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Commentaire – Le Président Kaïs Saïed fustige l’attentisme des hauts fonctionnaires : « Un responsable assume ou s’en va »

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  • 17 septembre 2026
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Commentaire – Le Président Kaïs Saïed fustige l’attentisme des hauts fonctionnaires : « Un responsable assume ou s’en va »

Au sommet de l’État, la décision publique semble marquer le pas. Dans les rouages de l’administration, la responsabilité politique et technique tend à devenir un exercice d’une grande prudence, où chaque arbitrage est pesé à l’excès. Cette retenue généralisée ne fait que ralentir le traitement des dossiers prioritaires. Par conséquent, l’action publique gagne en hésitation ce qu’elle perd en fluidité, finissant par répercuter cette lenteur à tous les échelons du pays.

Kaïs Saïed n’a de cesse de dénoncer cette situation lors de ses entretiens au Palais de Carthage avec la Cheffe du gouvernement et son équipe. De nombreux hauts responsables tombent dans une prudence excessive dès leur prise de fonctions. Ils se trouvent soudain comme paralysés, s’enferment dans leurs bureaux et se laissent gagner par une passivité qui ressemble presque à de la résignation. Ils évitent soigneusement toute décision tranchée.

Le Chef de l’État a d’ailleurs de nouveau déploré ces hésitations constantes et cet attentisme mardi au Palais de Carthage face à la Cheffe du gouvernement et au ministre de l’Économie et de la Planification. En évoquant la responsabilité des cadres de l’État, Kaïs Saïed s’est exprimé sans détour. Il a martelé qu’un responsable doit assumer son rôle ou laisser sa place, avant d’ajouter que les nations se construisent avec la force et la détermination d’un combattant, loin des hésitations et de l’attentisme.

La formule martelée par le Président, « un responsable assume ou s’en va », prolonge logiquement le diagnostic qu’il n’a cessé de poser sur l’attentisme administratif qui n’a que trop duré. Elle sonne comme un rappel salutaire, celui que la fonction publique n’est pas un statut protecteur à vie, mais un mandat qui s’évalue à l’aune des résultats acquis sur le terrain. Dans un contexte où l’inertie bureaucratique est régulièrement pointée du doigt comme le principal frein à la mise en œuvre des réformes, ce rappel à l’ordre trouve un écho particulier.

Pourtant, le constat reste affligeant. Une partie des cadres dirigeants semble littéralement cramponnée à ses privilèges, plus préoccupée par le confort du statut que par l’urgence du terrain. Qu’il s’agisse d’un manque criant de compétence ou de la simple peur de s’exposer, ces responsables refusent de prendre le moindre risque. Ils s’avèrent incapables d’adapter leur posture aux exigences d’une époque nouvelle, laquelle réclame au contraire des décideurs audacieux, prêts à retrousser les manches, à trancher et à répondre directement de leurs bilans.

Cette passivité a un coût humain et économique considérable. Au quotidien, le fossé se creuse dangereusement entre les bureaux feutrés des ministères et la réalité du peuple tunisien. Sur le terrain, la colère monte face à des démarches devenues de véritables parcours du combattant. Qu’il s’agisse d’obtenir un simple document administratif, d’investir ou de débloquer des projets régionaux vitaux, tout se heurte à une lourdeur étouffante. Cette déconnexion alimente un sentiment d’abandon généralisé, où le citoyen subit de plein fouet l’incurie d’une haute fonction publique coupée des réalités et devenue le principal frein aux aspirations du pays.

Les chiffres viennent d’ailleurs confirmer de manière criante l’urgence du diagnostic présidentiel. Selon l’indice 2026 de la Heritage Foundation, relayé par la plateforme The Global Economy, la Tunisie accuse une chute sévère dans le classement mondial de la liberté d’investissement, atteignant son plus bas niveau historique à 20 points et reléguant le pays au 164e rang sur 175 économies. Ce recul brutal s’explique directement par la pesanteur d’une bureaucratie asphyxiante qui paralyse l’initiative économique. L’inertie des hauts fonctionnaires ne paralyse donc pas seulement l’appareil d’État, elle constitue la cause principale de l’échec dans la mise en œuvre des plans stratégiques de la nation, où les meilleures réformes finissent par s’effondrer face à ce mur de passivité.

Face à un tel gaspillage de ressources, de temps et d’opportunités pour le développement du pays, le message du Président Kaïs Saïed prend tout son sens et s’impose avec une clarté absolue. Un responsable prend des décisions, débloque la situation et les assume, ou il s’en va.

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Auteur

Samir DRIDI

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