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Ananas, mangues, jojoba : vers une transformation du paysage agricole tunisien ?

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  • 12 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Ananas, mangues, jojoba : vers une transformation du paysage agricole tunisien ?

Ananas produits localement, expériences de culture de mangues, développement du jojoba et de la papaye : l’apparition progressive de cultures considérées jusqu’ici comme tropicales constitue l’un des signes des mutations auxquelles pourrait être confrontée l’agriculture tunisienne sous l’effet du changement climatique, estime l’ingénieur environnemental et expert des questions climatiques Hamdi Hachad.

Lors de son passage vendredi soir sur Diwan FM, l’expert a expliqué que la hausse des températures et la réduction des périodes de froid pourraient progressivement modifier les cycles de développement des plantes et, à terme, la composition des cultures et des produits disponibles sur le marché tunisien.

Selon lui, certaines plantes ont besoin d’une période suffisamment froide pour accomplir normalement leur cycle biologique. Lorsque ces périodes se réduisent, les phases de floraison et de fructification peuvent être perturbées, avec des conséquences sur la maturation et la qualité des récoltes.

Des hivers plus chauds, des cycles agricoles perturbés

Hamdi Hachad estime que les hivers tunisiens tendent à devenir plus chauds, sans que cela signifie pour autant la disparition des épisodes de froid. Cette évolution pourrait néanmoins modifier progressivement les conditions auxquelles les cultures sont habituées.

“Certaines variétés pourraient ainsi mûrir plus tôt, tandis que d’autres pourraient rencontrer des difficultés à accomplir leur cycle normal faute de périodes suffisamment froides”, précise-t-il.

L’expert compare ces changements à un effet domino, dans lequel la modification d’un paramètre climatique peut avoir des répercussions sur plusieurs étapes du développement des plantes.

Mais le changement climatique ne représente pas uniquement une menace pour l’agriculture, souligne-t-il. Il pourrait également ouvrir la voie à de nouvelles cultures mieux adaptées aux nouvelles conditions climatiques.

Des fruits tropicaux cultivés en Tunisie

Hamdi Hachad dit avoir été surpris de constater la présence sur le marché tunisien d’ananas produits localement, même si leurs prix restent élevés. Il cite également des expériences de culture de mangues, ainsi que le développement du jojoba et de la papaye.

“Ces cultures, autrefois associées principalement aux régions tropicales et aux produits importés, commencent ainsi à faire leur apparition dans le paysage agricole tunisien”, indique-t-il.

À terme, certaines régions tunisiennes pourraient même se spécialiser dans des cultures aujourd’hui considérées comme inhabituelles, à l’image de la mangue, avance l’expert, tout en soulignant que cette évolution dépendra de nombreux facteurs.

Vers un nouveau marché agricole ?

Cette transformation climatique pourrait également avoir des répercussions sur la composition du marché tunisien des fruits et légumes.

“Dans vingt ou trente ans, les produits disponibles sur les marchés pourraient ne plus être exactement les mêmes qu’aujourd’hui, tant au niveau des variétés que de la nature et de la qualité des récoltes”, précise-t-il encore.

Pour Hamdi Hachad, cette évolution impose surtout une réflexion sur l’adaptation de l’agriculture tunisienne. Les agriculteurs, qu’il considère comme de véritables “laboratoires naturels”, disposent d’une expérience de terrain essentielle pour identifier les cultures capables de s’adapter aux nouvelles conditions.

Le changement climatique pourrait ainsi modifier non seulement les saisons et les températures, mais également ce que la Tunisie produit, consomme et retrouve demain sur ses marchés.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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