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Journées musicales de Carthage : La musique, un droit pour tous, au cœur de la 11e édition

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  • 4 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Journées musicales de Carthage : La musique, un droit pour tous, au cœur de la 11e édition

« Comment la musique peut-elle changer la vie d’une personne ? » : cette question était au cœur du spectacle d’ouverture, samedi soir à la salle de l’Opéra de la Cité de la culture à Tunis, de la 11e édition des Journées musicales de Carthage (JMC), placée sous le signe de l’inclusion et de l’impact humain de la musique.

La cérémonie s’est déroulée en présence notamment de la ministre des Affaires Culturelles, Amina Srarfi, de plusieurs ambassadeurs et représentants de missions diplomatiques, ainsi que d’artistes et de musiciens.

« La musique est un droit pour tous », a déclaré Srarfi à l’agence TAP, soulignant le choix du ministère d’ouvrir la nouvelle saison culturelle avec les JMC. Elle a salué la volonté des organisateurs d’élargir la participation internationale, permettant au public tunisien de découvrir une diversité de styles musicaux venus de plusieurs pays.

La ministre a également souligné l’importance de l’interprétation en langue des signes, introduite lors de cette édition afin de permettre à un public plus large d’accéder aux spectacles.

L’ouverture a ainsi accordé une place importante à l’inclusion, avec une interprétation en langue des signes, des invitations imprimées en braille pour des personnes malvoyantes et la mise à disposition de dispositifs d’audiodescription permettant aux spectateurs non-voyants de suivre les mouvements et les différentes séquences du spectacle.

Le directeur des JMC, Mondher Falah, a indiqué que le festival entendait dépasser le cadre traditionnel d’une manifestation culturelle pour devenir un espace de rencontres et de collaborations entre artistes et professionnels du monde entier, mais aussi une plateforme permettant aux jeunes créateurs de se faire connaître et de développer leur carrière.

Cette 11e édition met particulièrement l’accent sur les partenariats internationaux et réunit des artistes, professionnels et journalistes venus de plus de 15 pays.

Le patrimoine musical tunisien à l’honneur

Le spectacle d’ouverture a débuté par une séquence consacrée à la musique populaire tunisienne, mêlant notamment les rythmes du bendir et du mezoued.

La performance était accompagnée de projections évoquant plusieurs éléments du patrimoine architectural tunisien, notamment la céramique, la mosquée Zitouna et les toits de la médina de Tunis, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

Des tableaux chorégraphiques mêlant danse traditionnelle et contemporaine ont également mis en valeur la richesse du patrimoine immatériel tunisien, avec notamment le port de vêtements traditionnels, dont le « marioul Fadhila », ainsi que la présence de la poterie dans l’une des séquences.

Le directeur des JMC a par ailleurs présenté le programme « JMC dans les régions », qui prévoit de sélectionner trois projets artistiques émergents et de leur offrir une tournée dans plusieurs régions tunisiennes.

L’initiative vise notamment à renforcer les partenariats avec les délégations régionales, les festivals, les associations et le secteur privé.

La musique comme thérapie

L’un des moments forts de la soirée a été le témoignage de l’artiste Ahmed Letaïem sur le rôle de la musique dans la vie de personnes confrontées à des situations difficiles.

L’artiste a notamment raconté l’histoire de son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, qui avait perdu une grande partie de ses souvenirs mais continuait à reconnaître les mélodies et les paroles des chansons qu’il aimait.

« La musique le ramenait vers nous », a témoigné l’artiste, expliquant que le chant lui permettait de retrouver calme et souvenirs malgré les effets de la maladie.

Cette histoire était également liée aux JMC, où son père avait assisté au premier spectacle de son fils en 2015, puis à un autre en 2021, avant de décéder deux ans plus tard.

Ahmed Letaïem a ensuite interprété avec le public la chanson « Al-Leil ya Leila », accompagné au guitare par Aymen Ben Attia.
Hommage à Yasser Jeradi et Mohamed Gharfi

La soirée a également rendu hommage à deux figures disparues de la scène musicale tunisienne.

Les artistes Gaïth Jouini et Sami Ben Saïd ont interprété une version instrumentale de « Dima Dima », célèbre chanson du défunt Yasser Jeradi. Gaïth Jouini a notamment joué de l’harmonica, instrument auquel il a consacré une partie de son parcours artistique et qu’il souhaite porter sur la scène internationale.

Un hommage a également été rendu au compositeur Mohamed Gharfi à travers la projection d’un film réalisé par Lotfi Bahri, retraçant son parcours artistique et ses contributions à la musique arabe, notamment sa collaboration avec la chanteuse disparue Dhikra Mohamed.

Le public a par ailleurs découvert le nouveau programme « JMC Jazz Camp », dont la première édition sera consacrée à la formation musicale, ainsi que la programmation des différents concerts et spectacles de cette édition.

La soirée s’est achevée avec le concert du groupe « Dendri », spécialisé dans la musique stambeli, marquant symboliquement le lancement de la programmation artistique de cette 11e édition.

Les JMC se poursuivent jusqu’au 10 octobre, avec des concerts, des rencontres professionnelles et des activités de formation, réunissant des expériences artistiques venues de 15 pays, dont la Tunisie.

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Auteur

La Presse

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