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Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer : Vivre sainement pour retarder l’apparition de la maladie

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  • 28 septembre 2026
  • 8 min de lecture
Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer : Vivre sainement pour retarder l’apparition de la maladie

La maladie d’Alzheimer constitue un réel problème de santé publique. Elle l’est en raison des quatorze facteurs de risque qui marquent notre mode de vie. Et vu l’importance de prévenir au mieux la précocité de cette maladie, la Cité des sciences de Tunis, en collaboration avec l’Association Alzheimer Tunisie, a organisé samedi dernier une journée d’information et de sensibilisation ayant pour slogan : «Alzheimer : innovation, prévention et accompagnement». Cette rencontre s’inscrit, rappelons-le, dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer en date du 21 septembre. Une table ronde a été organisée en marge du programme pour sensibiliser sur les facteurs de risque modifiables en guise de prévention de la précocité de cette maladie.

La Presse — Il faut savoir, avant toute chose, faire la distinction entre les troubles de la mémoire, lesquels surviennent chez le commun des mortels à n’importe quel âge et qui disparaissent sans dégâts ni séquelles et les prémices de la maladie d’Alzheimer. Si les troubles de la mémoire intriguent la personne dont elle est sujette, la maladie d’Alzheimer, elle, passe inaperçue pour le malade.

Ce dernier ne s’en rend même pas compte. C’est son entourage qui décrypte ses oublis répétitifs et parfois dangereux. La maladie d’Alzheimer ne permet pas aux informations récentes d’être stockées dans la mémoire. Seules les anciennes le demeurent. D’un autre côté, si les troubles de la mémoire sont remédiables, la maladie d’Alzheimer, par contre, est incurable. On ne peut s’attendre à une amélioration du malade et encore moins de sa mémoire.

Qui en est concerné ?

Les spécialistes ont indiqué que la maladie d’Alzheimer touche généralement les séniors âgés de plus de soixante ans. Certains présentent un terrain génétique favorable. Mais dans la majorité des cas, ce sont des facteurs à risque tout à fait modifiables — et donc évitables —  qui sont à l’origine de cette maladie. Le Dr Slim Ben Nessib, gériatre, a indiqué que 60 à 70% des patients présentant des troubles cognitifs sont atteints de la maladie d’Alzheimer. Cette maladie est favorisée par quatorze facteurs de risque modifiables. Plus ces facteurs sont cumulés, plus le risque augmente. Aussi, l’objectif étant de prévenir la précocité de la maladie dès le jeune âge.

La dépression non traitée et ses fâcheuses répercussions

Le gériatre avait réalisé une étude sur un échantillon représentatif de 255 patients touchés par la maladie. Il a réparti ces patients en deux groupes : ceux qui relèvent du milieu rural et ceux qui vivent dans celui urbain. L’idée étant de cerner les facteurs de risque les plus prédominants dans chaque milieu. «L’étude a démontré que les facteurs propres au milieu urbain sont la pollution, la malnutrition, la sédentarité, l’obésité et un taux de cholestérol élevé. Dans le milieu rural, les facteurs de risque sont le faible niveau d’instruction et l’isolement social.

Néanmoins, il existe un facteur commun aux deux milieux, à savoir la dépression  lorsqu’elle n’est pas traitée. Sur les 255 patients enquêtés, 93% présentent trois facteurs de risque cumulés et 70% présentent plus de cinq facteurs cumulés», a-t-il indiqué. Et d’expliquer que tous les facteurs sont bel et bien modifiables et, par conséquent, évitables. «Il faut miser sur la santé physique, mentale et sociale. Si nous maîtrisons la situation, nous pourrons retarder la maladie de dix ans. Dès sa jeunesse et avant l’apparition des maladies chroniques, il convient de prendre les mesures de prévention nécessaires et opter pour une bonne hygiène de vie. Il faut aussi, poursuit-il, être à l’écoute de son organisme et traiter les problèmes de santé qui sembles négligeables, sans retard».

Le sel, le sucre, le gras et… l’inflammation !

