que les compétences scientifiques fondamentales constituent un investissement dans la capacité productive future du pays. Cette reconnaissance constitue une première étape. Elle doit désormais être accompagnée d’une réflexion sur les conditions permettant de préserver et de renouveler durablement ce capital scientifique, en particulier à travers la capacité du système national à former les compétences nécessaires aux générations futures.

Le développement du capital scientifique exige ainsi, selon l’institut, une approche de long terme, dépassant les cycles politiques et budgétaires. Il suppose une vision stratégique, des indicateurs de suivi et une gouvernance capable d’assurer la continuité des choix publics.

Au regard de ces constats, trois orientations apparaissent prioritaires. Il s’agit de mettre en place un système national de suivi des compétences scientifiques, de définir une trajectoire nationale de développement du capital scientifique et de renforcer la gouvernance interministérielle de cette politique.

Au-delà de la seule question des mathématiques, cette note invite à reconnaître le capital scientifique comme une infrastructure immatérielle essentielle de la compétitivité nationale.

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Auteur

La Presse

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