Ligne TGM : la belle et la bête
De grâce, il faut arrêter la circulation du train bleu sur la ligne Tunis-La Goulette-La Marsa (TGM) dans la banlieue nord. Ce n’est plus un train, mais un tas de ferraille ambulant, dont les rames semblent tout droit sorties d’un western. Des soudures de fortune remplacent les verrous des portes d’entrée, des portes ne se referment plus, des sièges en piteux état. Bref, tout ce qu’il faut pour décourager les usagers de prendre le train.
Il est urgent de retirer ces rames de la circulation, d’autant qu’elles nuisent à l’image du pays. En effet, certains touristes qui empruntent cette ligne pour se rendre à Sidi Bou Saïd s’étonnent de leur vétusté, n’hésitent pas à les photographier et à poster les clichés sur les réseaux sociaux. Nul besoin d’être sorcier pour deviner ce que ces images disent de nous.
Certes, le renouvellement du matériel roulant du train de la banlieue nord (TGM) a déjà franchi une étape décisive, mais il faudra encore patienter jusqu’en 2028. Le 10 juillet, la Société des transports de Tunis (Transtu) a signé avec un constructeur chinois un contrat pour l’acquisition de 18 rames électriques neuves destinées à cette ligne. D’un montant d’environ 75 millions d’euros, financé à parts égales par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), ce marché prévoit l’arrivée des premières rames début 2028.
Les rames actuelles sont déjà en état de dégradation avancée. Qui peut garantir qu’elles tiendront jusqu’en 2028 ?
Rappelons que le « train bleu » circule depuis le début des années 1980. Il approche donc les quarante-cinq ans de service, bien au-delà de sa durée d’exploitation normale, et il roule toujours. Hélas, il fait aujourd’hui plus de mal que de bien.
Autre point qu’il nous incombe de signaler: dans certaines stations, l’absence d’élagage des arbres cause une grande gêne aux voyageurs. Les branches qui frottent contre les rames provoquent un vacarme assourdissant et mettent même en danger la sécurité des usagers.
En attendant 2028, il faudra se passer du train bleu et assurer temporairement la desserte de cette ligne par des bus. Mais de grâce, qu’on cesse de faire rouler ces rames fantômes qui portent un grave préjudice à l’image du pays. Le train le plus hideux ne peut plus circuler sur la plus belle ligne.



