Economie

Conjoncture : Le commerce mondial fait preuve de résilience

  • 17 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Conjoncture : Le commerce mondial fait preuve de résilience

Malgré les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et la hausse des prix de l’énergie, le commerce mondial de marchandises continue de faire preuve de résilience. La progression des échanges de biens électroniques, soutenue notamment par les investissements dans l’intelligence artificielle, contribue à amortir les effets des perturbations géopolitiques et à maintenir des perspectives favorables pour les échanges.

La Presse — Le commerce mondial a fait preuve de résilience, malgré les tensions géopolitiques et les politiques publiques tendant à protéger les marchés, d’après le Baromètre du commerce de marchandises de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), mis à jour en juillet dernier et publié le 9 septembre.

Le Baromètre du commerce de marchandises est un indicateur composite qui compare l’évolution des échanges de biens par rapport aux tendances récentes dont la référence est égale à 100. Selon l’OMC, cet indice s’est établi à 102 points en juillet contre 101,7 en juin dernier, avec des perspectives positives pour le reste de l’année.

Échanges des biens électroniques et des investissements dans l’IA en hausse

L’argumentation donnée par l’OMC pour expliquer cette résilience montre une importante progression des échanges des biens électroniques et des investissements dans l’intelligence artificielle (IA) qui a contribué à la compensation des effets du conflit au Moyen-Orient sur le commerce mondial.

« L’impact négatif du conflit au Moyen-Orient est en partie compensé par une forte demande de composants électroniques et d’autres biens liés aux investissements dans l’intelligence artificielle (IA) », a indiqué l’OMC dans un communiqué. Ainsi, si l’indice du transport maritime de conteneurs a légèrement baissé par rapport à la tendance, avec une valeur de 99,6 points, tous les autres composants de l’indice ont affiché une valeur supérieure à 100 points : 104,9 pour les composants électroniques, 102,8 pour les matières premières agricoles, 101,5 pour les composants automobiles, etc.

« Dans l’ensemble, ces indices suggèrent que la croissance du commerce de marchandises est restée résiliente malgré une incertitude élevée concernant les politiques commerciales et les tensions géopolitiques persistantes », se félicite la publication de l’OMC.

Les cours du pétrole brut flambent

Pour l’ensemble de l’année 2026, l’OMC avait prévu, en mars dernier, une croissance du commerce mondial des marchandises à hauteur de 1,9 %, ou sinon 1,4% en cas de prix élevés de l’énergie. Une nouvelle évaluation des tendances est prévue en octobre prochain. Entre-temps, les prix de l’énergie ont suivi une tendance haussière fluctuante et largement affectée par l’évolution de la situation au Moyen-Orient, et ce, depuis l’éclatement de la guerre israélo-américaine contre l’Iran. Depuis plus d’une semaine, les cours du pétrole brut ont flambé au-dessus de 100 dollars le baril, notamment suite aux tensions entre l’Arabie saoudite et le mouvement des Houthis au Yémen qui a pris le contrôle du détroit de Bab El-Mandab. Avant la guerre, les cours étaient aux alentours de 70 dollars le baril. Ces développements nourrissent les incertitudes concernant le trafic de marchandises via la mer Rouge et le Canal Suez, par où transitent 12% du commerce mondial et 40% des échanges entre l’Europe et l’Asie.

Pour l’heure, les Houthis rassurent que le trafic de marchandises reste libre à travers le détroit de Bab Al-Mandab, à l’exception des navires saoudiens.

Toutefois, le fait que la région soit exposée à des risques de guerre pourrait se traduire, selon les analystes, par des coûts supplémentaires des transports, notamment au niveau des assurances.

Il en résulte des appels qui se multiplient pour cesser les hostilités et résoudre les différends par la voie diplomatique. Il en résulte également une accélération de l’investissement dans l’immatériel et l’IA pour atténuer l’impact sur les échanges et la croissance.

Auteur

Lassâad BEN AHMED

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