Agressions génocidaires contre Gaza : Un an après, le cessez-le-feu n’existe que sur le papier
Malgré l’accord conclu le 10 octobre 2025, un an jour pour jour, sous l’égide du président des Etats-Unis Donald Trump, la bande de Gaza reste confrontée aux bombardements, à une crise humanitaire profonde et à l’absence de reconstruction. Malgré la trêve, les conditions de vie des Palestiniens demeurent dramatiques et les perspectives de paix incertaines.
La Presse — Pas moins de 120 organisations humanitaires, de défense des droits de l’Homme et de la société civile ont dénoncé, vendredi, la poursuite des agressions sionistes dans la bande de Gaza, affirmant que le cessez-le-feu conclu il y a un an, n’«existe que sur le papier», alors que plus de 1.400 Palestiniens sont tombés en martyrs depuis l’entrée en vigueur de cet accord.
L’occupant sioniste continue quotidiennement de mener des attaques et des raids core l’abonde de Gaza, déjà dévastée par trois ans de guerre continue amorcée par l’entité sioniste dans une perspective qui écarte de sa part toute solution de paix.
Rien qu’hier, un Palestinien a été tué et plusieurs autres blessés par des tirs des forces sionistes à l’est du village d’al-Masdar, dans le centre de la bande de Gaza. L’agence de presse palestinienne Wafa a rapporté que les forces d’occupation, déployées à l’est de la zone, avaient tiré à balles réelles en direction d’un groupe de Palestiniens à l’est du village d’al-Masdar et des camps de réfugiés d’al-Maghazi et d’al-Bureij. Ces tirs ont entraîné la mort d’un Palestinien, atteint d’une balle au cou, ainsi que plusieurs blessés.
Deux Palestiniens avaient été tués jeudi lors d’une attaque menée par un drone de l’occupation sionistes contre un véhicule à proximité de l’hôpital de campagne jordanien, dans la rue al-Sinaa, au sud-ouest de la ville de Gaza.
Selon les données des autorités palestiniennes de la santé, les bombardements, les tirs et les opérations militaires sionistes ont fait plus de 1.400 martyrs depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre 2025. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Groupe sectoriel mondial pour la santé font état de plus de 5.000 blessés, dont 547 enfants durant la période du cessez-le-feu.
Les organisations ont également indiqué que plus de 630 corps avaient été extraits des décombres par les familles et les équipes de secours, souvent à mains nues, faute d’équipements adaptés. Plus de 10.000 personnes seraient toujours ensevelies sous les ruines, selon les estimations du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme.
Crise humanitaire sans précédent !
Dans un communiqué conjoint, les organisations ont souligné que les attaques sionistes et les restrictions imposées à l’entrée de l’aide humanitaire et des matériaux de reconstruction continuaient d’aggraver la situation dans l’enclave palestinienne. Environ deux millions de personnes ont toujours besoin d’un abri, tandis qu’aucun des 36 hôpitaux de Gaza ne fonctionne à pleine capacité. Quelque 1,4 million de personnes devraient également faire face à des niveaux catastrophiques de faim, voire pires, d’ici à la fin de l’année.
Les destructions touchent environ 82 % des structures du territoire palestinien, dont plus des deux tiers ont été entièrement détruites, selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (Unrwa). Et le volume des décombres est estimé à 61 millions de tonnes. A l’approche de l’hiver, des centaines de milliers de familles vivent toujours sous des tentes ou dans des habitations endommagées, exposées au froid, aux vents et aux inondations.
La directrice générale de Save the Children, Inger Ashing, a appelé les gouvernements à «user de leur influence pour mettre fin aux tueries et garantir aux enfants l’accès à la nourriture, aux soins, à l’éducation et à un abri». Le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés, Jan Egeland, a, pour sa part, exhorté les gouvernements à «agir concrètement afin de permettre l’acheminement sans entrave de l’aide et l’entrée des équipements nécessaires à la reconstruction» dans la bande de Gaza.
D’après un reportage du quotidien français Le Monde, Watine Hamad vient de fêter son premier anniversaire. Née à la veille du cessez-le-feu à Gaza, elle grandit sous une tente, au milieu des ruines, dans des conditions sanitaires difficiles. «À côté d’une décharge. C’est ça, l’environnement de ma fille : les odeurs nauséabondes, les maladies cutanées et les infections respiratoires. Ce n’est pas cette vie-là que je voulais lui offrir», confie son père, Ali Hamad, 38 ans.
