Zlecaf : Tunis abrite la première conférence régionale «SME Booster»
Du 6 au 9 octobre, une rencontre régionale majeure dédiée à l’accompagnement des petites et moyennes entreprises (PME) d’Afrique du Nord aura lieu à Tunis.
Organisé par le secrétariat de la Zlecaf, cet événement marque une étape clé pour transformer les accords de libre-échange en opportunités concrètes et renforcer l’intégration économique du continent.
La Presse — Réunissant des représentants du secteur privé, des PME et des structures d’appui à l’exportation venus de Tunisie et de plusieurs pays d’Afrique du Nord, cette conférence inédite vise à mieux faire connaître et maîtriser les dispositions de l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). C’est la première fois qu’une réunion de ce type, ciblant directement les PME et leurs écosystèmes d’accompagnement, est organisée par le Secrétariat de la Zlecaf dans la région nord-africaine.
De l’accord théorique à la réalité économique : le défi des PME
Pour Samir Abid, ministre du Commerce, qui a présidé l’ouverture des travaux, cette rencontre confirme que la Zlecaf a définitivement dépassé le simple cadre juridique :
«Elle est devenue, progressivement, un mécanisme concret pour générer des échanges, renforcer les partenariats et ouvrir de nouvelles perspectives aux entreprises africaines afin qu’elles s’intègrent dans les chaînes de valeur continentales. C’est là le véritable défi auquel nous sommes confrontés aujourd’hui : passer de l’accord à l’action, des textes aux échanges, et du potentiel existant à une valeur économique réelle».
«C’est là le véritable défi auquel nous sommes confrontés aujourd’hui : passer de l’accord à l’action, des textes aux échanges, et du potentiel existant à une valeur économique réelle dont bénéficieront le secteur privé et le citoyen africain», a souligné le ministre précisant que «dans ce processus, les PME revêtent une importance particulière, car elles constituent une composante essentielle du tissu économique de nos pays et possèdent une capacité avérée à créer des emplois, innover et se développer sur les marchés».
«C’est dans cette optique que nous considérons que le succès de la Zone continentale ne se mesurera pas uniquement au nombre d’États ayant ratifié l’accord, mais bien à notre capacité à permettre à nos entreprises de s’en saisir et tirer un profit réel des avantages qu’il offre», a-t-il ajouté.
«La Tunisie a été parmi les premiers pays à signer et à ratifier l’accord, et a figuré parmi les huit premiers États à rejoindre l’Initiative de commerce guidé en octobre 2022, témoignant ainsi de sa volonté d’entamer concrètement les échanges commerciaux dans le cadre de la Zone continentale.
Notre pays a rempli les conditions et procédures requises, une démarche couronnée par l’émission du premier certificat d’origine en mai 2023», a rappelé le ministre-précisant qu’après plus de deux ans d’utilisation du cadre continental, le nombre d’opérations commerciales réalisées dans le cadre de l’accord a dépassé les 400 transactions — tant à l’export qu’à l’import — avec plusieurs pays ayant, tout comme la Tunisie, commencé à tirer parti de ce dispositif».
Soulignant que le cadre juridique et les opportunités existent ; le ministre a souligné que «notre responsabilité commune, aujourd’hui, est d’élargir l’usage de ces mécanismes et de les transformer en une dynamique commerciale et économique accrue».
Les relations de la Tunisie avec l’Afrique constituent un choix stratégique constant de sa politique économique et commerciale, a encore rappelé Samir Abid, ajoutant que «la Tunisie continue de soutenir les initiatives qui rassemblent le secteur privé africain et lui offrent des espaces de rencontre, de mise en réseau et de création de partenariats.
Parmi ces initiatives majeures figurent les Rencontres d’affaires tuniso-africaines, dont la quatrième édition se tiendra les 9 et 10 décembre 2026, ainsi que la première édition du Salon «Africa First Expo», que la Tunisie accueillera du 5 au 7 novembre 2026 sous le slogan «Consommez africain».
À travers ces initiatives, nous aspirons à faire de la Tunisie une plateforme de liaison économique et commerciale entre les entreprises africaines et à contribuer à l’édification d’un marché africain plus interconnecté et plus dynamique, a-t-il encore affirmé.
Comme l’a détaillé Bochra Lajmi, directrice de la coopération économique et commerciale au ministère du Commerce (chargée de la coopération avec l’Afrique), après un peu plus de deux ans d’utilisation, le pays a franchi un cap important :
« Nous avons dépassé les 534 opérations commerciales, tant à l’export qu’à l’import, avec de nombreux pays comme le Cameroun, le Ghana, la Tanzanie, l’Afrique du Sud ou le Nigéria».
Mme Lajmi a également souligné qu’une étude récente menée par le Cepex révèle un potentiel considérable encore inexploité pour les entreprises tunisiennes, en particulier en Afrique de l’Ouest (Cameroun, Côte d’Ivoire, Sénégal).
Le programme «SME Booster» : combler l’écart opérationnel
Avec un marché continental qui rassemble désormais une cinquantaine d’États signataires, soit plus de 1,4 milliard de consommateurs et un PIB combiné d’environ 400 milliards de dollars américains, les instruments institutionnels sont en place. Pourtant, les défis pratiques restent nombreux pour les entrepreneurs.
C’est tout l’enjeu rappelé par Cynthia E. Gnassingbé-Essonam, directrice de la mobilisation du secteur privé et de la communication à la Zlecaf :
«L’intégration africaine ne deviendra une réalité que lorsqu’elle se transformera en opportunités concrètes pour les entreprises. Une entreprise doit savoir tirer profit de tous les mécanismes, comprendre les règles d’origine, financer sa commande, transporter son produit et trouver un acheteur».
C’est précisément pour combler cet écart entre le potentiel théorique et la capacité réelle des entreprises à commercer que le programme «SME Booster» a été déployé. Au-delà de simples formations ponctuelles, le dispositif propose un accompagnement global de la PME tout au long de son parcours d’exportation, a-t-elle souligné.
Pour démultiplier cet impact, le Secrétariat s’appuie sur les structures d’appui locales — chambres de commerce, agences de promotion des investissements et associations professionnelles —, car ces relais de proximité sont les seuls capables d’accompagner efficacement des centaines, voire des milliers d’entreprises dans leurs écosystèmes respectifs.
La Tunisie, carrefour d’une Afrique entreprenante et solidaire
Dans un contexte économique mondial marqué par l’incertitude et la complexité, les intervenants ont plaidé d’une seule voix pour une mutualisation accrue des forces africaines. L’Afrique dispose de ressources immenses et d’une jeunesse talentueuse ; il appartient désormais aux gouvernements de simplifier les procédures et de fluidifier la circulation des biens, tandis que le secteur privé doit saisir ces opportunités à bras-le-corps.
S’inscrivant pleinement dans cette vision stratégique, la Tunisie s’affirme plus que jamais comme un pont économique naturel entre le nord et le sud du continent. Le pays s’apprête d’ailleurs à accueillir de grands rendez-vous d’affaires incontournables, à l’instar de la quatrième édition des Rencontres d’affaires tuniso-africaines (les 9 et 10 décembre 2026) et de la première édition du Salon «Africa First Expo» (du 5 au 7 novembre 2026 sous le mot d’ordre «Consommez africain»).



