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Ils ont dit

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  • 29 septembre 2026
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Ils ont dit

Fethi Zouhaier Nouri, gouverneur de la BCT

La Presse — « Il est temps de passer d’une logique de résilience à une logique de création de richesse. Dans cette perspective, il est nécessaire d’accélérer le rythme de réalisation des projets et des investissements. Deux grands chantiers structurent cette ambition : le développement du secteur du phosphate et celui des énergies renouvelables. La Tunisie a tenu ses engagements et fait preuve de résilience face aux chocs climatiques et géopolitiques. Elle doit désormais relancer l’investissement privé, tout en continuant à préserver la stabilité du taux de change et le niveau des réserves en devises. La Tunisie dispose d’un potentiel important et de nombreux projets ambitieux, et la qualité de la coopération avec la Banque mondiale et la Société financière internationale peut contribuer à leur concrétisation, notamment dans les infrastructures, le financement et l’internationalisation des entreprises tunisiennes ».

Mohamed Salah Souilem, ancien directeur général de la politique monétaire à la BCT

« L’économie tunisienne commence progressivement à sortir d’une période difficile, mais la croissance reste insuffisante au regard de notre potentiel. Il faut aujourd’hui relancer l’investissement, notamment l’investissement public, afin de stimuler l’investissement privé, accélérer la croissance et améliorer les recettes fiscales de l’État. Le taux d’investissement, qui dépassait 20 % auparavant, est tombé à environ 15 %, alors qu’il devrait atteindre au moins 25 %. Cette situation est d’autant plus importante que la dette publique, qui représentait environ 40 % du PIB en 2010, dépasse aujourd’hui les 80% et pourrait atteindre 85 % en 2026, tandis qu’une grande partie du budget est absorbée par les salaires, le service de la dette et les subventions. Il est donc nécessaire de diversifier les sources de financement et de réévaluer notre modèle économique pour retrouver un rythme de croissance plus soutenu. La loi de finances 2027 devra notamment tenir compte de trois variables essentielles : la croissance, le prix du pétrole et le taux de change. La hausse des cours du pétrole par rapport à l’hypothèse budgétaire pourrait alourdir considérablement la facture énergétique et exercer une pression supplémentaire sur les finances publiques. Par ailleurs, le déficit commercial, qui atteint déjà environ 18 milliards de dinars au cours des huit premiers mois de 2026, pourrait se creuser davantage si la tendance actuelle se poursuit. Malgré ces contraintes, l’économie tunisienne a démontré sa capacité de résistance face aux différents chocs. La priorité est désormais de renforcer cette résilience, d’améliorer le climat des affaires et de mobiliser les financements nécessaires pour favoriser l’investissement et attirer davantage les investisseurs tunisiens et étrangers »

Houssem Eddine Touiti, directeur général de la concurrence et des enquêtes économiques au ministère du Commerce

« Des baisses de prix devraient prochainement concerner plusieurs produits de consommation, notamment le riz, certains produits d’hygiène corporelle et des produits de nettoyage. Pour le riz, les difficultés liées au conditionnement ont été surmontées et environ 7.000 tonnes de riz en vrac sont actuellement disponibles et en cours de conditionnement. Dès le début de la semaine prochaine, plus de 100 tonnes de riz conditionné devraient être injectées quotidiennement sur le marché, tandis que les prix appliqués au riz relevant de l’Office tunisien du commerce seront maintenus. Les stocks sont disponibles et les opérations d’approvisionnement se poursuivent sur les marchés internationaux, notamment pour le sucre et le blé. Un programme renforcé de distribution de sucre démarrera également la semaine prochaine, avec la mise sur le marché de 3.000 tonnes destinées à la consommation familiale ».

Lotfi Ben Aïssa, universitaire et expert en économie sociale et solidaire

« La Tunisie est aujourd’hui confrontée à une équation particulièrement difficile : alléger la pression fiscale sans fragiliser les ressources de l’État ni compromettre ses engagements sociaux. La pression fiscale se situe autour de 25,5 % et atteint environ 35,5% lorsque l’on intègre les cotisations sociales. Or, chaque point de pression fiscale représente environ 470 millions de dinars, ce qui signifie que toute baisse des prélèvements doit nécessairement être accompagnée de nouvelles sources de financement. Le problème ne réside toutefois pas uniquement dans le niveau de la fiscalité, mais aussi dans sa répartition. Les impôts indirects représentent une part importante des recettes fiscales et pèsent sur la consommation, tandis que l’effort fiscal reste concentré sur certaines catégories de contribuables et certaines sources de revenus. Il faut donc élargir l’assiette fiscale plutôt que de réduire mécaniquement les prélèvements de ceux qui sont déjà dans le circuit organisé. Cela passe notamment par une meilleure intégration de l’économie informelle, le renforcement de la lutte contre l’évasion fiscale et l’accélération de la numérisation de l’administration fiscale. Il est également nécessaire d’assurer davantage de stabilité dans les règles fiscales, car les changements successifs d’une loi de finances à l’autre créent de l’incertitude pour les entreprises et compliquent leurs décisions d’investissement. L’objectif doit être de mieux répartir l’effort fiscal, de mobiliser de nouvelles ressources et de préserver la capacité de l’État à financer ses engagements, tout en améliorant le climat économique et en favorisant l’investissement ».

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Saoussen BOULEKBACHE

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