JMC – Le métier de compositeur de musique de film : Selim Arjoun, le sculpteur des émotions
Selon lui, « la musique doit raconter autre chose que les images ». Le processus de création est simple. Il démarre par une discussion avec le réalisateur qui lui confie son projet après le montage. « On collabore beaucoup sur la vision de ce qu’on veut transmettre, sur la psychologie du personnage en sculptant le rythme émotionnel ».
La Presse — Comment créer une musique de film ? Une question qui préoccupe les compositeurs et à laquelle répond Selim Arjoun, compositeur, pianiste et producteur musical lors d’un panel autour du «Métier de compositeur de film» qui s’est tenu dans le cadre de la 11e édition des Journées musicales de Carthage (JMC) qui se déroule du 3 au 10 octobre 2026 à la Cité de la culture. Cet événement offre une perspective unique sur la profession musicale dans l’industrie cinématographique. Accompagné de trois membres du Collectif Blue Warm Records, Selim Arjoun a abordé les défis artistiques et techniques inhérents à la création des bandes originales. Les participants ont partagé leur expertise professionnelle concernant la collaboration avec les réalisateurs. Evoquant son expérience dans ce domaine, Selim Arjoun dit «accompagner le réalisateur à trouver une identité sonore et musicale de son film». Le parcours artistique du compositeur a débuté dès l’âge de 9 ans en s’intéressant tout d’abord à la musique classique, puis à l’âge de 15 ans, il s’est orienté vers la composition. Un rêve qu’il s’est attaché à réaliser en suivant un cursus académique d’abord à l’école de cinéma Isamm, puis à l’ESAC. Il a commencé ses premières armes avec un court métrage «Apnée» d’Insaf Arafa (sélectionné aux JCC), «j’y ai mis toute mon énergie», se souvient-il. Il s’est fait repérer par les professionnels dont Lassaâd Oueslati qui a fait appel à lui pour son feuilleton télévisé «Harga», puis Mehdi Hemili le charge de composer la musique de son film «Atyef». Par la suite, il s’est envolé vers le Moyen-Orient pour enfin s’installer en France où il a créé son propre label. Actuellement, il dispose à son actif de 40 œuvres entre séries, feuilletons et films. Outre son parcours académique, Arjoun a avoué avoir appris les ficelles du métier sur le terrain. Ses références sont notamment la musique classique et romantique, principalement Chopin dont il est un grand admirateur et la musique des films de Western dont il s’est inspiré pour le feuilleton «Matbaâ» de Mehdi Hemili diffusé au mois de Ramadan 2026. Selon lui, «la musique doit raconter autre chose que les images». Le processus de création est simple. Il démarre par une discussion avec le réalisateur qui lui confie son projet après le montage. «On collabore beaucoup sur la vision de ce qu’on veut transmettre, sur la psychologie du personnage, en sculptant le rythme émotionnel». Les instruments de création de la musique, Arjoun les choisit en amont «afin de créer une identité sonore qui doit s’accorder avec le scénario tout en préservant la signature du compositeur», indique-t-il, soulignant le rôle central des ingénieurs du son et des techniciens dans la valorisation de la création musicale.



