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Kiosque international

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  • 30 septembre 2026
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Algérie : Les points de vigilance du FMI 

La Presse — Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 3,8 % pour l’économie algérienne en 2026, contre 3,9 % en 2025. Ce léger ralentissement intervient dans un contexte marqué par des déficits budgétaires et extérieurs élevés, une hausse de la dette publique et une baisse progressive des réserves internationales, selon les conclusions de la consultation au titre de l’article IV publiées le 21 septembre 2026.

Le déficit budgétaire devrait atteindre 9,6 % du PIB en 2026, après 10,5 % en 2025, puis 10,2 % en 2027. Il resterait élevé à moyen terme, à 8,7 % du PIB en 2030 et 2031. La dette publique passerait ainsi de 53,2 % du PIB en 2026 à 60,4 % en 2027, avant d’atteindre 79 % en 2031.

Sur le plan extérieur, les réserves officielles brutes devraient reculer de 51 milliards de dollars en 2025 à 46,5 milliards en 2026, puis à 41 milliards en 2027 et 19,8 milliards en 2031. Leur couverture des importations passerait de 8,6 mois en 2025 à 8,1 mois en 2026, puis à seulement 3,3 mois en 2031.

Le financement par la Banque centrale devrait, pour sa part, représenter 5,5 % du PIB en 2026, contre 3,7 % en 2025. Le FMI recommande de limiter ce financement aux circonstances exceptionnelles et de préserver la stabilité des prix.

À moyen terme, la croissance ralentirait à 3,1 % en 2027 puis à 2,9 % en 2031. Le FMI estime toutefois que les recettes tirées des hydrocarbures offrent à court terme une possibilité de reconstituer les marges de manœuvre budgétaires et extérieures. Il préconise parallèlement une consolidation progressive des finances publiques, une mobilisation accrue des recettes hors hydrocarbures, une réforme des subventions et la poursuite de la diversification de l’économie.

Maroc : Les réserves de change en hausse

Les avoirs officiels de réserve du Maroc devraient poursuivre leur progression au cours des deux prochaines années, malgré le creusement attendu du déficit commercial.

Selon les projections de Bank Al-Maghrib, ils atteindraient 502,8 milliards de dirhams (Mmdh) à fin 2026, avant de grimper à 515,3 MMDH en 2027, soit l’équivalent de cinq mois et demi d’importations de biens et services. À fin juillet 2026, ils s’élevaient déjà à 497,98 Mmdh, en hausse de 22,7 % sur un an.

Cette progression intervient dans un contexte de dégradation du compte courant, dont le déficit devrait passer de 2,4% du PIB en 2025 à 4,6 % en 2026, avant de revenir à 3 % en 2027.

Le déficit commercial s’est, pour sa part, établi à 244,69 Mmdh à fin juillet, en hausse de 26,5% sur un an, avec des importations en progression de près de 16 %, contre 8,4% pour les exportations.

L’évolution des réserves bénéficie toutefois de plusieurs sources de devises. Les exportations de services ont atteint 193,38 Mmdh à fin juillet, dégageant un excédent de 95,48 Mmdh.

Les recettes voyages ont progressé de 13,4 %, à 79,01 Mmdh, tandis que les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont augmenté de 8,1 %, à 74,79 Mmdh.

Les flux nets d’investissements directs étrangers (IDE) ont également progressé, atteignant 29,47 Mmdh à fin juillet. BAM table ainsi sur une poursuite de la hausse des réserves, soutenue par les recettes de services, les transferts des MRE, les IDE et les financements extérieurs.

Afrique : Le dividende de résilience face aux chocs mondiaux

Malgré sa forte dépendance aux importations énergétiques, l’Afrique a mieux résisté que prévu aux récents chocs mondiaux, notamment au conflit au Moyen-Orient et aux perturbations liées au détroit d’Ormuz. Le continent importe environ 80 % de son pétrole et la moitié de ses produits raffinés.

Pourtant, les pénuries sont restées limitées. La Banque africaine de développement estimait en mars qu’un conflit de plus de six mois ne réduirait que de 0,2 point la croissance africaine en 2026.

Cette capacité à maintenir les systèmes essentiels, malgré la rupture d’un circuit d’approvisionnement, de financement ou de transport, constitue, selon la 11e édition de l’« Africa Risk-Reward Index », le « dividende de résilience ».

Publié le 22 septembre 2026 par « Control Risks » et « Oxford Economics Africa », le rapport souligne que les États et les entreprises africains développent des alternatives après les chocs successifs du Covid-19, de la guerre en Ukraine et du recul de l’aide extérieure.

Cette résilience repose notamment sur la production locale. Au Nigeria, la production d’urée a quadruplé depuis 2020 et la raffinerie « Dangote » a atteint une capacité de 650.000 barils par jour. L’Éthiopie développe également sa production d’engrais, tandis que le Maroc diversifie ses sources de soufre.

Le rapport souligne, toutefois, que la pérennité de ce dividende dépendra de la mobilisation de l’épargne, du renforcement des infrastructures, de la maîtrise de la dette et de la capacité à absorber les chocs climatiques et commerciaux.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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