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Alzheimer : les facteurs de risque peuvent être combattus dès 30 ans, selon le Pr Riadh Gouider

  • 21 septembre 2026
  • 5 min de lecture
Alzheimer : les facteurs de risque peuvent être combattus dès 30 ans, selon le Pr Riadh Gouider

La prévention de la maladie d’Alzheimer doit commencer bien avant l’apparition des premiers troubles de mémoire, à travers notamment la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaires et métaboliques et le maintien d’une activité cognitive et physique régulière, a souligné le Pr Riadh Gouider, chef du service de neurologie de l’hôpital universitaire Razi.

Lors d’une présentation donnée samedi à l’occasion de l’annonce de l’accréditation du Centre Alzheimer du service de neurologie de l’hôpital universitaire Razi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en tant que centre régional collaborateur pour la Région de la Méditerranée orientale dans les domaines de la formation et de la recherche sur la démence et la maladie d’Alzheimer, le Pr Gouider a détaillé les principaux facteurs susceptibles d’être associés au développement de la maladie.

Il a notamment cité les maladies cardiovasculaires, le diabète et l’hypertension artérielle, ainsi que certains facteurs génétiques. Il a également évoqué des caractéristiques génétiques observées dans la région arabe, notamment celles liées à la consanguinité, qui peuvent avoir une incidence sur l’âge d’apparition de la maladie, ses manifestations et le risque de la développer.

Des facteurs génétiques et modifiables

Selon le Pr Riadh Gouider, la maladie d’Alzheimer résulte de l’interaction entre des facteurs génétiques non modifiables et des facteurs de risque sanitaires et comportementaux sur lesquels il est possible d’agir.

Sur le plan génétique, les modes de transmission sont variés, avec notamment des mutations autosomiques dominantes et récessives, particulièrement présentes dans certaines formes familiales et précoces de la maladie, ainsi que l’intervention complexe de plusieurs gènes.

Le spécialiste a également présenté les premiers résultats d’une étude cas-témoins, actuellement menée au service de neurologie. Cette étude observationnelle porte sur 155 patients pris en charge par le service et 310 personnes en bonne santé.

Les résultats préliminaires font ressortir, selon lui, une association entre plusieurs facteurs pathologiques et comportementaux et une augmentation du risque de développer la maladie.

Les maladies cardiovasculaires figurent parmi les facteurs présentant la plus forte association avec le risque, suivies notamment par l’analphabétisme et l’absence d’instruction. Les troubles psychiques, les déficiences auditives, l’hypertension artérielle, le diabète de type 2 et les accidents vasculaires cérébraux figurent également parmi les facteurs évoqués.

Agir sur les facteurs de risque

Le Pr Gouider a insisté sur l’importance d’une prise en charge précoce des facteurs de risque modifiables, considérée comme un élément essentiel des stratégies de prévention de la maladie d’Alzheimer.

Il recommande notamment de contrôler la tension artérielle et le diabète, de préserver la santé cardiovasculaire, de maintenir une activité cognitive et de poursuivre l’apprentissage. Le traitement précoce des troubles auditifs et des troubles psychiques constitue également, selon lui, un élément important de la prévention.

Le spécialiste préconise par ailleurs une alimentation saine et équilibrée, une bonne organisation des repas ainsi que l’éloignement du tabac, de l’alcool et des drogues.

Il a particulièrement appelé les personnes âgées de 30 à 50 ans à ne pas négliger leur santé malgré les contraintes de la vie quotidienne, les responsabilités familiales et professionnelles. La prise en charge du diabète et de l’hypertension ainsi que l’amélioration des habitudes alimentaires doivent, selon lui, intervenir suffisamment tôt.

Le Pr Gouider a également souligné que lorsque les premiers troubles de mémoire apparaissent, le processus pathologique peut avoir débuté 15 à 20 ans auparavant, mettant ainsi en évidence l’importance d’une prévention précoce.

Le chef du service de neurologie de l’hôpital universitaire Razi a aussi insisté sur la nécessité pour les personnes âgées et les retraités de maintenir une activité intellectuelle et physique et de ne pas interrompre l’apprentissage.

Il a relevé que l’arrêt de l’apprentissage ou de l’activité professionnelle, associé à une absence de stimulation du cerveau et du corps, est lié à une augmentation importante du risque de maladie d’Alzheimer.

Une prise en charge au-delà des traitements médicamenteux

La prise en charge de la maladie repose, selon le spécialiste, sur plusieurs volets, à commencer par la prévention et le diagnostic précoce, puis par l’utilisation des traitements disponibles pour atténuer les symptômes.

Elle doit aussi intégrer un accompagnement social et un soutien psychologique du patient et de sa famille, afin de réduire l’impact du déclin cognitif et fonctionnel.

Le Pr Gouider préconise en outre de compléter la prise en charge médicale par des activités non médicamenteuses, notamment la musique, les activités artistiques, la lecture ainsi que les activités religieuses et culturelles, susceptibles de contribuer à la stimulation de la mémoire.

Cette approche revêt une importance particulière dans un contexte où le coût élevé des traitements modernes limite, selon lui, leur accessibilité à grande échelle en Tunisie.

L’expérience du Centre Alzheimer de l’hôpital universitaire Razi, l’évolution de ses activités et les travaux de recherche menés par son équipe médicale ont été présentés samedi au ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, à l’occasion de l’annonce de l’accréditation internationale du centre dans les domaines de la formation et de la recherche sur la démence et la maladie d’Alzheimer.

Cette reconnaissance intervient à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, célébrée chaque année le 21 septembre.

M.B

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M. B

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