La Première ministre italienne Giorgia Meloni a déposé une demande auprès de l’EUIPO pour faire de sa voix une marque, afin de se prémunir contre les deepfakes générés par l’IA. Une façon de rappeler que, même lorsqu’elle est fabriquée par une machine, une voix peut rester une affaire très personnelle et désormais, potentiellement, une affaire de propriété intellectuelle.
Giorgia Meloni a demandé à l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) de protéger sa voix en tant que marque sonore, selon des documents consultables lundi 5 octobre 2026 et confirmés par son bureau. La demande est en cours d’examen et, si elle est acceptée, la protection s’appliquera dans les 27 États membres de l’Union européenne.
Le dossier comprend un enregistrement de quatre secondes dans lequel la Première ministre prononce deux fois « Io sono Giorgia Meloni », soit « Je suis Giorgia Meloni ». Cette phrase, titre de son autobiographie publiée en 2021, avait également été prononcée lors d’un meeting politique en 2019. La demande couvre notamment les contenus multimédias téléchargeables, les activités culturelles et l’organisation de manifestations politiques.
Une telle protection ne permettrait pas d’empêcher techniquement la création de deepfakes vocaux, mais pourrait offrir des arguments juridiques supplémentaires contre certaines utilisations non autorisées de sa voix. Les outils d’intelligence artificielle permettent aujourd’hui de reproduire très fidèlement la voix de personnalités publiques et de leur faire prononcer des propos qu’elles n’ont jamais tenus.
Giorgia Meloni a déjà été victime de contenus truqués. En 2024, elle a engagé une action civile contre un homme de Sardaigne accusé d’avoir créé des images pornographiques utilisant son visage. L’affaire est toujours en cours devant un tribunal italien.
D’autres personnalités italiennes ont également entrepris des démarches pour protéger leur identité vocale, notamment la chanteuse Giusy Ferreri et le comédien de doublage Luca Ward. Avec sa demande auprès de l’EUIPO, Giorgia Meloni cherche ainsi à faire de sa voix, l’un des marqueurs les plus reconnaissables d’une personnalité publique, un actif juridiquement protégé.



