Des pluies accompagnées de vents forts et, dans certaines zones, de chutes de grêle ont été enregistrées samedi dans plusieurs régions du gouvernorat de Kébili, causant d’importants dégâts dans le secteur des cultures géothermiques, notamment dans la zone de Limagues, relevant de la délégation de Kébili-Nord.
Les dégâts ont notamment touché les structures et les films plastiques couvrant les serres, ainsi que certaines cultures proches de la production, selon plusieurs agriculteurs de Limagues cités par l’Agence TAP.
Ali Cheibani et Mokhtar Chbib ont indiqué que les pluies accompagnées de vents et de grêle avaient perforé les films plastiques des serres et endommagé des cultures arrivées presque à maturité. Cette situation risque, selon eux, d’aggraver l’endettement des agriculteurs auprès de leurs fournisseurs.
Les agriculteurs concernés ont appelé les autorités régionales et les services du Commissariat régional au développement agricole (CRDA) à intervenir rapidement afin d’évaluer les dégâts, apporter le soutien nécessaire aux exploitants touchés et leur permettre de poursuivre leur saison agricole.
Des pluies favorables à la végétation
Les précipitations ont concerné la plupart des régions du gouvernorat de Kébili et ont provoqué la crue de certains oueds, notamment l’oued Bouhrous, dans la délégation de Souk Lahad.
Malgré les dégâts enregistrés dans certaines exploitations, ces pluies ont été accueillies favorablement par plusieurs agriculteurs, qui y voient un signe annonciateur d’un automne potentiellement pluvieux.
Selon eux, les précipitations enregistrées au début de l’automne pourraient contribuer à renforcer le couvert végétal dans les zones désertiques et à atténuer les températures. Ils considèrent ainsi que “l’automne précoce” constitue généralement un signe favorable pour les agriculteurs et les éleveurs.
Les pluies pourraient également avoir des effets positifs sur la qualité des dattes, notamment en réduisant la circulation des poussières dans l’air provoquée par les vents. Elles contribuent également au lavage des régimes et pourraient limiter les effets de l’acarien des poussières, dont la propagation s’était intensifiée durant la période récente en raison de la hausse des températures et des vents de sable.
Des inquiétudes pour la récolte de dattes
Les agriculteurs restent toutefois préoccupés par les chutes de grêle, notamment celles caractérisées par de gros grêlons, qui pourraient endommager les régimes de dattes.
Ils craignent également qu’une poursuite des pluies pendant une période prolongée n’affecte la récolte dans le gouvernorat, particulièrement les régimes qui n’ont pas encore été protégés par des filets ou des films plastiques.
Les services du CRDA, notamment le service de la production végétale, avaient auparavant recommandé aux agriculteurs de protéger les régimes de dattes contre les aléas climatiques en utilisant des filets ou des films plastiques. Cette mesure permet de préserver la qualité de la récolte et de la protéger contre les pluies, le ver de la datte ainsi que les effets des fortes chaleurs.
Un impact jugé limité sur les dattes
De son côté, le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche, Nasr Bel Latif, a estimé que l’impact des précipitations enregistrées la veille sur le secteur des dattes demeurait limité.
Il a appelé les agriculteurs à veiller à protéger les régimes de Deglet Nour afin de préserver la récolte face aux importantes variations climatiques que connaît la région.
Pour sa part, le directeur régional du Groupement interprofessionnel des dattes, Ayadh Ben Hamad, avait indiqué samedi à la TAP que le groupement avait mis à la disposition des structures agricoles et des agriculteurs plus de 1,3 million de filets et 24 tonnes de films plastiques pour protéger les récoltes contre les aléas climatiques et le ver de la datte.



