Editorial

Promouvoir la culture de la performance

  • 18 septembre 2026
  • 3 min de lecture
Promouvoir la culture de la performance

A l’approche du marathon budgétaire, tous les regards sont tournés vers les nouveaux choix de nos programmes de développement national mais aussi vers les différentes alternatives financières disponibles pour leur concrétisation.

​Un intérêt tout à fait légitime, surtout que les perturbations géopolitiques, avec notamment l’envolée spectaculaire du prix du pétrole, la rupture des chaînes logistiques  et les turbulences significatives intervenues  au niveau de la connectivité internationale, ont bouleversé tous les scénarios, imposé une redéfinition des règles du jeu et dicté une certaine agilité stratégique pour pouvoir engager des schémas alternatifs capables de réinventer une nouvelle dynamique de financement.

Il s’agit, de toute évidence, de nouveaux modèles structurés, recadrés et réorientés pour assurer une résilience globale et durable. Ces nouveaux modèles ne se positionneront pas simplement comme des ajustements financiers mais comme une transformation profonde de la cartographie financière et ses différents risques.

Les experts reconnaissent, justement, que la complexité de la conjoncture internationale et la volatilité du marché économique mondial ont remis sur scène de nouveaux facteurs considérés autrefois comme ordinaires, alors qu’aujourd’hui, ils sont lourds de conséquences.

Nos experts parlent, en effet, de menaces climatiques et environnementales, de géopolitique et de souveraineté. Des facteurs systémiques donc qui pourraient remettre en cause la fiabilité  de tout projet économique.

C’est, d’ailleurs, pour cette raison que ces nouveaux modèles auront pour objectifs prioritaires non seulement de maximiser le rendement, mais surtout de sécuriser notre écosystème financier sur le long terme. Ce qui suppose, certainement, la mobilisation des capitaux alternatifs face à l’insuffisance des ressources traditionnelles, l’amélioration du niveau de liquidité et la diversification des outils de sa sécurisation, la valorisation de l’économie verte et circulaire, l’accélération de la transition écologique et énergétique et le maintien, régulièrement, d’une discipline budgétaire rigoureuse.

Et ce dernier facteur se positionne comme un enjeu stratégique. Certes, notre pays a réussi, tout au long de ces dernières années, à imposer une politique budgétaire fiable, ce qui lui a valu une meilleure maîtrise de ses finances publiques et, notamment, l’appréciation aussi bien des agences de notation que des instances financières internationales, mais les défis de l’étape à venir sont tellement complexes qu’ils imposent des dispositions beaucoup plus profondes pour créer de nouvelles marges financières et stimuler, ainsi, les investissements productifs.

Une exigence qui repose, elle-même, sur une requalification sérieuse des dépenses et une réduction significative des coûts. Et c’est vers les entreprises publiques qu’il faut peut-être bien se tourner car, comme on ne cesse de le rappeler, ces unités continuent à peser fortement sur le budget de l’Etat et à approfondir le malaise financier. Pour corriger cette situation pénalisante, les analystes parlent, de plus en plus, de la nécessité d’instaurer une nouvelle mentalité managériale, reposant sur une politique de gestion par objectifs. Il est question d’une nouvelle culture basée sur la performance.

Auteur

Anis SOUADI

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