États-Unis – Chine : Trump et Xi conviennent d’une stabilité stratégique constructive
Donald Trump a, selon Reuters, affirmé que la visite de Xi Jinping était un succès avec beaucoup d’accomplissements, et qu’il rencontrerait le président chinois une autre fois en novembre mais cette fois-ci en Chine. Une autre rencontre entre les deux leaders est prévue en décembre au G20 en Floride.
La Presse — Le président chinois Xi Jinping a conclu hier sa visite d’Etat aux Etats-Unis. A son départ de Washington, de hauts responsables du gouvernement américain l’ont accompagné jusqu’à l’aéroport, où une salve de 21 coups de canon a été tirée.
Le président chinois et le président américain sont convenus hier de construire une relation constructive de stabilité stratégique fondée sur le respect, l’équité et la réciprocité. Ce consensus a été atteint lors d’une conversation autour d’un thé à la Maison-Blanche, à laquelle ont participé Xi et son épouse, Peng Liyuan, ainsi que Trump et son épouse, Melania Trump.
Le président chinois a déclaré hier que la Chine et les Etats-Unis devaient explorer une nouvelle approche permettant aux grandes puissances de s’entendre. Les deux pays doivent se comporter en grandes puissances responsables, a-t-il déclaré lors du dîner d’Etat organisé à la Maison-Blanche.
Xi a insisté sur la nécessité pour les deux puissances de «coexister en paix» malgré les divergences. Il a réitéré la mise en garde contre le «piège de Thucydide», le risque de conflit entre une puissance établie et une autre montante. Il a aussi présenté la Chine comme un interlocuteur d’égal à égal des Etats-Unis.
«Le faste, c’était l’idée», dit Ryan Hass, du think-tank Brookings: «Le message consistait à dire que les deux leaders sont capables de gérer efficacement les relations sino-américaines dans des limites tolérables de concurrence. Aucun des deux dirigeants n’attendait grand-chose de l’autre».
Xi a soulevé au cours de ses discussions avec Trump deux préoccupations majeures. Il a espéré que les Etats-Unis traiteraient «avec prudence» la question de Taïwan, a rapporté l’agence Chine Nouvelle. Il a ouvertement demandé que les Etats-Unis «s’opposent» à l’indépendance de Taïwan, que la Chine considère comme faisant partie intégrante de son territoire, et s’éloignent de leur position historique qui est de ne pas la soutenir.
La Chine, partenaire primordial pour l’Iran, s’est toujours opposée à la guerre déclenchée par les Etats-Unis et l’entité sioniste, dont elle subit les effets. Washington voudrait voir Pékin contribuer à faire plier Téhéran. Concernant e dossier, le président chinois a espéré que les Etats-Unis et l’Iran s’entendent «le plus rapidement possible» par la négociation.
La rivalité oppose aussi les Etats-Unis et Chine sur l’intelligence artificielle. Les deux pays leaders ont la «responsabilité de développer et de gérer l’IA pour le bien commun, et de veiller à ce que son développement reste toujours sous contrôle humain», a dit Xi. Trump a au contraire affirmé sur son réseau Truth Social vouloir en rester «exactement au stade actuel» de régulation.
«On est largement d’accord sur les risques liés à l’IA, mais pas sur la manière de les gérer», observe Dylan Loh, de l’Université technologique de Nanyang, à Singapour. «Une profonde méfiance et une concurrence accrue» sur l’IA rendent peu probables des avancées en matière de gouvernance, dit-il.
Trêve commerciale
Prolonger la trêve de la guerre commerciale qui a malmené l’économie mondiale en 2025 était l’un des enjeux du sommet. Le ministre américain des Finances Scott Bessent a annoncé, avant l’arrivée de Xi, que l’objectif était atteint mais seulement jusqu’au 10 janvier.
Xi a salué l’obtention d’un «arrangement», a dit Chine Nouvelle sans plus de précision. Les experts soulignent que cela permet à Trump d’enjamber les délicates élections à mi-mandat en novembre. Certains dans l’administration américaine cherchent à «stabiliser les relations pour l’instant, en attendant que les États-Unis réduisent leur vulnérabilité vis-à-vis de Pékin», dit Jared Mondschein, directeur de recherche au United States Studies Centre de l’université de Sydney.
Mais Mondschein ne croit pas à un «changement profond ou durable dans la dynamique structurelle de la rivalité stratégique». «Les Chinois auraient espéré une prolongation plus longue, mais ils sont aussi réalistes», commente Dylan Loh.
Xi Jinping est arrivé mercredi aux Etats-Unis pour une visite d’Etat de trois jours, la première que le président chinois effectue dans ce pays depuis près de trois ans. Donald Trump a, selon Reuters, affirmé que la visite de Xi Jinping était un succès avec beaucoup d’accomplissements, et qu’il rencontrerait le président chinois une autre fois en novembre mais cette fois-ci en Chine.
(Synthèse de médias)



