Cela dure depuis plusieurs semaines déjà ! Les tomates sont devenues une denrée toute aussi rare qu’onéreuse ! Aux étals des grandes surface les tomates affichent absentes. Celles qui, par miracle, existent auprès des marchands sont d’une qualité médiocre, ont une apparence répulsive et coûtent cher.
C’est justement pour expliquer les dessous de ce fait que le président du Syndicat des oléiculteurs du Sahel, Abdallah Sahraoui, est intervenu ce matin du mardi 22 septembre 2026 au micro de l’émission Sabah El Ward sur Jawhara FM. Tout en exposant les facteurs structurels qui perturbent l’approvisionnement en tomates sur le marché national, l’intervenant a mis l’accent sur l’importance de sauver ce secteur qui subit de plein fouet l’impact des dérèglements climatiques marqués d’un côté par une hausse inédite des températures et d’un autre côté par la tombée de la grêle.
Sahraoui note de prime abord, que la Tunisie traverse actuellement une période de transition qui sépare deux saisons. Cette période de transition agricole, précise l’expert, « est marquée par la fin des cultures sous serres au Sahel et le transfert progressif vers les productions saisonnières à Sidi Bouzid et à Kasserine ».
Il a signalé à cet effet que le gouvernorat de Monastir compte environ 10 500 serres et contribue à hauteur de 46 % de la production nationale durant les périodes de baisse de production. Toutefois, l’agriculture à Monastir dépend des eaux du barrage de Nebhana. Barrage qui s’avère actuellement non fonctionnel. « Cette situation a directement impacté l’agriculture à la région. Et c’est là où les gouvernorats du centre sont censés pallier au manque de production. Or, poursuit-il « les récoltes dans ces gouvernorats ont subi à leur tour de lourds dégâts suite aux violentes chutes de grêle entraînant la destruction d’une partie majeure des cultures et la prolifération de tomates altérées et de mauvaise qualité sur les étals ».
Abdallah Sahraoui explique en effet qu’une pareille situation a engendré la pénurie tant une caisse de 20 kilogrammes de tomates contient environ 7 kilogrammes de déchets et de tomates impropres à la consommation. « C’est le citoyen qui a principalement souffert de la pénurie parce que les stocks disponibles sont accaparés par la restauration professionnelle ».
L’intervenant ajoute que le fait que les tarifs actuels sur les étals, oscillant autour de 3000 millimes le kilogramme contre un prix de gros de 2700 millimes à Sidi Bouzid, démontrent que les anciennes grilles d’homologation fixées entre 1600 et 1800 millimes n’étaient pas conformes à la réalité logistique et au coûts de production réels. Et de conclure :« à défaut d’un plan de soutien d’urgence aux cultures de primeurs et d’une réallocation de quotas d’eau d’irrigation dans la région de Monastir, les mois de novembre, décembre et janvier prochains risquent d’être marqués par une pénurie encore plus sévère et aiguë sur l’ensemble du pays ».



