Service militaire en Tunisie : Ce que risquent les jeunes en situation d’insoumission
Le non-règlement de la situation vis-à-vis du service national peut peser lourdement sur l’avenir professionnel et administratif des jeunes, tant en Tunisie qu’à l’étranger. C’est ce qu’a souligné la colonel Raoudha Belhaj Kacem, sous-directrice du recrutement au ministère de la Défense nationale, lors de son passage ce jeudi 10 septembre 2026 sur les ondes de la Radio Nationale dans l’émission « Yawm Saïd ».
Sur le plan national, l’insoumission expose non seulement à des poursuites judiciaires, mais prive également les jeunes de la possibilité de postuler aux concours de la fonction publique. À l’échelle internationale, la régularisation du service militaire constitue une condition préalable indispensable pour l’obtention d’une nationalité étrangère ou lors de candidatures à des emplois à l’étranger.
Sessions d’incorporation et démarches parentales
Les centres de recrutement sont ouverts depuis le 1ᵉʳ septembre et continueront d’accueillir les jeunes candidats jusqu’au 2 octobre prochain. En cas d’empêchement majeur, les pères de famille ont la possibilité de se rendre auprès des bureaux régionaux pour transmettre les données administratives de leur fils en attendant la session suivante.
Numérisation des procédures avec les consulats
Afin de simplifier les démarches des Tunisiens résidant à l’étranger, le ministère de la Défense finalise un projet de numérisation en concertation avec le ministère des Affaires étrangères. Ce dispositif permettra de relier l’ensemble des représentations consulaires à la Direction générale du recrutement et de la mobilisation, assurant un traitement direct et dématérialisé des dossiers conscriptionnels depuis l’étranger.
Avantages et opportunités de la conscription
La colonel a rappelé que la période de formation militaire de base est commune à l’ensemble des corps armés et ouvre la voie à une intégration au sein des casernes.
Parmi les avantages phares de cette année de service figurent notamment la prise en compte de la durée du service dans le calcul de la retraite pour les secteurs public et privé, l’obtention d’un diplôme de formation professionnelle, ainsi qu’une priorité accordée lors des recrutements au sein des établissements militaires.
Cas de dispense et d’ajournement
La législation prévoit des critères stricts encadrant les exemptions et les reports de service.
Pour les dispenses définitives, quatre cas figurent dans la loi : l’inaptitude médicale, le dépassement de l’âge de 35 ans, le statut de travailleur résidant à l’étranger après 28 ans, ou la charge exclusive et définitive d’un foyer.
Concernant les demandes d’ajournement temporaire, elles s’appliquent lorsqu’un frère effectue déjà son service militaire, en cas de poursuite d’études, pour un travailleur résidant à l’étranger de moins de 28 ans, ou pour le soutien temporaire d’un membre de la famille.



