La rentrée des classes constitue, pour l’écrasante majorité des familles tunisiennes, l’événement le plus important de l’année. Non seulement parce qu’il représente pour elles un parcours incontournable pour leur progéniture vers un avenir meilleur, mais aussi parce qu’il s’inscrit dans la trajectoire suivie depuis l’indépendance, en l’occurrence celle du savoir et du développement. Aussi n’est-ce pas un hasard de voir, en cette période, des centaines de milliers de jeunes de tous âges investir les rues de nos quartiers et de nos villes.
La Presse — Du périscolaire à l’enseignement supérieur, en passant par le primaire, les collèges et les lycées, on voit toute la jeunesse tunisienne en âge de scolarisation se lancer dans une nouvelle aventure.
De 3 ans jusqu’à 18, 19 ans et plus, ils se trouvent dans les crèches, dans les jardins d’enfants, dans les garderies scolaires, dans les koutebs ou encore dans les écoles.
Les différentes étapes qu’ils sont amenés à franchir les conduiront plus ou moins vers leurs objectifs.
Filles ou garçons, avec ou sans tablier, ils sont tous convaincus que l’école est le pilier de notre société et qu’ils contribuent à sa consolidation de génération en génération.
Parmi nos enfants, il y en a qui sont heureux de retrouver leurs camarades. D’autres, par contre, appréhendent des déceptions d’être dans une classe où ils ne retrouvent pas leurs meilleurs amis. Les nouveaux, eux, n’ont guère le choix. Ils doivent composer avec ce qui leur est proposé.
Toutefois, ce sont les retrouvailles qui marquent le début de chaque rentrée.
Quant aux parents, on sait qu’ils passent des moments particulièrement difficiles en lien avec les dépenses et les multiples achats que cette occasion entraîne. La pression est d’autant plus forte pour les familles nombreuses qu’elles ne savent pas où donner de la tête.
La facture est élevée certes, mais cela ne les empêche pas, outre mesure, de consentir les sacrifices qu’il faut pour assurer le meilleur sort à leurs enfants.
Crèches et jardins d’enfants
De leur côté, les autorités ont déjà fait le nécessaire. Comme chaque année, elles ont ouvert leurs institutions à des millions de nos enfants et préparé l’infrastructure appropriée.
On le sait bien, il existe plus de 6.000 établissements scolaires et environ 209 institutions universitaires. Le secteur privé, lui aussi, a son rôle à jouer dans le paysage. Mais, il ne faut pas oublier les tout petits qui doivent bénéficier de notre intérêt. Eux aussi, ont leur rentrée. Selon des statistiques du ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes âgées, seulement 1.3 % des enfants âgés de 3 mois à 3 ans sont inscrits dans une structure périscolaire reconnue. Pourtant, leur nombre se situe autour de 523.000. Ce public très jeune est, malgré tout, sollicité.
On constate, d’ailleurs, des situations paradoxales sur ce point. D’un côté, les professionnels se plaignent d’une concurrence déloyale due à l’ouverture d’institutions “anarchiques” et de l’autre, on déplore la fermeture d’autres institutions par manque de “clients”.
Une affaire de gros sous
Le même problème se pose pour les établissements privés (collèges et lycées) tandis que les écoles primaires privées tirent leur épingle du jeu. L’année dernière, 584 nouveaux établissements ont obtenu leur licence.
Cet aperçu n’est que la partie émergée de tout un système qui a besoin d’être restructuré le plus vite possible.
Malgré des performances qu’il ne faut pas renier, bien du travail reste à faire. La réforme dont on n’a que trop parlé se fait attendre. Or, on nous dit: “Tout vient à point à qui sait attendre“. C’est, justement, ce que chacun d’entre nous espère même s’il y a des réserves et des espoirs.
Beaucoup de nos concitoyens se plaignent, toutefois, de la tournure qu’ont prise les événements. Pour eux, l’enseignement est parasité par des pratiques dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont malsaines.
C’est devenu une affaire de “gros sous” avec la privatisation (enseignement payant qui dame le pion au public), les cours particuliers qui grèvent le budget des familles, les fournitures scolaires qui sont devenues, tout simplement, des prétextes à des dépenses superflues. Et on en oublie.



