Culture

« Last chance » de Mohamed Khalil Bahri : Une aventure tout juste rocambolesque

  • 18 septembre 2026
  • 6 min de lecture
« Last chance » de Mohamed Khalil Bahri : Une aventure tout juste rocambolesque

Ce film, qui réunit une pléiade d’acteurs dans des rôles secondaires (Rim Ben Massaoud, Chedly Arfaoui et Chaouki Bouglia), s’articule autour de plusieurs thèmes : l’amitié et la solidarité, la redéfinition de soi et l’émancipation sociale, la chasse au trésor et la survie.

La Presse — Une projection spéciale du film « Last chance », quatrième long métrage de Mohamed Khalil Bahri après « Hades » (2021), « The devil’sseed » (2025) « Donya » (2026) et « Ghaybouba » (2026, feuilleton télévisé, s’est tenue mardi dernier au Colisée en présence d’une grande partie de l’équipe du film et d’invités dont un grand nombre d’acteurs et de techniciens du cinéma.

Le film suit les mésaventures de Zak (Mohamed Karmoussi) et Abdou (Mohamed Swissi), deux compagnons inséparables qui luttent pour trouver leur place au sein d’une société qui les rejette. Ce qui débute comme un simple emploi se transforme en une poursuite périlleuse à travers différentes régions de la Tunisie lorsque les protagonistes se retrouvent traqués par une organisation mafieuse.

Accompagnés par Souha (Ibaa Hamli), la fiancée d’Abdou, ils se lancent dans une chasse au trésor imprévisible qui mêle humour et tension dramatique.

Au-delà du danger que les trois protagonistes rencontrent sur leur route, leur aventure se transforme en un voyage initiatique où la solidarité et l’amitié redéfinissent leur propre valeur humaine. Produit par Perfect Vision Pictures sans l’aide du ministère des Affaires culturelles, « Last chance » explore la transformation de personnages marginaux en véritables héros de leur propre existence.

Cette aventure rocambolesque, qui réunit une pléiade d’acteurs dans des rôles secondaires (Rim Ben Massaoud, Chedly Arfaoui et Chaouki Bouglia), s’articule autour de plusieurs thèmes: L’amitié et la solidarité, la redéfinition de soi et l’émancipation sociale, la chasse au trésor et la survie. Zak et Abdou sont deux amis inséparables confrontés aux galères et aux mauvaises décisions. Au-delà de la quête matérielle, le récit montre que le véritable trésor réside dans leur solidarité et la force de leur lien.

D’abord, présentés comme des jeunes paumés laissés de côté par la société, les deux protagonistes apprennent à dépasser l’image de « ratés » qu’on leur a attribuée pour révéler leur véritable potentiel. Embarqués malgré eux dans un engrenage criminel face à une dangereuse mafia, Zak et Abdou s’engagent dans une course contre la montre rythmée par la tension et les poursuites sur les routes de Tunisie.

Le trio embarque dans sa voiture une momie datant de l’époque romaine et se fait talonner par la cheffe d’un gang de mafioso, qui, pour récupérer le cadavre, prend en otage Souha. Le récit. La suite et le dénouement du récit, qui allie comédie, drame et situations absurdes, ne sont pas difficiles à deviner.

Le rôle de Souha s’articule autour de plusieurs éléments : une personnalité affirmée qui s’engage dans l’aventure de deux copains nigauds. Éléments perturbateurs, elle vient, dès son arrivée, bouleverser leur aventure ainsi que la relation qui unissait les deux amis et s’affirme comme une partenaire à part entière dans la quête, s’intégrant ainsi au groupe pour former un trio des « trois compagnons », tous animés par la même obsession : récupérer le trésor mystérieux avant la mafia tout en faisant face aux poursuites, à la tension et aux situations absurdes. La chasse au trésor débute à la suite d’une fausse promesse.

Zak entraîne Abdou dans ce qu’il présente au départ comme un simple travail sur un chantier. Le chantier tourne rapidement au cauchemar lorsque les deux amis découvrent qu’ils ont été embarqués à leur insu dans une opération menée par une dangereuse mafia à la recherche d’un trésor mystérieux. Pris au piège et incapable de faire marche arrière, ils sont précipités sur les routes du pays.

Après l’arrivée de Souha, les trois compagnons n’ont plus qu’une seule obsession : mettre la main sur le trésor avant la mafia. La traque est marquée par une succession de poursuites, de rencontres improbables, de moments de tension et de situations absurdes. Bien que ce trésor soit  présenté comme pouvant changer leur vie à jamais, le récit révèle que la vraie richesse réside finalement dans leur amitié, leur solidarité et la prise de conscience qu’ils ne sont pas des « ratés » comme les qualifiait la société.

Le réalisateur a choisi d’utiliser deux registres : la comédie et le drame qui s’entremêlent pour former une aventure populaire déjantée. L’anti-héroïsme des deux principaux protagonistes, les quiproquos et l’absurde où l’humour naît du décalage entre ce qui devait être un simple travail sur un chantier et l’engrenage qui les embarque sans le savoir dans une affaire criminelle et enfin un périple décalé au cours de leur parcours sur les routes du pays qui est constamment rythmé par des rencontres improbables et des situations absurdes.

La dimension dramatique apparaît dans la marginalité sociale. Le drame repose sur la détresse de deux jeunes laissés pour compte par la société qui ont l’impression de passer à côté de leur vie. La menace criminelle émerge lorsque la tension s’intensifie au moment où ils se retrouvent pris au piège par une dangereuse mafia à la recherche d’un trésor mystérieux. Au cœur des poursuites et des moments de tension, l’intrigue devient une quête de survie où ils cherchent à prouver qu’ils ne sont pas des « ratés ».

Sans déflorer la fin du film et le dénouement de la course-poursuite, prévisible par ailleurs, l’aboutissement du périple de ces deux farfelus repose sur une transformation personnelle et relationnelle. Au fil de l’aventure, le véritable trésor s’avère résider dans leur amitié et leur solidarité et la découverte qu’ils sont capables de devenir autre chose que des « ratés ». En somme et malgré quelques invraisemblances et des situations improbables, la morale est sauve et tout rentre dans l’ordre. La supposée momie d’Hannibal, représentant le patrimoine du pays, est rendue à la police et les deux losers deviennent des héros.

Auteur

Neila GHARBI

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