Parmi les facteurs de risque redoutables figure la mauvaise nutrition. Le Pr Leila Alouane, nutritionniste et présidente de l’association Alzheimer Tunisie, a situé  la question dans un contexte plus vaste et plus logique. C’est que toutes les mesures de précaution contre les maladies chroniques passent par une bonne nutrition. «L’institut national de la consommation avait publié une étude montrant que 92% des Tunisiennes cuisinent, quotidiennement. Paradoxalement, 90% des Tunisiens mangent dans les restaurants et dans les fast-foods.

C’est que, pour eux, une nourriture délicieuse doit, systématiquement, être bien salée, grasse, sinon sucrée. Le Tunisien est accro de ces trois critères. Or, ces mêmes critères constituent les causes principales à l’inflammation, laquelle est responsable de tous les maux. Parallèlement, poursuit-elle,  les Tunisiens ne consomment plus de fruits et de légumes. Ils préfèrent plutôt les aliments transformés. Du coup, 37% d’entre eux souffrent d’anémie. Ce pourcentage pourrait être double en réalité…». La nutritionniste tire la sonnette d’alarme.

Elle recommande le changement des habitudes alimentaires en restituant la place des fibres ( fruits et légumes ) et des sels minéraux dans nos assiettes. Certes, certains aliments ne sont plus accessibles à tout le monde. Pour les poissons, à l’exception de la sardine, par exemple, les prix sont hors budget. Toutefois, il est toujours possible de choisir les aliments les plus sains. «On a tendance à penser que le choix des aliments manque, faute de moyens. Mais en réalité, les Tunisiens ne savent pas choisir ce qui est sain. Ils optent pour une boisson gazeuse au lieu du lait, des chips au lieu des tomates…Il convient de tabler sur les aliments sains non transformés car, plus l’intestin contient des résidus chimiques, plus l’axe reliant le côlon au cerveau est altéré», renchérit Pr Alouane.

Pour rester en bonne santé, il est recommandé d’opter pour une bonne hygiène de vie. La spécialiste de la nutrition a rappelé qu’il est toujours possible de se rattraper en rompant avec les mauvaises habitudes comme le tabagisme, l’alcoolisme, la sédentarité, la malbouffe, etc. Elle a lancé un appel insistant aux adultes afin qu’ils préparent leur retraite pour éviter la dépression et pour réapprendre à vivre et à vieillir sainement.

La dégradation auditive n’est pas une fatalité

Le Pr Chiraz Halouani, ORL à l’hôpital militaire, a parlé de la dégradation auditive à l’âge adulte et avancé et son impact redoutable sur l’évolution de la maladie d’Alzheimer. En effet, les adultes perdent jusqu’à 30% de leur capacité auditive avec l’âge. Ces pertes atteignent 40% chez les séniors, ce qui renforce l’isolement et creuse l’écart de la communication. «La réduction auditive constitue en elle-même l’un des facteurs de risque de l’Alzheimer. Elle est de surcroit en association avec d’autres facteurs aggravants. Or, il faut comprendre qu’elle n’est pas une fatalité et qu’il est toujours possible de remédier à cette atteinte sensorielle via le port de prothèses. Finalement, ces appareils sont similaires aux lunettes de correction visuelle dans la mesure où ils servent à améliorer la qualité de vie », explique-t-elle.

Pour un appui familial infaillible

Par ailleurs, lutter contre l’isolement social des séniors relève principalement du rôle de l’entourage familial du sujet âgé. Mme Leatitia Fraoua, psycho-géréantologue, psychopraticienne et sexologue, a saisi l’occasion pour appeler les familles à être attentives quant aux changements de comportement du sujet âgé et à y remédier via un appui affectif et communicationnel ininterrompu. Elle a également focalisé l’intérêt sur la gestion du stress et les pistes de communication avec le malade d’Alzheimer. Elle a rappelé que le sujet âgé peut être confronté à un grand stress, à un stress permanent sinon à un stress traumatique, lié à un deuil ou à une série de deuils.

Les polytraumatismes doivent être pris au sérieux pour éviter au proche de succomber à la dépression et de sombrer dans l’isolement et l’absence de communication. Elle a insisté sur l’impératif de traiter la dépression à tout âge et de ne pas négliger sa santé mentale.

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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