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Visa Schengen : vers des frais supplémentaires pour les Tunisiens, Algériens et Marocains ? Ce que prépare Bruxelles

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  • 13 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Visa Schengen : vers des frais supplémentaires pour les Tunisiens, Algériens et Marocains ? Ce que prépare Bruxelles

La Commission européenne envisage de modifier en profondeur le système des visas Schengen de court séjour, avec notamment la possibilité d’instaurer des frais supplémentaires harmonisés au niveau de l’Union européenne, qui viendraient s’ajouter aux droits de visa actuellement appliqués. Des rendez-vous prioritaires et un allègement des pièces justificatives pour certaines catégories de voyageurs figurent également parmi les pistes étudiées.
Ces changements ne sont toutefois pas encore entrés en vigueur. Bruxelles vient d’entamer le processus de révision du cadre européen applicable aux visas de court séjour et a lancé, le 8 septembre 2026, un appel à contributions ouvert jusqu’au 6 octobre.

Une éventuelle surcharge en plus des 90 euros

L’un des principaux changements envisagés concerne le coût du visa Schengen. Selon une note de la Commission européenne datée du 4 septembre 2026, consultée par l’agence spécialisée Agence Europe, Bruxelles examine la faisabilité d’une “surcharge européenne harmonisée” qui serait ajoutée aux frais actuels de 90 euros pour les demandeurs adultes.
Il ne s’agit donc pas, à ce stade, d’une nouvelle tarification arrêtée par l’Union européenne. Aucun nouveau montant n’a été officiellement fixé et les demandeurs continuent, pour le moment, de payer les droits en vigueur.
Les Tunisiens, Algériens et Marocains sont-ils concernés ? Oui, potentiellement. Le projet concerne le régime commun des visas Schengen de court séjour, et non une mesure visant spécifiquement la Tunisie, l’Algérie ou le Maroc.
Par conséquent, si une nouvelle surcharge européenne est finalement adoptée dans le cadre de la révision, elle pourrait s’appliquer aux ressortissants des pays tiers soumis à l’obligation de visa Schengen, parmi lesquels figurent notamment les ressortissants tunisiens, algériens et marocains.
Il serait toutefois prématuré d’affirmer aujourd’hui que ces trois nationalités et même d’autres devront effectivement payer un montant supplémentaire : les modalités, le montant et le calendrier d’une éventuelle surcharge restent à déterminer.

Des rendez-vous prioritaires pour certains voyageurs

La question financière n’est pas la seule piste examinée par Bruxelles. La Commission envisage également de faciliter les démarches de certaines catégories de demandeurs considérés comme “fiables”, notamment des voyageurs d’affaires, en permettant éventuellement l’accès à des rendez-vous prioritaires et/ou à des procédures nécessitant moins de pièces justificatives.
L’objectif affiché est de faciliter les déplacements légitimes tout en renforçant la sécurité et en améliorant l’harmonisation des pratiques entre les États membres.
Cette mesure ne signifie donc pas que tous les demandeurs pourront automatiquement payer pour obtenir un rendez-vous accéléré. Il s’agit encore d’une option examinée dans le cadre de la réforme.

Bruxelles veut aussi utiliser la politique des visas comme levier

La réforme envisagée comporte également une dimension migratoire. La Commission souhaite examiner la possibilité d’utiliser de manière plus stratégique, souple et ciblée les mesures liées aux visas lorsque certains pays tiers coopèrent insuffisamment avec l’Union européenne en matière de retour et de réadmission.
En parallèle, Bruxelles envisage notamment la constitution de listes communes d’entreprises vérifiées par pays ou territoire tiers afin de faciliter la délivrance de visas à certains voyageurs d’affaires et demandeurs considérés comme fiables.
Cette évolution pourrait donc avoir une double logique : faciliter la mobilité de certaines catégories de voyageurs et renforcer parallèlement les instruments européens en matière de migration et de sécurité.

Une réforme qui concerne le visa de court séjour

Le projet porte sur le visa Schengen de type C, utilisé notamment pour les voyages touristiques, les visites familiales, les déplacements professionnels et certains voyages de courte durée. Ce visa permet actuellement de séjourner dans l’espace Schengen pendant 90 jours au maximum sur toute période de 180 jours.
La Commission indique que 11,7 millions de demandes ont été déposées en 2024, pour 10,3 millions de visas délivrés, ce qui donne une idée de l’ampleur du dispositif concerné par la réforme.
Pour les demandeurs tunisiens, algériens, marocains et autres ressortissants de pays soumis au visa Schengen, le message à retenir est donc clair : il n’y a pas encore de nouvelle hausse à payer.
La Commission européenne est actuellement dans une phase de consultation et de préparation. L’éventuelle surcharge devra encore faire l’objet de décisions dans le cadre du processus législatif européen.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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