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Nabeul – El Mrezga : Du sanatorium au capharnaüm de Sillonville !

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  • 21 septembre 2026
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Nabeul – El Mrezga : Du sanatorium au capharnaüm  de Sillonville !

De nos jours, nombreux sont ceux qui ignorent que l’emplacement de l’hôpital universitaire Mohamed Tahar-Maâmouri de Nabeul dans le quartier de Sillonville, à El Mrezga (7 km de la Cité des Potiers), abritait au début du XXIe siècle un couvent et un pensionnat tenus par des Sœurs blanches (religieuses catholiques françaises).

La Presse — Il est à signaler que le nom de la localité de Sillonville n’a aucun rapport avec la congrégation religieuse de Notre-Dame de Sion (fondée au XIXe siècle par le père Ratisbonne, qui était également très active à Tunis rue de Hollande).

En effet, Sillon est un nom de famille français comme (Jules) Ferry —homme d’État français et l’une des figures majeures de la Troisième République, principalement célèbre pour avoir profondément révolutionné le système éducatif français et activement soutenu l’expansion coloniale de la France —, qui a donné son nom à Ferryville (Menzel Bourguiba). Il s’agit d’un patronyme d’origine topographique qui désignait à l’origine une terre labourée en sillons, ou une personne vivant près d’un champ ainsi cultivé.

En 1958, les locaux de l’institution ont cessé leur activité initiale pour devenir un sanatorium : un établissement médical spécialisé dans le traitement de la tuberculose et des maladies pulmonaires chroniques, souvent situé dans un environnement naturel propice à la guérison comme la montagne ou le bord de mer. 

Or, pour le cas du sanatorium de Sillonville, ce dernier a le double privilège de se situer près du Mont d’El Mrezga, avec la qualité de l’air des zones rurales proches d’une montagne… et à vol d’oiseau de la mer.

Dès les années 1970, l’établissement s’est transformé en un hôpital régional, abritant notamment des services pivots comme la pneumologie (très actif entre 1974 et 1978),

Toutefois, si la fraîcheur de l’air de la localité de Sillonville était un argument de base pour ériger un sanatorium dédié aux soins pulmonaires, aujourd’hui le site abritant l’hôpital universitaire Mohamed Tahar-Maâmouri est méconnaissable à cause de la dégradation de l’environnement, non seulement par la présence d’une station d’épuration de l’Onas vétuste et presque hors service, mais aussi à cause de l’incinération des déchets non loin des lieux.

Pis encore, la pollution visuelle et acoustique des taxis stationnés de manière anarchique devant l’hôpital et l’absence d’une charte municipale, voire un plan d’aménagement régulant l’activité commerciale (buvettes, cafés, etc.) dans le secteur, offrent aux visiteurs des patients séjournant dans l’hôpital une situation apocalyptique digne d’un capharnaüm: un lieu encombré où règne un grand désordre !

L’hôpital, coincé entre la route périphérique (route ceinture) et la route RR27, longeant la zone d’El Mrezga, la pollution de l’air et les émissions de CO2 et de gaz d’échappement de voitures ont fini par tuer non seulement l’essence même des lieux, laissant les habitants de Nabeul toujours nostalgiques du bon vieux de temps d’un hôpital de Sillonville, havre de paix et de quiétude, où l’on soignait les tuberculeux avec son air frais et pur. C’est vraiment dommage d’en arriver là !

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Auteur

Abdel Aziz HALI

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