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Yémen – bombardements sur la capitale Sanaa : Les Houthis font état d’une vingtaine de raids saoudiens

  • 4 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Yémen – bombardements sur la capitale Sanaa : Les Houthis font état d’une vingtaine de raids saoudiens

Les bombardements semblent avoir touché plusieurs sites militaires contrôlés par les Houthis. Après les frappes sur Sanaa, des flammes et de la fumée se sont élevées hier d’une installation appartenant au géant pétrolier saoudien Aramco, au sud de la capitale du royaume.

La Presse — Une série de violentes explosions a secoué hier Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les Houthis, alors que la chaîne de télévision al-Masirah, dirigée par les Houthis, a fait état de 26 frappes aériennes saoudiennes sur la ville, dans un contexte d’escalade brutale du conflit dans le pays. Les Houthis avaient déjà accusé l’Arabie saoudite d’avoir bombardé Sanaa dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 octobre.

Plus de sept explosions ont été entendues à travers Sanaa en l’espace de peu de temps, ont témoigné hier des habitants auprès de Xinhua, ajoutant que l’on pouvait entendre le bruit d’avions militaires au-dessus de leurs têtes tandis que les déflagrations ont secoué plusieurs quartiers de la ville.

Selon eux, les bombardements semblent avoir touché plusieurs sites militaires contrôlés par les Houthis, des panaches de fumée ayant été aperçus en train de s’élever des zones montagneuses d’Al-Nahdaïne et de Jabal Attan, situées dans différents quartiers de Sanaa.

Dans le même temps, al-Masirah a confirmé que Sanaa avait été touchée par des frappes aériennes hier samedi, les qualifiant «d’agression saoudienne», mais n’a pas immédiatement fourni de détails concernant les cibles ou d’éventuelles victimes. L’Arabie saoudite n’a pas immédiatement commenté les allégations des Houthis.

Ces frappes sur Sanaa interviennent alors que le conflit au Yémen connaît l’une de ses plus fortes escalades depuis des années, avec des combats intenses qui s’étendent à tout le sud-ouest du pays et la reprise des attaques de missile, de drone et aériennes, ravivant les hostilités directes entre les Houthis et l’Arabie saoudite.

Après les frappes sur Sanaa, des flammes et de la fumée se sont élevées hier d’une installation appartenant au géant pétrolier saoudien Aramco, au sud de la capitale du royaume, Riyad, a constaté un journaliste de l’AFP. Les Houthis n’ont jusque-là pas revendiqué d’attaque sur ce site, et les autorités saoudiennes n’ont pas communiqué dans l’immédiat sur l’incendie, dont les causes et les circonstances demeurent floues.

Préoccupations d’une grave escalade

D’après le site d’information américain Axios, citant trois responsables américains, les principaux membres du cabinet du président Donald Trump se sont réunis vendredi à Camp David pour discuter des prochaines étapes de la guerre avec l’Iran et du conflit au Yémen. Les appels de Riyad à une aide internationale, notamment de la part de son allié américain, ont pour l’instant été infructueux.

Pour sa part, le porte-parole de l’Organisation des Nations unies, Stéphane Dujarric, avait exprimé jeudi sa profonde préoccupation face à l’escalade militaire persistante au Yémen et à ses lourdes conséquences pour les civils dans le pays et dans la région.

Cité par le Centre d’actualités de l’ONU, Dujarric a déclaré lors de son point de presse quotidien que l’organisation internationale avait reçu des informations faisant état d’une intensification des combats dans le gouvernorat de Ta’izz, dans le sud-ouest du Yémen.

Il a précisé que l’Envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, poursuivait ses contacts étroits avec le gouvernement yéménite et les milices Houthies afin de les exhorter à prendre des mesures visant à prévenir toute nouvelle escalade.

Dujarric a renouvelé l’appel des Nations unies à toutes les parties yéménites pour qu’elles respectent leurs obligations au regard du droit international humanitaire et s’abstiennent de mener des attaques visant les civils et les infrastructures civiles.

Le conflit yéménite a débuté fin 2014 lorsque les Houthis se sont emparés de la capitale, Sanaa, et d’une grande partie du nord du Yémen, ce qui a poussé une coalition menée par l’Arabie saoudite à intervenir en mars 2015 pour soutenir le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Après une offensive éclair en septembre, les Houthis se sont emparés du littoral sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb. Ce détroit a gagné en importance depuis que la navigation sur le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique, connaît de fortes restrictions imposées par l’Iran fin février après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.

La dernière offensive terrestre menée par les Houthis a fait des centaines de morts et aggrave la crise humanitaire que traverse le pays. La crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, menace de devenir « absolument dévastatrice », a averti vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU.

(Synthèse de médias)

Auteur

Nizar Hajbi

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