A la une Actualités Economie

Budget 2027 : le service de la dette devrait reculer à environ 20 milliards de dinars

Avatar photo
  • 5 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Budget 2027 : le service de la dette devrait reculer à environ 20 milliards de dinars

La Tunisie devrait disposer d’une marge de manœuvre plus importante en 2027, comparativement aux trois années précédentes, notamment grâce à une baisse attendue des pressions liées au remboursement de la dette, estime l’analyste financier Bassem Enneifer.

Dans un entretien accordé à l’Agence TAP, il a indiqué que le service de la dette en 2027 devrait être inférieur à celui de 2026 et se rapprocher des niveaux enregistrés en 2023. Il devrait se situer, selon ses estimations, autour de 20 milliards de dinars.

Cette évolution devrait permettre à la Tunisie de disposer d’une marge de manœuvre plus confortable sur le plan financier, même si les hypothèses retenues pour le budget 2027 devront tenir compte de l’évolution de la conjoncture internationale, notamment des prix du pétrole.

Une année difficile pour les finances publiques

Selon Bassem Enneifer, l’élaboration des projets de loi de finances et de budget de l’État pour 2027 intervient après une année difficile pour les finances publiques. Il explique cette situation notamment par les répercussions des évolutions géopolitiques régionales sur les prix des hydrocarbures, particulièrement le pétrole et le gaz, ainsi que par les conséquences du conflit russo-ukrainien.

Cette hausse des prix des hydrocarbures a notamment pesé sur la facture de compensation des carburants en Tunisie.

En l’absence de données chiffrées définitives, l’analyste estime que les dépenses consacrées à la compensation pourraient dépasser celles inscrites dans le projet de budget de l’État pour 2026, les hypothèses ayant évolué en raison de la situation géostratégique mondiale.

Il estime ainsi que le projet de loi de finances pour 2027 devrait avant tout chercher à corriger les déséquilibres accumulés au niveau des finances publiques, plutôt qu’à introduire des mesures majeures ou des changements de grande ampleur.

Un service de la dette estimé à 20 milliards de dinars

Concernant le service de la dette, Bassem Enneifer s’appuie notamment sur le niveau du service de la dette intérieure prévu pour cette année, estimé à environ 6.460 millions de dinars.

Ce montant comprend 3.043 millions de dinars au titre des bons du Trésor à long terme, environ 1.300 millions de dinars au titre des bons du Trésor à court terme, ainsi que près de 1.650 millions de dinars correspondant au remboursement des échéances des emprunts obligataires nationaux.

Pour la dette extérieure, l’analyste prévoit qu’elle ne dépassera pas 5 milliards de dinars en 2027, soit un niveau inférieur à celui inscrit pour 2026.

Sur cette base, il estime que la Tunisie connaîtra en 2027 une baisse des pressions liées au remboursement de la dette par rapport aux trois années précédentes.

Un prix du pétrole à revoir à la hausse

Bassem Enneifer souligne toutefois que les hypothèses du prochain budget devront intégrer les évolutions de la conjoncture mondiale, notamment celles concernant le prix du baril de pétrole.

Il propose, à ce titre, de retenir pour 2027 un prix du baril de Brent supérieur à celui utilisé dans les hypothèses du budget 2026.

L’analyste estime également que le volume de la compensation pourrait augmenter dans le prochain projet de budget, compte tenu des orientations sociales de l’État et du maintien des prix de certaines matières premières à des niveaux élevés sur les marchés internationaux, en particulier le blé.

Cette situation devrait se traduire, selon lui, par une hausse des dépenses budgétaires en 2027.

Le déficit budgétaire sous les 6 %

Sur le front du déficit budgétaire, Bassem Enneifer table sur un niveau inférieur à 6 % en 2027, contre 6,4 % attendus pour l’ensemble de l’année en cours, selon un rapport de l’agence de notation Fitch.

Le financement du déficit devrait continuer à reposer principalement sur les ressources propres, notamment à travers la poursuite du recours à l’emprunt intérieur, dans un contexte où le recours à l’endettement extérieur pour financer le budget demeure difficile.

En cas d’obtention de financements extérieurs, ceux-ci seraient principalement destinés, selon l’analyste, au financement des projets.

L’investissement public devrait s’améliorer

Bassem Enneifer s’attend par ailleurs à une amélioration de l’investissement public en 2027, notamment à travers la concrétisation des projets inscrits dans le Plan de développement quinquennal 2026-2030.

Il estime toutefois que le volume des financements publics consacrés à ces projets ne devrait pas être particulièrement important.

Les projets de loi de finances et de budget pour 2027 s’inscrivent, rappelle-t-il, dans la deuxième année d’exécution du plan de développement quinquennal. Ils devraient ainsi permettre de traduire dans le budget les programmes et projets prévus par ce plan.

Pas de nouvelles taxes attendues

Sur le plan fiscal, l’analyste financier ne prévoit pas l’introduction de nouvelles mesures fiscales ou de nouveaux impôts dans

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page