Oncologie : De nouveaux traitements capables de transformer le cancer en « maladie chronique »
Le 8e congrès national de la Société Tunisienne d’Oncologie Médicale (STOM) s’est ouvert ce vendredi. Placé sous le signe de l’innovation, cet événement réunit les spécialistes autour des dernières avancées thérapeutiques, de l’approche multidisciplinaire et de l’intégration de l’intelligence artificielle dans le parcours de soins.
« Ensemble, nous innovons pour de meilleurs traitements ». C’est sous ce slogan que se tiennent, de ce vendredi jusqu’à dimanche prochain, les travaux du 8e congrès de la STOM, rassemblant un panel d’oncologues médicaux, de chirurgiens cancérologues et de radiothérapeutes.
L’objectif premier de cette rencontre est de consolider la formation continue des différents praticiens impliqués. Comme l’a souligné Nabil Toumi, Secrétaire général de la STOM, la prise en charge d’un patient atteint de cancer ne repose plus sur un seul spécialiste. Elle exige la synergie d’une équipe pluridisciplinaire réunissant oncologues, chirurgiens, radiothérapeutes, anatomopathologistes et spécialistes en médecine nucléaire, afin de concevoir un projet thérapeutique sur mesure pour chaque patient.
Des traitements de pointe et un nouvel espoir
Les travaux du congrès passent en revue les dernières études cliniques portant sur un large spectre de pathologies : cancers de la vessie et des voies urinaires, de l’appareil digestif, du sein, de l’appareil reproducteur, du thorax, de la tête et du cou, ou encore de la thyroïde.
L’accent est mis sur les méthodes diagnostiques de pointe et les nouveaux traitements à haute efficacité. Grâce aux médicaments innovants, aux thérapies ciblées et à l’immunothérapie, le Dr Toumi affirme que « les médecins sont aujourd’hui capables de guérir une proportion importante de patients ». Ces avancées majeures ont permis de prolonger l’espérance de vie et, dans de nombreux cas, de transformer certains cancers en véritables « maladies chroniques avec lesquelles il est possible de cohabiter ».
La Tunisie à l’heure des technologies de précision
De son côté, le Dr Chiraz Ben Ayed, membre de la STOM, a mis en lumière les progrès réalisés par la Tunisie en matière de diagnostic et de stadification de la maladie. Le pays s’appuie désormais sur des équipements de pointe tels que le TEP-scan (PET scan). Cette technologie, d’une extrême précision, est aujourd’hui opérationnelle dans les hôpitaux publics de Tunis, Sousse et Sfax.
Sur le volet thérapeutique, la chirurgie — pilier historique du traitement — se modernise grâce à la robotique chirurgicale, permettant des exérèses tumorales d’une grande finesse. Parallèlement, la radiothérapie bénéficie d’accélérateurs de dernière génération qui ciblent les tumeurs avec une précision millimétrique, réduisant ainsi considérablement les effets secondaires.
L’Intelligence Artificielle s’invite dans les diagnostics
Soucieux de rester à la pointe des révolutions technologiques, le congrès a dédié un atelier spécifique à l’Intelligence Artificielle (IA). L’IA joue désormais un rôle déterminant dans la facilitation et l’affinage des diagnostics, notamment en radiologie, orientant ainsi de manière décisive le choix du plan thérapeutique le plus approprié.
L’intelligence artificielle fait également une percée dans le diagnostic histologique (anatomopathologie) via des techniques toujours plus sophistiquées. Toutefois, le Dr Ben Ayed a tenu à rassurer : l’intégration de ces technologies en Tunisie se fait « progressivement et avec une extrême prudence quant au respect des données personnelles et de l’intimité des patients ».



