OMC : la coopération multilatérale pourrait booster le PIB mondial de 2,9 %
Le renforcement de la coopération multilatérale pourrait stimuler le produit intérieur brut (PIB) mondial de 2,9 % et accroître les exportations globales de 17,9 % par rapport aux projections de référence. C’est ce qui ressort des simulations économiques élaborées par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) sur l’avenir du commerce international.
Présentant le rapport sur le commerce mondial 2026, l’économiste en chef de l’OMC, Robert Staiger, a souligné qu’il s’agissait d’estimations prospectives et non de prévisions fermes, précisant que la trajectoire de l’économie mondiale dépendra étroitement de l’intensité de la coopération commerciale.
Les risques de la fragmentation
À l’inverse, un scénario de « fragmentation géopolitique » — marqué par le scindement du système commercial en blocs rivaux — entraînerait une baisse du PIB mondial de 5,1 % et une chute des exportations de 18,6 %. La détérioration serait plus accentuée si le multilatéralisme cédait la place à un simple réseau d’accords de libre-échange sans concertation interblocs : le PIB mondial chuterait alors de 6,9 % et les exportations de 26,9 %.
L’écart entre une coopération renforcée et un effritement des règles communes pourrait ainsi représenter jusqu’à 10 % du PIB mondial réel, frappant de plein fouet les économies les plus modestes et vulnérables.
Des avancées historiques et un virage numérique
Revenant sur le bilan de l’institution, Robert Staiger a rappelé que l’adhésion à l’OMC a historiquement stimulé les échanges entre pays membres de près de 140 %. Parallèlement, la part des pays à revenus faibles et moyens dans le commerce mondial a presque doublé, passant de 23 % en 1995 à 45 % en 2024.
L’analyse met également en lumière la mutation structurelle des échanges : les services fournis par voie numérique ont été multipliés par plus de cinq depuis 2005, représentant désormais environ 55 % des exportations mondiales de services.
Adapter le système aux nouvelles réalités
Le système commercial fait aujourd’hui face à des pressions inédites : rediffusion de la puissance économique, essor de l’interventionnisme d’État, réorganisation des chaînes de valeur et montée des tensions géopolitiques.
Pour l’OMC, ces défis ne rendent pas le multilatéralisme obsolète, mais imposent une modernisation urgente de ses règles. L’enjeu réside dans l’adaptation de l’organisation à l’économie globale qu’elle a elle-même contribué à bâtir, en réformant les mécanismes défaillants tout en préservant ses fondements éprouvés.



