Maladie d’Alzheimer : les facteurs de risque varient selon le lieu de vie en Tunisie
Les facteurs de risque associés à la maladie d’Alzheimer ne se manifestent pas de la même manière en milieu urbain et rural en Tunisie, selon une étude réalisée par le médecin compétent en gériatrie, Dr Slim Ben Nessib, auprès de 255 patients présentant des troubles neurocognitifs.
Intervenant au cours d’une conférence intitulée « Alzheimer : innovation, prévention et accompagnement » organisée samedi dernier par la cité des sciences à Tunis en collaboration avec l’association Alzheimer Tunisie, Dr Ben Nessib a indiqué que son étude a été axée sur les troubles neurocognitifs qui représentent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, dans un contexte de vieillissement démographique.
Selon cette étude, la maladie d’Alzheimer représentait 68 % des diagnostics recensés dans cette cohorte, devant la maladie à corps de Lewy (21 %) ainsi que les démences vasculaires et fronto-temporales.
Présentée en avril 2026 aux Journées Vieillissement et Maintien de l’Autonomie à Tours, en France, l’étude visait à identifier les principaux facteurs associés aux troubles neurocognitifs chez les personnes âgées tunisiennes et à analyser leur répartition selon le milieu de vie.
Les résultats mettent en évidence un profil multifactoriel, marqué notamment par la dépression, l’hypertension artérielle, l’inactivité physique, l’isolement social, l’hypercholestérolémie, le diabète, le faible niveau d’éducation, la mauvaise alimentation et le tabagisme. Le cumul des facteurs apparaît particulièrement important : 93 % des patients présentaient au moins trois facteurs de risque et 64 % en cumulaient au moins cinq.
L’analyse fait également ressortir des différences entre les milieux urbain et rural. La mauvaise alimentation, l’inactivité physique et certains facteurs liés au profil lipidique étaient davantage représentés en milieu urbain, tandis que l’hypertension et le diabète figuraient parmi les facteurs cardio-métaboliques particulièrement présents en milieu rural. Le faible niveau d’instruction et l’isolement social étaient également plus fréquents en milieu rural, alors que l’exposition chronique à la pollution atmosphérique était davantage observée en milieu urbain. Les symptômes dépressifs étaient, en revanche, comparables dans les deux milieux.
Ces résultats plaident, selon le Dr Ben Nessib, en faveur d’une prévention précoce et multifactorielle du déclin cognitif, prenant en compte les facteurs cardiovasculaires, l’activité physique, l’alimentation, l’éducation, les déterminants sociaux et l’environnement. L’étude, transversale et monocentrique, permet toutefois d’identifier des associations sans établir de lien de causalité entre les facteurs étudiés et les troubles neurocognitifs.
Il convient de rappeler que Dr Slim Ben Nessib est également l’auteur de l’ouvrage « Comment vivre avec un parent atteint de maladie d’Alzheimer ? » publié en 2019, consacré à l’information et à l’accompagnement des familles confrontées à la maladie.
Ses travaux ont également porté sur la qualité de vie des personnes atteintes d’Alzheimer vivant à domicile et sur la perte d’indépendance fonctionnelle des patients tunisiens.
Une communication consacrée à la qualité de vie du malade Alzheimer vivant à domicile avait reçu, en 2018, le prix de la meilleure communication affichée sur la maladie d’Alzheimer, lors du Congrès international francophone de gériatrie et de gérontologie.
Formateur auprès de l’Association Alzheimer Tunisie depuis 2010, Dr Ben Nessib participe notamment à la formation des aidants familiaux et professionnels ainsi qu’aux actions d’information et de sensibilisation.



