Ouverture de la 26e édition du festival de l’ASBU : Entre hommages et musique
Le 26e Festival arabe de la radio et de la télévision, organisé par l’Union des radiodiffusions des Etats arabes (ASBU), s’est ouvert lundi 21 septembre au théâtre romain de Carthage, donnant le coup d’envoi à quatre jours d’échanges consacrés aux mutations du paysage audiovisuel arabe. Après les hommages, le public a eu rendez-vous avec la star irakienne Rahma Riad et le chanteur syrien fortement apprécié Nassif Zeytoun.
La Presse — La cérémonie d’ouverture a été présentée par Farah Ben Rejeb et l’animatrice égyptienne Yasmine Taha Zaki, en présence de la ministre des Affaires culturelles Amina Srarfi et de nombreux représentants diplomatiques. La soirée a été transmise en direct sur la Télévision nationale.
La billetterie n’a pas été ouverte cette année, et l’entrée était uniquement sur invitation.
Au début de la cérémonie, le président de l’ASBU, M. Mohamed Ben Fahd Al Harthi, a remis une distinction à la ministre des Affaires culturelles. Place ensuite aux hommages. Le directeur général de l’ASBU, Mohamed Suleiman, a rejoint le président de l’Union sur scène.
Des trophées ont été remis à douze personnalités de neuf pays arabes, en reconnaissance de leurs parcours et de leur contribution au paysage radiovisuel et médiatique arabe. Trois artistes égyptiens ont été à l’honneur : la grande actrice Wafa Ameur, qui n’a pas retenu ses larmes d’émotion sur scène, l’actrice et chanteuse Bochra et Mohamed Tharwat, célèbre pour ses rôles comiques.
Des distinctions honorifiques ont été attribuées à Mohamed El Mansour du Koweït, Samira El Weheibi d’Oman, aux Syriens Abir Chamseddine et Mohamed Khawandi, Bassem Mghania du Liban, Alaâ Hussein d’Irak, Mohamed Salem Weld Dandou de Mauritanie et Houssemeddine Ahmed des Comores. De Tunisie, c’est l’actrice tunisienne de renom Latifa Gafsi qui a été à l’honneur.
Sa carrière s’entend sur plusieurs décennies, avec des rôles complexes et marquants. Elle est montée sur scène sous de longs applaudissements, témoignant de la reconnaissance du public pour son parcours exceptionnel.
Rahma Riad, une belle découverte
La première partie musicale de la soirée a été assurée par Rahma Riad, une figure majeure de la scène musicale arabe. La chanteuse irakienne a été révélée au grand public grâce à sa participation à l’émission « Star Academy ». Elle s’est depuis imposée comme l’une des artistes les plus populaires de sa génération. Ses tubes cumulent des centaines de millions de vues sur les plateformes. Vêtue d’une robe dorée lui donnant une allure de princesse, sa prestation à Carthage a séduit les spectateurs par sa voix puissante, son charisme et son énergie scénique. Parmi ses grands succès, Rahma Riad a interprété « Kalam el hob » qui date de 2023, « Waed menni » sortie il y a huit ans avec 240 millions de vues sur YouTube, « Sabaâ saâdat », « Assaad lel goumar », « Helou hal cheour » et « Matar ». En dépit de son talent incontestable, le public manquait d’enthousiasme car peu de spectateurs connaissaient son répertoire. Ce sont les reprises qui ont particulièrement fait vibrer les gradins, avec notamment « Sallamtak bidallah » de George Wassouf, « Maaoul » de Fadhel Chaker et « Mawoud » de Abdelhalim Hafedh. La star n’a cessé d’exprimer son bonheur de réaliser le rêve de se produire à Carthage devant un théâtre comble. Et, pour faire davantage plaisir au public, elle a interprété un classique de la musique tunisienne « Soud w Jallaba ». Rahma Riad a également retrouvé les journalistes pour une conférence de presse qui a suivi la cérémonie d’ouverture. Elle est revenue sur son parcours, ses choix artistiques et son expérience de coach dans l’émission The Voice Irak.
Nassif Zeytoun, une valeur sûre
C’est la septième fois que Nassif Zeytoun se produit à Carthage. Le chanteur libanais est particulièrement apprécié par le public tunisien, et tous ses passages ont été des triomphes. Il n’est pas nécessaire de suivre sa carrière de près pour connaître ses chansons. Ce sont des tubes qu’on diffuse partout, impossible d’y échapper. L’artiste multiplie les succès depuis plusieurs années, avec des chansons d’amour à la fois rythmées et émouvantes. Lors de cette cérémonie, il a interprété plusieurs titres que le public connaît par cœur : « Moch aam tedhbat mai », « Habibi w bass », « Helwe », « Adda w oudoud », « Kazdoura »… Il a également chanté « Ye sidi insa », son célèbre duo avec l’artiste tunisien Mortadha Fetiti. Rahma Riad l’a rejoint pour interpréter en duo leur chanson sortie il y a deux ans « Me fi ghiri ». Nassif Zeytoun a encore fait preuve de son talent vocal, avec une entrée en mawel pour la plupart de ses titres. Son charisme et sa manière de sympathiser avec les spectateurs rappellent les grandes stars du Liban des générations précédentes comme Ragheb Alama et Wael Kfoury. On a l’impression qu’ils se rejoignent tous sur une même recette qui fait leur notoriété. Le seul inconvénient de son passage, c’est que le public a tenu à reprendre en chœur les tubes, ce qui a frustré ceux qui sont venus écouter Nassif Zeytoun, et a frustré même l’artiste en personne. Mais, globalement, c’est une nouvelle soirée couronnée de succès qui s’ajoute à son parcours.
Il est à noter que le festival de l’ASBU se poursuit jusqu’au 24 septembre, sous le slogan « le rythme de l’image, l’écho du futur ».
Au-delà de cette ouverture prestigieuse, cette édition entend mettre l’accent sur l’innovation, les nouvelles technologies et l’avenir numérique des médias.
Elle réunira 450 participants et 320 productions, dont 161 émissions radiophoniques, 149 programmes télévisés et 10 projets consacrés aux nouveaux médias.
Quatre compétitions, deux officielles et deux parallèles, permettront de récompenser les meilleures productions audiovisuelles arabes. Le programme prévoit également un Salon de la technologie et des équipements à Yasmine Hammamet, un marché de la production ainsi que des débats consacrés au podcast, à l’évolution du rapport entre public et créateurs de contenus et au tourisme médiatique à l’ère numérique. La cérémonie de clôture se tiendra au Théâtre de l’Opéra de la Cité de la Culture, avec la création musicale de Karim Thlibi « Je voyage vers toi et chante » et la remise des prix aux œuvres lauréates des différentes compétitions.






