Deux études scientifiques récentes ont démontré le potentiel du biochar produit à partir de résidus d’olives et de coquilles de crabe bleu dans le traitement des eaux. Les expérimentations ont permis d’atteindre des taux d’élimination de 99% pour l’histamine, ainsi que de 99,6% pour le vert malachite et 99% pour la rhodamine B, ouvrant ainsi des perspectives pour la valorisation des déchets agricoles et marins dans des solutions environnementales durables.
Les deux travaux scientifiques, réalisés par la chercheuse Dr Najla Ben Amer, du Laboratoire des eaux usées et de l’environnement relevant du Centre de recherches et des technologies des eaux (CERTE), ont été menés en collaboration avec plusieurs chercheurs tunisiens et français.
La première étude, publiée en 2026 dans la revue scientifique consacrée aux techniques et à l’innovation dans le domaine de l’environnement, a porté sur la transformation des résidus d’olives et des coquilles de crabe en biochar destiné au traitement des eaux usées provenant des industries halieutiques.
Les résultats ont révélé une capacité d’élimination de l’histamine proche de 99%, confirmant le potentiel de ce matériau issu de déchets pour contribuer à la dépollution des eaux.
La deuxième étude, publiée dans la revue “Ultrasonics Sonochemistry”, s’est intéressée au biochar obtenu à partir de coquilles de crabe bleu et renforcé par l’utilisation d’ultrasons. Cette technique a permis d’éliminer 99,6% du vert malachite et 99% de la rhodamine B dans les conditions expérimentales étudiées.
Les deux recherches ont associé Dr Najla Ben Amer aux chercheurs Noureddine Allouche, Jean-Yves Huen et Wafa Sassi, tandis que la chercheuse Najia Hamrouni a également participé à la seconde étude.
Ces travaux mettent en évidence l’intérêt de la recherche scientifique dans la transformation de déchets agricoles et marins en ressources à valeur ajoutée. Ils illustrent également le potentiel de solutions fondées sur la valorisation des déchets pour développer des procédés de traitement des eaux plus respectueux de l’environnement, tout en contribuant au développement de l’économie circulaire.
Des polluants aux usages multiples
L’histamine est une substance chimique produite et libérée notamment par les mastocytes du système immunitaire en réaction à certains allergènes. Elle appartient à la famille des amines et résulte de la décarboxylation d’un acide aminé.
Le vert malachite est un composé organique de couleur verte utilisé notamment comme colorant et indicateur de pH. Il appartient à la famille des colorants triarylméthane et peut également être utilisé sous forme de pigment dans différentes applications.
La rhodamine B, pour sa part, est un composé chimique et un colorant couramment utilisé comme traceur dans l’eau, notamment pour déterminer la vitesse et la direction des écoulements et des phénomènes de transport.
Au-delà des taux d’élimination obtenus en laboratoire, ces recherches soulignent ainsi une double perspective : réduire la pollution de l’eau tout en donnant une seconde vie à des déchets agricoles et marins, dans une logique de valorisation des ressources et de transition vers des technologies environnementales plus durables.



