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Tunisie-Turquie : les acteurs de l’automobile à la recherche de nouveaux partenariats

  • 6 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Tunisie-Turquie : les acteurs de l’automobile à la recherche de nouveaux partenariats

Le secteur automobile s’impose comme l’un des axes de développement des relations économiques entre la Tunisie et la Turquie. Des entreprises turques et tunisiennes opérant dans l’automobile et les pièces détachées se sont réunies à Tunis dans le cadre d’un forum d’affaires consacré à l’identification de nouvelles opportunités commerciales, industrielles et d’investissement.

Organisé par l’Association des exportateurs de l’industrie automobile d’Uludağ (OİB), le forum a réuni des entreprises turques du secteur automobile ainsi que des sociétés tunisiennes spécialisées notamment dans l’importation et le commerce de gros.

La délégation commerciale sectorielle turque comptait 15 hommes d’affaires représentant 12 entreprises. Des rencontres bilatérales ont permis d’examiner des possibilités de coopération dans plusieurs segments, notamment les composants automobiles, les pièces détachées, les filtres, les capteurs, les joints d’étanchéité, les roulements et les accessoires de fixation.

La Tunisie comme plateforme vers l’Europe et l’Afrique

Prenant la parole lors de l’ouverture du forum, l’ambassadeur de Turquie en Tunisie, Ahmet Misbah Demircan, a appelé les investisseurs turcs à considérer la Tunisie au-delà de son seul marché intérieur.

Il a notamment présenté le pays comme une plateforme de production et d’approvisionnement susceptible de faciliter l’accès aux marchés européens et africains.

Selon lui, le potentiel de la Tunisie ne doit pas être évalué uniquement à l’aune de ses quelque 10 millions d’habitants, mais également à travers ses relations commerciales avec les marchés européens et africains.

L’ambassadeur a estimé qu’une production réalisée exclusivement en Turquie ne suffisait pas pour renforcer la position du pays dans la compétition internationale, soulignant la nécessité pour les entreprises d’être présentes directement sur les marchés ciblés.

Dans ce contexte, il a évoqué la possibilité pour les entreprises turques de réaliser en Tunisie des opérations d’assemblage ou de production à petite échelle afin d’accéder ensuite aux marchés de pays tiers.

Ahmet Misbah Demircan a également indiqué qu’environ 300 entreprises opèrent dans le secteur automobile en Tunisie, générant plus de 120.000 emplois.

Il a appelé les entreprises turques à développer des partenariats durables avec les importateurs et distributeurs tunisiens, tout en explorant les possibilités d’investissement et de production conjointe.

117 millions de dollars d’exportations turques vers la Tunisie

Pour sa part, Leon Kalma, membre du conseil d’administration de l’Association des exportateurs de l’industrie automobile d’Uludağ, a indiqué que les exportations automobiles turques vers la Tunisie avaient atteint 117 millions de dollars en 2025, dont 43 millions de dollars au titre des composants et pièces automobiles.

À destination du Maroc, ces exportations ont atteint 690 millions de dollars, dont 377 millions de dollars de produits issus de l’industrie des équipements et composants.

Selon Leon Kalma, la Tunisie et le Maroc constituent des marchés importants pour l’industrie automobile turque en Afrique du Nord. Le secteur connaît toutefois d’importantes mutations, sur fond de défis liés notamment aux matières premières, aux chaînes d’approvisionnement et à l’accès au financement.

L’industrie automobile turque entend ainsi préserver sa compétitivité en misant sur la production à forte valeur ajoutée et sur le renforcement de sa présence sur les marchés internationaux.

La Tunisie mise sur les partenariats industriels

La vice-présidente de la Chambre de commerce et d’industrie de Tunis, Najah Ben Abdessalem, a, de son côté, souligné le potentiel de développement des relations économiques tuniso-turques.

Elle a notamment mis en avant les atouts de la Tunisie dans les industries mécaniques et électriques, ainsi que son expertise technique et sa main-d’œuvre qualifiée.

Les discussions ont porté sur plusieurs domaines, dont les composants et pièces automobiles, les systèmes de freinage, les systèmes de transmission et de suspension, ainsi que les véhicules commerciaux et les équipements spécialisés.

Najah Ben Abdessalem a souhaité que les rencontres entre opérateurs des deux pays permettent d’aller au-delà des échanges commerciaux pour favoriser davantage de partenariats industriels, de transferts de savoir-faire, d’investissements et d’initiatives dans l’innovation.

Les entreprises turques cherchent de nouveaux clients

Le directeur général d’Otoplus, Fatih Kaya, a indiqué que la participation de son entreprise au forum visait à consolider les relations avec ses clients actuels en Tunisie et à en conquérir de nouveaux.

Il a précisé que les exportations du secteur automobile turc vers la Tunisie dépassaient 120 millions de dollars par an, les entreprises cherchant désormais à accroître davantage ce volume.

De son côté, Omar Çakir, responsable du développement des produits et des ventes chez SKT, a expliqué que l’objectif était de transformer les liens historiques entre la Tunisie et la Turquie en relations commerciales plus concrètes, tout en développant la clientèle et les exportations turques.

Il a fait état de premiers échanges positifs, les entreprises tunisiennes ayant manifesté un intérêt pour les produits présentés.

Fondée à Bursa en 1955, SKT est spécialisée notamment dans la fabrication de joints d’étanchéité pour arbres tournants. L’entreprise dispose de plus de 30 points de service agréés en Turquie et exporte ses produits vers plusieurs marchés internationaux.

R.I

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R. I

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