Tunisie : les inondations les plus meurtrières ont souvent frappé en septembre
Les inondations les plus graves enregistrées en Tunisie ont souvent été associées au mois de septembre, avec des épisodes ayant provoqué d’importants dégâts humains et matériels et, dans certains cas, des cumuls de pluie dépassant largement les moyennes annuelles, selon une rétrospective publiée par l’Observatoire tunisien de la météo et du climat.
L’épisode le plus meurtrier demeure celui de 1969, considéré comme le plus grave de l’histoire du pays. Survenues entre septembre et octobre, ces inondations avaient fait 542 morts et touché une grande partie du territoire, notamment les gouvernorats du Centre, ainsi que plusieurs régions du Sahel.
Les précipitations avaient alors atteint des niveaux exceptionnels. Les cumuls les plus importants avaient été relevés à Hajeb El Ayoun avec 1.231 mm, Makthar avec 857 mm, Bargou avec 835 mm, El Hencha avec 790 mm, El Jem avec 782 mm, Teboulba avec 755 mm et Sbeïtla avec 719 mm. Selon l’Observatoire, ces quantités représentaient entre deux et quatre fois la moyenne annuelle.
L’Observatoire revient aussi sur les inondations de janvier 1990, survenues du 21 au 23 janvier, principalement dans le Centre et le Sud du pays. Les gouvernorats de Sidi Bouzid, Gafsa, Sfax, Gabès et Kairouan avaient été particulièrement touchés. Dans la région d’Abdel Sadok, à Gafsa, les précipitations avaient atteint entre 300 et 450 mm en seulement trois jours, causant 60 décès.
297 mm en six heures à Nabeul
Plus récemment, la Tunisie a été confrontée à plusieurs épisodes de pluies exceptionnellement intenses.
Le 22 septembre 2018, le gouvernorat de Nabeul avait été durement touché par des précipitations qui avaient atteint 297 mm en six heures à Beni Khalled. Les cumuls avaient également dépassé 200 mm dans plusieurs villes du gouvernorat. Ces intempéries avaient fait six morts.
Deux ans plus tard, au début du mois de septembre 2020, d’importantes quantités de pluie avaient été enregistrées dans plusieurs localités du gouvernorat de Monastir. Les cumuls avaient atteint 541 mm à Menzel Farsi, 516 mm à Moknine et 500 mm à Béni Hassen.
Dans la plupart des villes de la région, les précipitations avaient dépassé 300 à 350 mm sur deux semaines, soit, selon l’Observatoire, l’équivalent de la moyenne annuelle.
Les inondations de janvier 2026
L’Observatoire cite également le récent épisode des 19 et 20 janvier 2026, au cours duquel les quantités de pluie avaient dépassé 200, 300 et 350 mm dans plusieurs gouvernorats, notamment Nabeul, Monastir, Zaghouan, Tunis et Ben Arous.
Ces intempéries avaient occasionné d’importants dégâts matériels. Le bilan humain avait notamment fait état de cinq victimes à Moknine, tandis que quatre marins étaient portés disparus.
La rétrospective rappelle par ailleurs plusieurs autres épisodes d’inondations ayant marqué le pays au cours des dernières décennies. Elle cite notamment 1973, avec des inondations dans le bassin de la Medjerda en mars et dans la région du Sahel en décembre, 1982 à Sfax, 1995 à Sousse et Tataouine, 2003 en septembre, 2006 dans le Grand Tunis et le bassin de la Medjerda, 2009 à Redeyef et dans le Sahel en septembre, 2012 dans le Sahel, notamment à Mahdia, et 2016 dans le Sahel au mois de septembre.
Au cours de plusieurs de ces épisodes, les cumuls de pluie avaient varié entre 100 et 250 mm, entraînant des pertes humaines parfois importantes.
Des phénomènes météorologiques à l’origine des épisodes extrêmes
Selon l’Observatoire tunisien de la météo et du climat, la plupart de ces épisodes d’inondations et de fortes précipitations sont liés à des configurations météorologiques particulières, notamment les dépressions coupées, ou gouttes froides, les dépressions sahariennes ainsi que les retours d’est.
Cette rétrospective met ainsi en évidence la récurrence, au fil des décennies, d’épisodes de pluies extrêmes susceptibles de provoquer des crues et des inondations en Tunisie, avec une concentration notable de plusieurs événements majeurs durant le mois de septembre.



