Les études scientifiques et les normes internationales, à l’instar de celles préconisées par l’International Council of Bottled Water Associations, font la distinction claire, comme l’eau de roche, entre l’eau minérale naturelle, l’eau de source (appelée aussi spring water) et l’eau de table (dénommée aussi eau préparée).
La Presse — En Tunisie, la consommation d’eau conditionnée a littéralement explosé ces dernières années, atteignant 227 litres par habitant, selon des données de 2020, et fait de notre pays le 4e consommateur mondial d’eau en bouteille.
Commercialisées sous différentes marques et divers noms au point que les industriels en arrivent à manquer d’inspiration au moment de baptiser une eau, ces bouteilles de toutes tailles déroutent quelque peu les Tunisiens qui ne savent pas toujours ce qu’ils boivent. Plus de la moitié d’entre eux avouent ne pas connaître la différence entre une eau et une autre.
Une classification claire
En 2022, une étude scientifique intitulée « Classification des eaux embouteillées selon leur composition en éléments physicochimiques », réalisée par des chercheurs tunisiens, donne le la, et a réussi à répertorier les différentes marques selon leur origine : minérale, source ou de table.
Mais à y voir de plus près, les études scientifiques et les normes internationales à l’instar de ceux préconisés par l’International Council of Bottled Water Associations, font la distinction claire comme l’eau de roche, entre l’eau minérale naturelle, l’eau de source (appelée aussi spring water) et l’eau de table (appelée aussi eau préparée).
Pour l’eau minérale naturelle, la plus connue mais également la plus demandée par le consommateur, il doit s’agir d’une eau d’origine souterraine protégée contre les risques de pollution. Elle se distingue par une pureté microbiologique d’origine qui ne nécessite aucun traitement chimique supplémentaire. D’ailleurs, non seulement, elle n’exige aucune désinfection chimique, mais, selon les normes internationales, il est interdit d’en faire.
Il y a quelque temps, l’objet du scandale ayant touché la célèbre marque française Perrier, était justement qu’elle commercialisait une eau légèrement traitée sous l’étiquette d’une eau minérale naturelle. Autre critère fondamental dans la définition d’une eau minérale naturelle, est celle de la stricte stabilité de sa composition minérale. En clair, c’est un peu sa « signature », car au fil du temps, des saisons ou des prélèvements, les proportions de minéraux (calcium, magnésium, sodium, sulfates, etc.) doivent rester strictement les mêmes.
L’eau de source et son instabilité
Là où parfois cela devient compliqué à décrypter pour un consommateur lambda, c’est lorsque nous commençons à parler d’une « eau de source » (ou spring water). Il faut savoir déjà que ce n’est pas une eau minérale au sens que nous avons précédemment expliqué, ce qui n’en fait pas forcément une mauvaise eau. L’eau de source reste, en effet, parfaitement potable, et provient également d’une nappe souterraine tout comme l’eau minérale. Mais l’analogie s’arrête là, car l’eau de source n’obéit pas à un critère essentiel, celui de la stabilité de sa composition minérale.
Enfin, la moins connue, et la malaimée (parfois au feeling et pas en connaissance de cause), est sans aucun doute celle étiquetée « eau de table ». Toujours selon les normes internationales, cette eau n’obéit pas à des règles aussi strictes que celles établies pour l’eau minérale et l’eau de source. L’eau de table est une eau très probablement traitée avec des modifications assez importantes.
Elle peut avoir été filtrée, purifiée, reminéralisée de manière artificielle ou adoucie. Par ailleurs, elle n’est pas forcément d’origine souterraine. Essentiellement, les eaux de table vendues comme tel en Tunisie, proviennent de forages, notamment dans les régions de Médenine.
Pour respecter les normes, L’Office national du thermalisme et de l’hydrothérapie (Onth), veille au grain, aux côtés de l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (Insspa) et la Direction de l’hygiène du milieu et de la protection de l’environnement (Dhmpe) relevant du ministère de la Santé.



