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« Dar el 3ers » de Heifel Ben Youssef : Comédie d’un mariage sous tensions

  • 21 septembre 2026
  • 4 min de lecture
« Dar el 3ers » de Heifel Ben Youssef : Comédie d’un mariage sous tensions

A l’avant-première de « Dar el 3ers », vendredi dernier au Colisée, le réalisateur Heifel Ben Youssef a tenu avant tout à rendre hommage à ses parents en les faisant monter sur scène, puis entouré de son équipe technique et artistique, il a présenté son nouveau-né : une comédie loufoque qui explore les tensions familiales lors des préparatifs d’un mariage.

La Presse —Haythem (Jihed Cherni) et Kmar (Khouloud Jlidi), ingénieurs de formation, travaillent dans un centre d’appel. Ils décident d’immigrer au Canada. La province de Manitoba accueille à bras ouverts des candidats étrangers à la seule condition qu’ils soient mariés. Pour accomplir cette formalité, le couple décide de saisir cette opportunité et de se marier le plus vite possible.   

Averties, les familles n’ont qu’une semaine pour préparer les noces de leurs enfants. Zbeida (Wajiha Jendoubi), la mère de Kmar et son frère Mohsen (Chedly Arfaoui) issus d’une famille bourgeoise tunisienne, impose ses conditions : trois sortes de bijoux (or jaune, blanc et rouge), une soirée mondaine avec musique raffinée etc. alors que le père de Haythem (Mohamed Saber Oueslati) et particulièrement sa sœur Dalila (Syhem M’sadek) d’origine rurale, tout d’abord opposée à cette union, finit par accepter en imposant ses conditions : une soirée fastueuse à laquelle elle tient à inviter toute sa tribu.

Pour orchestrer cette union chaotique, les parents font appel à un organisateur de mariage Jilani dit Julien (Nabil Ben Mesmia) qui tente désespérément de concilier des exigences contradictoires entre les deux familles et d’apaiser leurs tensions. Mais la tâche s’avère des plus difficiles.

Cette comédie chorale explore les coulisses rocambolesques des préparatifs du mariage et des cérémonies nuptiales, et ce, à l’insu du couple qui ne demande qu’à en finir au plus vite pour se rendre au Canada. Les personnages passent leur temps à se disputer et à se juger les uns les autres à coup de clichés et d’idées reçues sur leurs traditions respectives. Ecrit à quatre mains entre le réalisateur Heifel Ben Youssef et Houssem Hamed (chroniqueur à radio Mosaïque), cette comédie est basée essentiellement sur les dialogues et les vannes et les blagues à quatre balles.

Une légèreté revendiquée par les auteurs du film qui tentent de désamorcer par l’humour pas mal de clichés et d’idées reçues. Avec le succès local de ses précédents opus, Heifel Ben Youssef (diplômé de l’Esac-Gammarth) creuse le même sillon celui de la comédie et porte un regard à la fois critique et tendre sur les traditions et les comportements des Tunisiens. Le film, produit par Iris Prod et le Groupement Gobantini, n’est pas exempt de longueurs, de gags répétitifs voire de lourdeurs.  A travers des dialogues rythmés et une autodérision assumée, l’œuvre dresse un portrait à la fois critique et tendre de clivages culturels persistants au sein de la société.      

D’une durée de plus de deux heures, «Dar el 3ers» aborde les thèmes de la famille, de l’acceptation de l’autre avec ses différences et des clivages culturels. Bien que souffrant de certaines longueurs, le film s’appuie sur une distribution solide.

Certains acteurs ont pris part dans le précédent film «Parasol» du même réalisateur à l’instar de Wajiha Jendoubi, Mohamed Saber Oueslati, qui tiennent ici la barre haute et Jihed Cherni, moins bon dans son costume étriqué, et d’autres nouveaux venus à l’instar de Syhem M’sadek dont le surjeu est parfois agaçant. Quant à Nabil Ben Mesmia, il reste égal à lui-même en restant fidèle au même registre de jeu que ce soit dans les films ou les séries télévisés. Tout compte fait, «Dar el 3ers» offre un divertissement populaire qui rappelle l’esprit des comédies italiennes classiques.

Auteur

Neila GHARBI

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