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Plus de 45 % des ingénieurs inscrits à l’étranger : comment la Tunisie peut-elle valoriser ses compétences ?

  • 18 septembre 2026
  • 5 min de lecture
Plus de 45 % des ingénieurs inscrits à l’étranger : comment la Tunisie peut-elle valoriser ses compétences ?

L’ingénieur tunisien ne doit plus être considéré uniquement comme une compétence qui s’exporte à la recherche d’un emploi, mais comme un acteur potentiel de l’investissement et de l’expansion économique de la Tunisie en Afrique, a estimé le doyen des ingénieurs tunisiens, Mohsen Gharsi.

Intervenant jeudi 17 septembre 2026 sur Express FM, Gharsi a souligné que l’Afrique ne devait pas être perçue uniquement comme un marché pour les produits tunisiens, mais également comme un espace d’exportation du savoir-faire, de l’ingénierie et des compétences tunisiennes.

Selon lui, les grands projets commencent par une idée, une étude, une expertise et des décisions techniques et technologiques, autant de domaines dans lesquels l’ingénieur tunisien est en mesure de jouer un rôle central.

Un réseau africain en construction

Mohsen Gharsi a indiqué que des ingénieurs tunisiens sont déjà présents dans plusieurs pays africains, mais qu’ils interviennent souvent de manière individuelle. Une situation qui, selon lui, limite leur capacité à ouvrir des perspectives aux entreprises et aux investisseurs tunisiens.

Pour remédier à cette situation, l’Ordre des ingénieurs tunisiens a engagé la mise en place d’un réseau à l’échelle africaine. Des contacts ont ainsi été établis avec environ 37 pays africains, tandis que des relations et des partenariats ont été noués avec près de 43 missions économiques.

“L’expertise et les réseaux existent, et les opportunités sont disponibles”, a expliqué Mohsen Gharsi, estimant que le principal défi consiste désormais à organiser les compétences tunisiennes et à les transformer en projets concrets.

C’est dans cette perspective que l’Ordre des ingénieurs tunisiens a lancé l’initiative “l’ingénieur ambassadeur”. Celle-ci repose sur l’idée que l’ingénieur tunisien établi à l’étranger peut jouer le rôle d’ambassadeur de l’expertise et des compétences tunisiennes, notamment en contribuant à établir des relations et à faciliter l’accès des entreprises tunisiennes aux marchés africains.

Plus de 45 % des ingénieurs inscrits à l’étranger

Pour Mohsen Gharsi, le départ d’un ingénieur à l’étranger ne constitue pas en lui-même une perte pour la Tunisie. La véritable perte intervient lorsque le lien entre l’ingénieur et son pays est rompu.

Il a, dans ce contexte, indiqué que plus de 45 % des ingénieurs inscrits à l’Ordre se trouvent à l’étranger. Ces compétences représentent, selon lui, un capital pouvant être mobilisé au service de l’économie nationale, notamment à travers le transfert de technologies et de savoir-faire, la création de partenariats et d’investissements et la mise en relation de la Tunisie avec les marchés extérieurs.

Le doyen des ingénieurs a également révélé que l’Ordre a présenté à l’Assemblée des représentants du peuple une initiative sous la forme d’un projet de loi-cadre visant à instaurer des mécanismes et des incitations permettant aux ingénieurs tunisiens établis à l’étranger de contribuer davantage à l’économie nationale.

Une présence tunisienne dans plusieurs secteurs africains

La présence des compétences tunisiennes en Afrique couvre plusieurs domaines, a-t-il encore souligné, citant notamment l’énergie, l’eau, les infrastructures, l’industrie, le numérique, l’agriculture et les télécommunications.

Des ingénieurs tunisiens sont présents dans des pays de la Corne de l’Afrique, ainsi qu’au Rwanda, qui a connu une importante transformation numérique. La présence tunisienne s’étend également à la Côte d’Ivoire, à l’Afrique du Sud, à la Mauritanie, au Sénégal et au Niger, notamment dans des projets liés aux infrastructures, au numérique et aux télécommunications.

Pour Gharsi, ces expériences témoignent de la capacité de l’ingénieur tunisien à travailler et à s’adapter à des environnements différents.

L’enjeu consiste désormais, selon lui, à passer de l’exportation de l’ingénieur en tant qu’individu à l’exportation d’un écosystème tunisien intégré, associant expertise technique et capacités économiques.

Faire de l’ingénierie tunisienne une expertise recherchée

Le défi, a insisté Mohsen Gharsi, ne consiste plus seulement à se féliciter du fait que les ingénieurs tunisiens soient recherchés à l’étranger. Il s’agit désormais de faire en sorte que l’ingénierie tunisienne elle-même soit recherchée à l’échelle internationale.

Il a notamment mis en avant la différence entre un ingénieur tunisien qui intervient seul à l’étranger et une démarche dans laquelle celui-ci est accompagné d’un ensemble économique comprenant des bureaux d’études, des entreprises de construction, des industriels et des investisseurs.

La Tunisie dispose, selon lui, de plusieurs atouts pour développer cette approche, notamment sa position de porte d’accès à un marché africain d’environ 1,3 milliard d’habitants, ainsi que son important vivier de compétences en ingénierie.

Ces compétences sont capables de fournir des solutions techniques et technologiques et de s’adapter à différents contextes, a-t-il ajouté.

Le cadre institutionnel et juridique, un enjeu majeur

En conclusion de son intervention, Mohsen Gharsi a estimé que les compétences et les capacités nécessaires sont disponibles chez les ingénieurs tunisiens. Le principal défi réside désormais dans l’organisation ainsi que dans la mise en place d’un cadre institutionnel et juridique adapté.

Il a ainsi appelé à accélérer l’examen du projet de loi relatif aux ingénieurs tunisiens établis à l’étranger, afin de permettre, selon lui, de transformer les initiatives et les idées en projets et investissements concrets au service de l’économie nationale.

R.I

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R. I

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