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Tunisie : jusqu’à 80 % de pertes pour les entreprises liées à la dégradation des infrastructures

  • 23 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Tunisie : jusqu’à 80 % de pertes pour les entreprises liées à la dégradation des infrastructures

La dégradation des infrastructures, le coût élevé de la production et de la logistique, les difficultés d’accès au financement ainsi que le poids de l’économie parallèle constituent, selon l’activiste économique et cofondateur de la société Robobat Africa, Abdelbasset Sammari, autant de facteurs qui freinent le développement et l’investissement en Tunisie.

Intervenant sur Express, Sammari a notamment affirmé que la dégradation des infrastructures entraîne pour les entreprises des pertes pouvant atteindre 60 à 80 %.

Il a souligné que la Tunisie dispose de compétences, mais que l’absence, selon lui, d’une décision politique et d’une vision stratégique claires entrave le processus de développement.

L’activiste économique a également mis en avant le poids des coûts de production et de la logistique, auxquels s’ajoutent les taxes liées aux carburants et aux ports, les coûts d’assurance et de transport international ainsi que les prix du pétrole. Cette accumulation de charges rend, selon lui, le « compter sur soi-même » nécessaire.

Réorienter les financements vers les secteurs productifs

Abdelbasset Sammari a appelé la Banque centrale à orienter davantage les financements vers les secteurs productifs. Il a notamment cité le secteur des phosphates, estimant qu’un investissement de 11 milliards de dinars dans cette activité pourrait permettre à la Tunisie de retrouver une place dans la compétition mondiale.

Il a également critiqué ce qu’il considère comme une pression fiscale excessive de l’État, dans un contexte marqué, selon lui, par l’insuffisance des services et l’absence d’un environnement des affaires suffisamment favorable. Cette situation rendrait la concurrence difficile, voire impossible pour les entreprises, a-t-il estimé.

Sammari a par ailleurs pointé du doigt les procédures administratives traditionnelles, dont la durée peut s’étendre sur plusieurs années. Il considère ces délais comme l’un des principaux obstacles à l’investissement et estime que le ministère des Finances est devenu, selon ses termes, “un obstacle majeur plutôt qu’un soutien”. “Personne ne prend le risque d’investir dans de telles conditions”, a-t-il déclaré.

Les banques et le financement de l’économie

Sur le financement bancaire, Abdelbasset Sammari a estimé que les banques privilégient l’achat de titres de l’État, bénéficiant de rendements garantis, au détriment du financement des projets économiques.

Selon lui, cette orientation réduit les possibilités de financement des entreprises et ne permet pas de soutenir suffisamment une croissance fondée sur l’investissement et la production.

Il a toutefois évoqué plusieurs pistes qui pourraient, selon lui, être mises en œuvre sans entraîner de charges supplémentaires importantes pour l’État.

Parmi ces pistes figure notamment le règlement des dettes croisées entre l’État et les entreprises publiques, citant à titre d’exemple la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE).

Selon ses déclarations, ces créances représenteraient un tiers de la dette publique. Leur apurement permettrait, estime-t-il, de réduire sensiblement les intérêts liés à la dette.

L’économie parallèle et le paiement électronique

Abdelbasset Sammari a également appelé à s’attaquer à l’économie parallèle, qu’il estime à 40 % de l’économie tunisienne.

Pour y parvenir, il préconise notamment la généralisation des systèmes de paiement électronique, alors que le taux d’épargne aurait, selon lui, reculé à 6 %.

Enfin, évoquant l’évolution de l’économie tunisienne, Sammari a affirmé que le taux de croissance aurait cessé de progresser en 2003 et 2004, selon ses propos.

R.I

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R. I

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