Budget 2027 : chaque dollar de hausse du pétrole coûterait 164 MD au budget
La Tunisie ne fait pas face uniquement à un problème de manque de ressources, mais surtout à celui de leur transformation en investissements, en gains de productivité et en emplois, a estimé l’économiste Safouane Ben Aïssa.
Intervenant ce lundi 28 septembre 2026 sur Express Fm, l’économiste a expliqué que la fiscalité, l’endettement, l’épargne et les crédits bancaires doivent davantage contribuer au financement de l’investissement productif et à la création d’emplois.
Abordant les orientations du budget 2027, Safouane Ben Aïssa a souligné que celui ci doit tenir compte de la conjoncture économique nationale et internationale, des recommandations du président de la République ainsi que du plan de développement approuvé par l’Assemblée des représentants du peuple.
Il a toutefois relevé plusieurs contraintes susceptibles de peser sur les équilibres budgétaires, notamment celles liées aux hypothèses retenues pour le prix du pétrole.
Selon l’économiste, chaque hausse d’un dollar du prix du baril par rapport à l’hypothèse retenue dans la loi de finances entraîne un impact brut de 164 millions de dinars sur le budget.
Le secteur pétrolier fortement taxé
Safouane Ben Aïssa a en outre apporté des précisions sur la fiscalité appliquée au secteur pétrolier. Il a indiqué que les compagnies pétrolières supportent un taux d’imposition pouvant atteindre 80 %, estimant qu’il s’agit du niveau de taxation le plus élevé appliqué au secteur pétrolier dans le monde.
Concernant la redevance sur la production pétrolière, il a expliqué que l’État peut la percevoir en numéraire ou sous forme d’une partie de la production. Le niveau de cette redevance est notamment lié à la rentabilité de chaque concession, calculée à partir du rapport entre les revenus nets cumulés et les dépenses cumulées consacrées à la recherche, au développement et à l’exploitation de chaque partenaire.
L’augmentation de cette rentabilité entraîne également, selon l’économiste, une hausse de l’impôt et de la redevance sur les bénéfices, conformément aux tranches prévues par le Code des hydrocarbures.
Des recettes pétrolières sous surveillance
En 2025, les impôts payés par les compagnies pétrolières ont atteint environ 1 milliard de dinars, tandis que les recettes pétrolières non fiscales se sont établies à 374 millions de dinars, selon les chiffres présentés par Safouane Ben Aïssa.
La redevance perçue au titre du transit du gaz algérien a, pour sa part, atteint 1,525 milliard de dinars.
Pour 2026, les hypothèses budgétaires tablaient sur une baisse des impôts acquittés par les compagnies pétrolières à 771 millions de dinars, alors que les recettes pétrolières non fiscales devaient progresser à 471 millions de dinars. La redevance au titre du transit du gaz algérien devait, quant à elle, reculer à 1,159 milliard de dinars.
L’économiste a estimé que le déficit budgétaire supplémentaire ne pouvait pas être déterminé avec précision à ce stade. Il a toutefois évoqué plus de 1,5 milliard de dinars supplémentaires liés à l’effet des variations des prix.
Enfin, Safouane Ben Aïssa a indiqué que si les recettes avaient été programmées à 2,4 milliards de dinars pour 2026, elles devraient dépasser 3,5 milliards de dinars à la fin de l’année, soit plus de 1,1 milliard de dinars supplémentaires par rapport au montant initialement prévu.
R.I



