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Industrie automobile : Le secteur amorce un nouveau virage

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  • 8 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Industrie automobile : Le secteur amorce un nouveau virage

Portée par l’essor de la mobilité électrique, l’industrie automobile tunisienne amorce une profonde transformation. Diversification des investisseurs, montée en gamme des compétences et émergence de start-up spécialisées dans les nouvelles mobilités, le secteur se réinvente et attire désormais de nouveaux acteurs.

La Presse —Entre électro-mobilité et normes environnementales de plus en plus exigeantes, l’industrie automobile surfe sur la tendance à l’électrification. Ce changement majeur, qui a bouleversé le marché automobile mondial, n’est pas sans effet sur les acteurs locaux du secteur.

Aujourd’hui, l’industrie connaît de profondes transformations qui touchent non seulement son modèle, longtemps basé essentiellement sur la sous-traitance et la fabrication de composants, mais qui, de surcroît, insufflent une nouvelle dynamique avec l’émergence d’une nouvelle génération de start-up et d’investisseurs faisant de la mobilité électrique leur cœur de métier.

Ce sont, en somme, les principaux constats soulignés par la directrice générale de la Tunisian Automotive Association (TAA), Fatma Kolsi, qui a mis l’accent sur l’intérêt que suscite aujourd’hui le site tunisien auprès de nouveaux investisseurs, notamment asiatiques. « La première transformation que connaît aujourd’hui l’industrie automobile tunisienne concerne l’origine des investisseurs.

Actuellement, des investisseurs asiatiques potentiels, notamment chinois, mais aussi coréens et taïwanais, et, depuis quelques semaines, indiens, (car le prochain géant en devenir dans notre secteur, c’est l’Inde) ont manifesté leur intérêt pour s’installer en Tunisie. Au cours de l’année dernière, nous avons accompagné trois délégations chinoises qui ont la particularité de s’installer rapidement», a-t-elle fait remarquer.

Une offre diversifiée et adaptée 

Kolsi a ajouté que le deuxième type de transformation est lié à la nature même des investissements. Historiquement, les constructeurs et équipementiers automobiles s’intéressent à la Tunisie comme site de sous-traitance. Aujourd’hui, les entreprises sont davantage à la recherche de compétences, notamment dans le domaine du powertrain development (développement du groupe motopropulseur), mais également dans le testing et la validation des logiciels embarqués dans les véhicules, a-t-elle ajouté. Évoquant le marché de la mobilité électrique, qui connaît aujourd’hui un développement soutenu, Kolsi a expliqué que de jeunes acteurs sont parvenus, depuis quelques années, à s’imposer sur ce nouveau segment, à se développer et même à s’internationaliser. Des deux-roues aux véhicules destinés aux personnes à mobilité réduite, les gammes proposées sont diversifiées et surtout adaptées aux contextes tunisien et africain. Pour Kolsi, ces acteurs constituent aujourd’hui un nouvel écosystème à  favoriser et encourager.

Les start-up Pixii Motors (qui fabrique des motos électriques destinées à la mobilité urbaine), Infinite Mobility (spécialisée dans la micromobilité propre et la conception de véhicules légers alimentés à l’énergie solaire), Hawkar (qui a conçu des véhicules électriques pour les personnes à mobilité réduite), ou encore Bako Motors, qui vient d’exporter ses premiers lots vers l’Europe, sont, selon la directrice de TAA, autant de preuves de cette nouvelle dynamique qui gagne progressivement en ampleur.

« Il faut savoir que toutes ces solutions sont tunisiennes et directement déployables. La TAA, qui a fait de la transition énergétique l’un des principaux axes de son action cette année, appelle les institutions publiques à jouer le jeu, à devenir les premiers acheteurs», a-t-elle précisé.

Kolsi a, par ailleurs, ajouté que le marché africain, très tourné vers la mobilité électrique, est aujourd’hui dans le viseur des acteurs tunisiens, qui proposent des solutions adaptées aux spécificités et aux besoins de ce marché.

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Auteur

Marwa Saidi

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