Face à la pénurie de médicaments : le ministère de la Santé injecte 15 millions de dinars et renforce la traçabilité
Face aux tensions récurrentes sur l’approvisionnement en médicaments, le ministère de la Santé a dévoilé une série de mesures d’urgence destinées à consolider les stocks nationaux, améliorer la préparation des établissements de santé et garantir la continuité des soins.
Parmi les décisions phares figure l’attribution d’une enveloppe financière annuelle supplémentaire de 15 millions de dinars au profit des directions régionales de la santé. Cette annonce fait suite à une question écrite posée par la députée Maryem Cherif concernant la pénurie de médicaments dans le pays.
Pour répondre à cette crise, la stratégie sectorielle repose sur plusieurs axes majeurs, à savoir: le déploiement de systèmes d’information modernes pour le suivi en temps réel de la circulation et de la consommation des médicaments, la généralisation de la plateforme e-pharmacie, et la création d’une plateforme nationale de suivi des stocks en coordination avec le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens et la Chambre nationale de l’industrie pharmaceutique.
Cette stratégie prévoit également la mobilisation de ressources financières additionnelles par le ministère de la Finance et régularisation des transferts de la CNAM afin d’honorer les créances des fournisseurs. Des réformes structurelles sont, par ailleurs, prévues dans la loi de finances 2026 (articles 18, 19 et 20) pour pérenniser la couverture santé et financer les traitements spécifiques à coût élevé, notamment contre le cancer.
En application de l’arrêté ministériel du 26 janvier 2026, les titulaires d’autorisations de mise sur le marché doivent désormais déclarer leurs stocks de matières premières et de produits finis, notifier la date de commercialisation effective, et signaler tout arrêt de commercialisation au moins trois mois à l’avance à l’Agence Nationale du Médicament et des produits de santé.
Enfin, les acteurs du secteur devront élaborer des plans de gestion des risques pour les molécules critiques. L’Agence Nationale du Médicament publiera prochainement la liste des traitements vitaux dont la rupture mettrait en danger la vie des patients, afin d’anticiper toute pénurie et d’assurer la sécurité pharmaceutique nationale.



