Maints clubs de Ligue 2 menacent de se retirer sur fond de crise financière.
La Presse — La Fédération tunisienne de football se trouve dans une situation délicate depuis mercredi, suite à l’annonce du retrait de onze clubs de la Ligue 2 pour la saison à venir. Ces clubs sont, en effet, confrontés à de graves difficultés financières depuis des mois. Les clubs concernés sont le Stade Gabésien, l’Avenir Sportif de Gabès, l’Avenir Sportif de Soliman, l’Olympique de Médenine, Sporting Moknine, l’Espoir Sportif de Bouchema, l’Avenir Sportif de Kasserine (à trois reprises), l’Océan Sportif de Kerkennah, l’Étoile Sportive de Béni Khalled et l’Union Sportive de Ksour Essaf.
Cette situation fait suite à une réunion où les clubs ont évoqué leurs graves difficultés financières et administratives, notamment l’interdiction de recrutement qui leur est imposée et l’absence totale de mécanismes concrets et de solutions réalistes de la part de la Fédération tunisienne de football pour les aider à surmonter leurs crises.
Cette crise n’est pas celle de la Fédération tunisienne de football, mais celle de tout le sport national. En effet, à quoi devraient s’attendre les personnes qui, dans les coulisses, retardent la promulgation d’une véritable loi devant gérer les associations ? De telles impasses inextricables, on ne peut les résoudre d’un trait de crayon.
L’impact des dettes
Voyons les choses posément. Ces clubs se plaignent, entre autres, de l’interdiction de recrutement. Oui, mais avec quel argent vont-ils recruter ? Ce seront de nouvelles dettes et de futures complications qui prouvent tout simplement que nos clubs s’égarent dans la facilité de l’endettement qui engloutit les fondements de clubs presque centenaires.
Ce n’est point là de la gestion et aucun sport dans le monde développé n’est géré de cette manière. On ne gère pas une association avec des dettes. On ne pourra jamais faire œuvre utile avec des clubs sans ressources fixes, sans dirigeants capables d’assurer le minimum. Supposons que l’on trouve le moyen de déroger à ces décisions prises ou d’échelonner les dettes. Quelle personne sensée serait assez courageuse pour prendre en main un club qui croule sous les dettes ?
Certains clubs fêtent leur accession parmi l’élite. Mais savent-ils ce qui les attend, alors que leur club dispose d’un stade tout juste bon pour jouer un football approximatif, avec des gradins où on est incapables de faire des recettes ? Avec un public qui cherche encore un billet de stade gratis, des créanciers alignés devant la porte d’entrée et des joueurs de plus en plus gourmands et aussi les équipements, les soins, les déplacements, les prises en charge pour les stages ou les rencontres officielles qui coûtent de plus en plus cher. Ce n’est pas avec ce genre de gestion de nos clubs, socle incontournable du sport national, que nous pourrions parler d’élite et de niveau international. Et même si cela marche encore, il y aura une fin irrémédiable.
Le sport, c’est d’abord, éducation, encadrement et logistique pour former les futures générations. On ne pourra jamais les former avec des clubs surendettés et des dirigeants qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. A moins de les former pour les voir partir pour concourir sous d’autres couleurs. Et le mouvement est déjà en marche.



