Grande zone arabe de libre-échange : Le secteur privé en point de mire
Après plusieurs années de focalisation sur le cadre réglementaire et institutionnel, la Ligue des Etats arabe vise à associer davantage le secteur privé, avec l’ambition de porter les échanges interarabes à 25% de l’ensemble des échanges, contre 14% actuellement.
La Presse — C’est, en substance, ce qu’a déclaré, hier, Ahmad Nizar Jamil, directeur de l’unité de complémentarité arabe auprès du secrétariat général de la Ligue des Etats arabes, à l’occasion d’un workshop de deux jours, tenu à Tunis sur le thème « Vulgarisation des avantages offerts par la Grande zone arabe de libre-échange ».
« Depuis les années 80 du siècle passé, des négociations ont eu lieu pour mettre en place une grande zone arabe de libre-échange. Elle est entrée en vigueur en janvier 2005. Depuis, une focalisation sur le cadre réglementaire et juridique a eu lieu. Et au cours des dernières années, nous avons commencé à associer le secteur privé qui constitue le moteur principal de l’économie », a déclaré le responsable de la Ligue arabe.
« Le but aujourd’hui est de rencontrer le secteur privé tunisien pour l’informer des avantages offerts par la Grande zone arabe de libre-échange et comment en tirer profit pour conforter le commerce extérieur tunisien avec les pays arabes », a-t-il indiqué.
« Nous travaillons actuellement sur un projet pour intégrer le secteur privé dans les institutions relevant du secrétariat général des Etats de la Ligue arabe. Ce projet a été présenté en attendant son approbation et les remarques des pays membres avant son intégration », a-t-il ajouté.
Des similitudes…
En ce qui concerne les échanges interarabes, « nous avons enregistré des hauts et des bas dans le commerce interarabe, parfois supérieur à 14%, parfois inférieur, en fonction des crises que le monde a connues, comme la Covid et la crise économique mondiale qui ont affecté les échanges », a-t-il expliqué.
« Il y a eu une focalisation sur la mise en place du cadre juridique des échanges et il n’y a pas eu de contribution du secteur privé. Nous avons constaté qu’en associant le secteur privé, il y aurait plus de consistance pour porter ce taux à 25% à l’horizon de 2030 », a-t-il projeté, expliquant l’existence de lignes de ressemblance dans la composition des exportations comme des importations.
Dans cet ordre d’idées, Mohamed Jamel Elifa, en charge de la direction de la coopération économique et commerciale au ministère du Commerce et du Développement des exportations, a souligné l’existence de possibilités de complémentarité entre les pays arabes, dans la mesure où certains sont producteurs de produits alimentaires, alors que d’autres en sont des importateurs nets.
« Ce workshop s’inscrit dans le cadre de la coopération entre la Tunisie et le secrétariat général économique de la Ligue des Etats arabes et se propose de vulgariser les avantages de la Grande zone arabe de libre-échange, ainsi que les opportunités qu’elle offre ».
« Aujourd’hui et demain, ce sont les contacts directs entre le secteur privé et le secrétariat général économique qui sont privilégiés. Nous avons également parmi nous des représentants de l’Union des chambres de commerce arabes », a-t-il souligné.
« Les principaux avantages offerts par la grande zone de libre-échange arabe consistent en l’exonération totales des taxes douanières et des taxes à effet équivalent depuis le 1er janvier 2005. C’est, donc, une occasion pour les opérateurs économiques exerçant dans la région arabe de tirer profit de ces exonérations », a noté M. Elifa.
Et d’expliquer : « Certains pays arabes sont des importateurs nets de fruits et de produits agricoles. D’autres pays, au contraire sont producteurs de ces produits. La zone offre donc, une exonération totale pour les produits agricoles, ce qui offre aux opérateurs des opportunités d’exportation aussi bien des produits alimentaires qu’agroalimentaires. Cela conforte également les chaînes de valeur arabes dans plusieurs secteurs dans le cadre de la complémentarité entre les pays membres », a-t-il relaté.
… et des complémentarités
Pour bénéficier de ces avantages, le secteur privé doit se conformer à certains critères, en l’occurrence les règles d’origine. « Les différentes structures d’appui expliquent aux opérateurs comment se conformer aux règles d’origine qui, après leur révision, ont conforté le principe de complémentarité entre les pays arabes », s’est-il félicité.
Le workshop avec le secteur privé a été précédé, la veille, de réunions entre les responsables de la Ligue arabe et les opérateurs publics.
« Le secteur public est visé au même titre que le secteur privé. Nous avons abordé avant-hier [lundi] le cadre réglementaire et les nouveaux domaines de coopération à l’instar du commerce électronique et l’économie verte ainsi que la facilitation des affaires », a fait savoir le responsable du ministère du Commerce.
Ce workshop avec le secteur privé intervient alors que plusieurs pays arabes sont secoués par des événements sécuritaires, ce qui amplifie les incertitudes concernant l’approvisionnement des marchés surtout pour les importateurs nets et implique une meilleure coopération et intégration régionales…



