3e édition du Salon national des arts plastiques au MACAM-Tunis : Au-delà du nombre, l’enjeu de la qualité
Organisée sous la tutelle du ministère des Affaires culturelles, la 3e édition du Salon national des arts plastiques se tiendra du 17 octobre au 12 décembre 2026 au Musée national d’art moderne et contemporain (Macam-Tunis), à la Cité de la culture.
La Presse — Selon un communiqué publié par le musée sur ses réseaux sociaux, le vernissage aura lieu le samedi 17 octobre à 17h00. Cette exposition collective réunira 94 artistes, avec l’idée d’offrir un aperçu de la diversité des pratiques et des expressions plastiques sous nos cieux.
Initialement programmée du 13 juin au 13 juillet 2026, la manifestation a été reportée à l’automne. La prolongation des inscriptions jusqu’au 31 juillet dernier visait à permettre à un plus grand nombre d’artistes tunisiens, établis dans différentes régions du pays ou à l’étranger, de soumettre leur candidature.
Lancée en juin 2025 à la Maison des Arts du Belvédère, la première édition de cet événement avait réuni 64 artistes, diplômés ou autodidactes, posant les bases d’un panorama destiné à donner une visibilité nationale aux plasticiens tunisiens. La deuxième édition, accueillie en janvier 2026 au Macam-Tunis, avait élargi cette participation à plus de 75 artistes issus de 15 gouvernorats. Prolongée jusqu’en mars, elle avait également ouvert un espace de réflexion sur les enjeux contemporains de la création, notamment à travers des colloques consacrés à des questions, telles que le droit d’auteur à l’épreuve du développement de l’intelligence artificielle.
Avec cette 3e édition, le Salon poursuit ainsi son implantation au sein du paysage artistique national, en réunissant des artistes issus de différentes disciplines et en offrant une nouvelle vitrine à la création plastique tunisienne.
Si un tel rendez-vous est essentiel pour donner un aperçu de la création visuelle tunisienne et dresser, à travers elle, un état des lieux des pratiques et des tendances qui traversent la scène artistique, sa portée ne saurait toutefois se mesurer au seul nombre de participants. L’enjeu est aussi de rendre compte de la diversité des démarches, de la singularité des recherches et de la qualité des propositions.
Cela suppose une exigence curatoriale à la hauteur de cette ambition, aussi bien dans la sélection des œuvres que dans leur présentation. La scénographie et la mise en espace ne peuvent être réduites à une simple disposition des travaux et doivent répondre à une réflexion cohérente, pensée en amont, capable de faire dialoguer les œuvres, de révéler leurs particularités et de donner au public les clés d’une lecture d’ensemble. Car au-delà de la participation, c’est la qualité du regard porté sur la création contemporaine qui déterminera la véritable portée de ce salon.
À cela on peut ajouter un autre enjeu, celui de la communication autour de l’événement, indispensable pour lui assurer une visibilité à la hauteur de ses ambitions et attirer un public plus large, en dehors des professionnels du secteur et des amateurs avertis. Car un salon national ne peut pleinement jouer son rôle s’il ne parvient pas à faire sortir les arts visuels de leur cercle habituel et à susciter la curiosité de nouveaux publics. Au-delà du nombre d’artistes réunis, c’est donc la qualité du regard porté sur la création visuelle tunisienne, autant que la capacité à la rendre accessible au plus grand nombre, qui déterminera la véritable portée de ce salon.



