SITE 2026 : Ali Kanzari propose le programme « Citoyenneté énergétique » pour équiper gratuitement un million de foyers en panneaux solaires
Le président de la Chambre nationale du photovoltaïque, Ali Kanzari, a indiqué que la quatrième édition du Salon international de la transition énergétique a enregistré une grande affluence, considérant que cette densité de la participation et la diversité des thèmes abordés, mettent l’accent sur l’importance du sujet particulièrement à la lumière des difficultés qu’a connues le système électrique durant la période estivale.
Kanzari a expliqué que la Tunisie est à présent appelée à accélérer la recherche de solutions pratiques qui lui permettent d’éviter les coupures électriques surtout face au retard enregistré dans la réalisation de certaines centrales de production dépendant du gaz naturel, d’autant plus que les investissements majeurs que requièrent ces projets demeurent manquants. A ce titre, il a présenté les énergies renouvelables, en particulier l’énergie photovoltaïque, comme des solutions rapides, notamment à travers le développement de grandes centrales adossées à des systèmes de stockage. Il a signalé que les participants au salon s’emploient à élaborer une feuille de route pratique fixant les mesures à prendre à court, moyen et long termes. « Il s’agit d’un ensemble de recommandations qui permettraient à la Tunisie d’atteindre un meilleur équilibre entre la production d’électricité et la demande », a-t-il indiqué. Et d’ajouter que l’édition actuelle a enregistré la participation d’environ 70 exposants, dont 10 startups œuvrant dans le domaine de l’énergie et auxquelles une participation gratuite a été accordée pour exposer leurs technologies et leurs produits.
Le programme « Citoyenneté énergétique »
Kanzari a également révélé un programme intitulé « Citoyenneté énergétique », qui vise à équiper un million de familles tunisiennes en systèmes d’énergie solaire de façon gratuite. « Cette proposition repose sur l’installation d’environ 200 000 systèmes solaires par an sur une période de cinq ans, au profit des familles dont la consommation est inférieure à 100 kWh par an. Ceci permettrait d’économiser environ 400 milliards par an, au niveau des coûts de subvention, tandis que le coût global du projet est estimé à environ 2 000 milliards », indique-t-il. Kanzari a affirmé que le citoyen ne supportera pas le coût d’installation du système, qui se compose de panneaux solaires, d’onduleur et de compteur s’il n’y a pas un mécanisme de financement ou une contribution de la part des banques et du Fonds de transition énergétique. Il a dans ce même sens précisé que la Tunisie compte environ un millier d’entreprises qualifiées pour l’installation de ces systèmes, et qui seraient à même de mettre en place ce programme annuel de citoyenneté énergétique. « Ceci contribue à la fois à dynamiser le secteur et à soutenir les entreprises opérant dans le domaine de l’énergie solaire », note-t-il.
Atténuer la pression sur le réseau électrique
Kanzari a par ailleurs insisté sur l’importance de l’adoption des batteries pour le stockage de l’énergie solaire produite durant la journée et son utilisation pendant les heures de pointe nocturnes. Il a considéré que le stockage peut contribuer à atténuer la pression sur le réseau électrique et donc à réduire le recours au délestage. « Le citoyen qui installe un système solaire ne doit pas supporter seul la responsabilité de fournir la batterie, étant donné que son utilisation peut aider la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à atténuer la pression sur le système de production et de distribution », a-t-il estimé. Dans ce contexte, il a appelé à l’annulation des taxes imposées sur les batteries, signalant que l’ensemble des taxes relatives à la douane, à l’environnement et à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) peut atteindre environ 50 % du coût. « Une batterie d’une capacité de 5 kWh peut voir son coût atteindre environ 7 000 dinars, alors qu’il peut être réduit à 3 000 ou 3 500 dinars en cas d’annulation de ces taxes », a-t-il justifié tout en proposant que le Fonds de transition énergétique contribue au financement ».
Système d’autoconsommation pour le secteur industriel
Kanzari a également appelé à réviser le plafond fixé pour l’autoconsommation d’énergie pour les entreprises industrielles, estimé actuellement à 30 %. « Le fait d’élever ce plafond permettra aux entreprises d’installer de plus grandes capacités d’énergie photovoltaïque et d’en tirer profit pour couvrir leurs besoins en électricité », explique-t-il. L’intervenant a en outre fait part de l’écart entre le coût de production de l’électricité et son prix d’achat auprès des producteurs, appelant à réviser les mécanismes de tarification de manière à rendre l’investissement dans l’énergie solaire plus rentable pour le secteur industriel.
Révision des taxes
Le président de la Chambre nationale du photovoltaïque a dans cet ordre d’idées lancé un appel au gouvernement, au Parlement et au Conseil national des régions et des districts, dans le cadre de la loi de finances, afin de réviser les taxes imposées sur les équipements de transition énergétique, particulièrement les panneaux solaires, les batteries et les onduleurs. Il a considéré que le coût des taxes représente l’un des facteurs qui retardent l’investissement et la réalisation des projets d’énergies renouvelables, affirmant que leur baisse est de nature à accélérer le rythme de la transition énergétique en Tunisie.
Voitures électriques et valorisation des déchets
Kanzari a également indiqué la nécessité de développer le secteur des véhicules électriques à travers le renforcement du réseau de stations de recharge. « Ce domaine ne prospère pas encore alors qu’il mérite toute sa place au sein du système de transition énergétique », dit-il. Il a également appelé à la valorisation des déchets et de la biomasse, signalant la présence d’environ deux millions de tonnes de déchets qui peuvent être exploités dans le domaine industriel et la production d’énergie.
Il a conclu en mettant l’accent sur la nécessité de passer de la phase des propositions à l’élaboration d’une feuille de route claire et d’une stratégie opérationnelle, comprenant des mesures applicables à court, moyen et long termes, permettant ainsi à la Tunisie d’accélérer la transition énergétique, de réduire le coût de l’énergie et la pression sur le système électrique.



