Nouvelle éclaircie pour le phosphate tunisien
LE secteur des phosphates constitue pour la Tunisie, à la fois, une locomotive — du moins théoriquement et logiquement — de l’économie nationale et un véritable casse-tête quant à sa mise effective sur les rails.
En effet, alors que notre pays ambitionne de retrouver son rang de leader mondial en la matière, la production de phosphate peine à retrouver son rythme de croisière pour des raisons, souvent, indépendantes de la volonté des autorités compétentes, pourtant mues par une grande volonté de bien faire et de maintenir les diverses unités dans un état optimal de fonctionnement.
Et c’est le cas, tout récemment, de l’unité de production n°1 du complexe chimique de Mdhilla qui est restée inactive quatre mois durant, ce qui a affecté sérieusement la production d’engrais phosphatés sur le site. D’où le grand soulagement ressenti suite à la reprise des activités en ce 30 septembre, sachant que ledit site s’est retrouvé face à des difficultés, voire à l’impossibilité d’approvisionnement en vapeur industrielle qui représente un élément nécessaire à la remise en fonction de plusieurs installations du complexe.
Le redémarrage de ladite unité constitue, par voie de conséquence, une bonne nouvelle pour le Groupe chimique tunisien en vue de répondre aux besoins du marché local, plus précisément en triple superphosphate (TSP), sachant que ces besoins pour la saison agricole sont évalués à plus de 45 mille tonnes.
Or maintenant que les dernières difficultés viennent d’être surmontées, il est nécessaire pour les responsables concernés de prendre les devants afin de prévenir de pareils obstacles dans le secteur, appelé à se maintenir dans un état de viabilité indispensable à la bonne marche de cette branche industrielle vitale pour l’économie du pays et pour les dizaines de milliers de citoyens qui vivent grâce aux subsides de cette activité aussi bien dans les régions qu’à l’échelle nationale.
Autrement dit, il est impératif de se placer dans le préventif pour éviter ce genre d’interruption au sein des sites de production, hautement préjudiciable à la nation et à bon nombre de Tunisiennes et Tunisiens, d’où l’obligation de redoubler d’efforts en vue d’une coordination plus étroite pour réussir une exploitation maximale du projet de Mdhilla dans le gouvernorat de Gafsa et qualifié d’essentiel pour le développement socioéconomique national et régional, surtout qu’il devrait générer, selon les études établies, une production de 400 mille tonnes TSP et 180 mille tonnes d’acide phosphorique par an ainsi qu’un chiffre d’affaires de l’ordre de plus de 520 millions de dinars.
Ainsi, une fois les obstacles levés et avec la stabilisation sociale, l’Etat table sur une relance de la filière permettant d’atteindre plus de neuf millions de tonnes par an d’ici à 2035 et reprendre le leadership de la Tunisie grâce à un rôle de premier plan au niveau international.



