Société

Gestion des risques : un système précoce d’alertes multirisques bientôt à la Manouba

  • 6 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Gestion des risques : un système précoce d’alertes multirisques bientôt à la Manouba

Lors d’une réunion de la Commission régionale de prévention, de lutte contre les catastrophes et d’organisation des secours de la Manouba, tenue hier soir, une délégation d’experts relevant de la Banque mondiale et d’un bureau d’études français, a présenté un exposé sur les résultats de l’assistance technique à même de soutenir un système précoce d’alerte multirisques. 

Il s’agit d’un projet de système qu’on a prévu de mettre en place dans le cadre du Programme intégré de résilience contre les catastrophes. Ce projet est financé en partenariat entre la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), avec une contribution du gouvernement tunisien. 

Cette démarche intervient après la sélection du gouvernorat de la Manouba, de différents gouvernorats du Grand Tunis, de Ghardimaou (gouvernorat de Jendouba) et du gouvernorat de Kebili comme zones pilotes expérimentales pour l’instauration de ce système. Et ce, en s’appuyant sur la diversité de leurs caractéristiques géographiques et climatiques ainsi que sur la disparité de leurs risques hydrométéorologiques. Représentant des défis majeurs pour la gestion des infrastructures urbaines, ces risques nécessitent justement une planification pour la sécurité publique et la santé de la population et constituent l’objectif d’implantation d’un système d’alerte précoce capable de protéger les habitants, l’économie et les acquis du développement. 

Analyse et examen

Durant cette séance, tenue sous la présidence du gouverneur de la Manouba, Mahmoud Chouaïb, et en présence d’un représentant de l’Office national de la protection civile, du directeur régional de la protection civile à la Manouba ainsi que des différents membres de la commission régionale, on a procédé à la présentation de l’accompagnement du Grand Tunis et à celle de l’assistance technique. A l’issue de la séance, les participants ont discuté des conclusions de l’appui qui consiste en l’élaboration d’un plan d’action apte à améliorer et à renforcer le système d’alerte précoce sur les sites pilotes désignés. 

L’on a également débattu de l’importance de la mise en place de ce système dans la mesure où il représente une méthode optimale pour l’analyse des risques et la lutte contre les catastrophes naturelles en Tunisie. Et ce, dans l’objectif de l’installer dans nombre de villes tout en collaborant avec le bureau d’études français chargé de la mission. Le plan d’amélioration stratégique du système a également été présenté, définissant ses orientations principales ainsi que ses priorités à court, moyen et long termes. La séance a également servi pour une réflexion sur les mesures à prendre afin de renforcer la coordination interinstitutionnelle. 

Plan stratégique 

Sur le plan stratégique les intervenants se sont basés sur les données locales et les spécificités régionales pour mettre en place un plan reposant sur cinq piliers fondamentaux. Il s’agit notamment de la connaissance des risques à travers l’établissement de cartographies ; l’identification des points de vulnérabilité et des catégories exposées ; la préparation via le renforcement des plans d’urgence, la formation des acteurs locaux et la sensibilisation de la population ; l’observation et la détection en utilisant des appareils de détection, les technologies satellitaires et les systèmes de surveillance en temps réel ; la diffusion des alertes et des mesures locales à travers le développement des canaux de communication, l’implication des médias et l’organisation de simulations ; ainsi que le soutien de l’cadre institutionnel et législatif par la révision des textes, la clarification des responsabilités et l’unification des procédures entre les différents intervenants.

A noter que le Programme intégré de résilience contre les catastrophes, conduit par la Commission interministérielle de gestion stratégique, repose sur 4 axes liés aux infrastructures (ponts, routes, etc.), aux systèmes d’alerte précoce, aux assurances post-catastrophes, ainsi qu’au cadre juridique de la structure permanente du Fonds de lutte contre les catastrophes. Ces axes visent à renforcer la capacité de la Tunisie à faire face aux catastrophes naturelles. Et ce, en intégrant des outils modernes d’observation et de prévision pour des phénomènes diversifiés tels que les inondations, les feux de forêts, les vagues de chaleur extrême, les tempêtes de sable et les chutes de neige. 

Il est également à noter qu’en coopération avec la Banque mondiale, un contrat a été conclu avec le bureau d’études français pour prêter main-forte et soutenir la Commission technique nationale pour l’installation du système d’alerte précité et pour exécuter la phase d’évaluation des risques hydrométéorologiques dans les trois zones pilotes. Et ce, afin de fournir les méthodologies et les approches scientifiques précises permettant de définir la méthodologie nationale d’évaluation des impacts des risques météorologiques et hydrologiques en Tunisie. 

 

Auteur

S. R

You cannot copy content of this page