CA – Une politique managériale qui interroge : « A trop vouloir gagner, on finit par tout perdre »
En se montrant trop gourmand financièrement, à la limite même de l’immoralité, le Club Africain a fini par tout perdre.
La Presse — Et les conséquences pourraient être beaucoup plus lourdes, puisque les observateurs parlent d’une éventuelle rupture avec son principal soutien : le public. Jean de La Fontaine disait « A trop vouloir gagner, on finit par tout perdre ». Une belle citation qui s’applique, à la perfection, au Club Africain et son soi-disant responsable Mehdi Miled. Le CA a trop perdu de son statut sportif ces dernières années. Il n’est plus cette équipe redoutable qui faisait rêver des centaines de milliers de personnes. Le club est devenu très moyen, ce qui justifie les contreperformances à répétition et, surtout, les déceptions, de plus en plus fréquentes, des supporters. Et, aujourd’hui, les déceptions ne sont plus uniquement sportives, mais elles sont également morales et éthiques. Les conditions financières totalement déraisonnables imposées par la direction du club à la télévision nationale pour retransmettre la rencontre contre Djoliba (100.000 dinars), et la privation des centaines de milliers de supporters d’un rendez-vous très important confirment la nouvelle mentalité de l’équipe clubiste.
Or, si le CA a réussi à survivre sportivement tout au long de ces dernières années, c’est uniquement grâce au soutien financier des supporters et leur dévouement. Cette exigence financière du bureau clubiste traduit donc, comme le confirment les analystes, un esprit égoïste et un comportement ingrat. Certains parlent, même, de trahison.
L’éthique d’abord
On estime, en effet, que cet entêtement au recours à la plateforme du club a été donc un choix déplacé. Certes, toute équipe, notamment celles qui connaissent des difficultés financières, a le droit de vouloir identifier de nouvelles sources de revenus, mais cela devrait se faire dans le respect de certaines règles.
Comprendre que l’autonomie financière et la maximisation du profit ne doivent pas se faire aux dépens des siens, surtout que certaines couches sociales n’ont pas les moyens aussi bien financiers que techniques pour bénéficier d’un service numérique. Ce qui désole encore plus, c’est que le choix des responsables clubistes n’a pas été bien réfléchi.
A tous les niveaux. D’abord, la télévision nationale n’a pas fléchi face aux exigences illogiques du CA, ensuite l’expérience de la plateforme a été un échec total, et l’équipe a perdu de sa crédibilité face à ses supporters. Ce fiasco généralisé doit servir de leçon pour les dirigeants clubistes qui doivent apprendre à soigner leur conduite, en particulier, éthique et morale, à revoir leurs priorités et à préserver leurs atouts, notamment leur principal soutien, le public.