Comme plus d’un million d’habitants de Gaza, sa famille survit dans un abri de fortune. Un an plus tard, l’armée sioniste contrôle toujours environ les deux tiers du territoire, où plus de 2,2 millions d’habitants sont concentrés sur quelque 130 kilomètres carrés. La maison de la famille Hamad, située à l’est de la «ligne jaune», a été détruite, comme de nombreux bâtiments de cette zone transformée en zone tampon.
En dépit de la diminution des bombardements massifs, les attaques sionistes continuent presque quotidiennement. Selon le ministère de la santé de Gaza, plus de 1.470 personnes ont été tuées et 5.190 blessées durant les douze mois suivant le cessez-le-feu, portant le bilan total à 74.250 morts depuis octobre 2023.
La crise alimentaire reste également préoccupante. Dans son dernier rapport, Médecins du monde estime que «l’insécurité alimentaire à Gaza n’est plus épisodique, elle est structurelle». Si les produits sont davantage disponibles sur les marchés, leurs prix restent inaccessibles à une population largement privée d’emploi et de ressources. Les organisations humanitaires dénoncent toujours les restrictions sionistes qui entravent l’acheminement de l’aide.
La santé et l’éducation lourdement touchées
Le système de santé manque de fournitures médicales, de traitements contre le cancer et d’équipements de diagnostic. En septembre 2026, seuls 20 des 36 hôpitaux de Gaza fonctionnaient partiellement, contre 14 en octobre 2025. Les évacuations médicales restent limitées, tandis que la destruction des réseaux d’eaux usées accroît les risques d’épidémies.
L’éducation est elle aussi gravement affectée : plus de 90 % des écoles et des universités ont été détruites. De nombreux étudiants suivent désormais leurs cours à distance, malgré le manque d’équipements numériques.
Nirmine Mourad, mère de trois enfants à Gaza, ne peut acheter de téléphone à sa fille, qui commence sa première année universitaire en ligne. « Les rares qu’on trouve sont vendus 1 166 euros », explique-t-elle.
Dévoilé le 29 septembre 2025, le plan en vingt points de l’accord devait ouvrir la voie à la stabilisation de Gaza. Mais seuls deux points ont été pleinement appliqués : le retour des otages sionistes et la libération des détenus palestiniens.
Tout le reste, notamment le retrait sioniste et la reconstruction, est à peine sorti du papier, analyse Jaser Abu Mousa, chercheur au Middle East Institute, aux États-Unis.
Le 23 septembre 2026, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Jared Kushner a annoncé un programme de rétablissement de Gaza de 2,45 milliards de dollars. Cette somme n’était pas encore réunie, alors que le coût de la reconstruction est estimé à 71,4 milliards de dollars sur dix ans.
Flou autour de la sécurité et la reconstruction
Au-delà des obstacles humanitaires et sécuritaires, le plan américain ne définit pas clairement l’avenir politique des Palestiniens. Gaza y est principalement envisagée sous l’angle de la sécurité et de la reconstruction, sans véritable perspective sur la place des habitants dans la gouvernance de leur territoire. La question de la justice et de la responsabilité pour les destructions reste également sans réponse.
Un an après le cessez-le-feu, les attaques se poursuivent, les infrastructures demeurent dévastées et la reconstruction reste bloquée. Pour les habitants, la priorité est toujours de trouver un abri, de se nourrir et d’accéder aux soins.
Sans garanties concrètes sur le retrait de l’occupant sioniste, la reconstruction et l’avenir politique des Palestiniens, la trêve risque de rester une promesse sans lendemain. À Gaza, un an après le cessez-le-feu, la paix demeure hors de portée.
71.000 orphelins et 64.000 veuves pris dans le piège de la guerre
Trois années de guerre génocidaire sioniste sur la bande de Gaza n’ont pas laissé derrière elles que des décombres des maisons et des infrastructures ; elles ont causé une profonde blessure sociale. Les chiffres publiés par le ministère du Développement social à Gaza révèlent l’ampleur de cette mutation : le nombre d’enfants orphelins a atteint environ 71.846, tandis que le nombre de veuves s’élève à 64.413 femmes au cours des années de guerre, à un moment où le nombre de ménages dirigés par des femmes est monté à environ 86.000 familles.
Avec l’augmentation du nombre de familles prises en charge par des femmes jusqu’à environ 86.000 foyers, des milliers de mères se retrouvent face à des responsabilités dédoublées : prendre soin des enfants, subvenir aux besoins de la maison, faire face à la pauvreté et au chômage, tout en gérant les séquelles de la perte, du déplacement et de la destruction.
En conséquence, des dizaines de milliers d’enfants orphelins font face à une nouvelle réalité qui leur a été imposée dès leur plus jeune âge, au sein d’un environnement privé de stabilité. Les données du ministère indiquent que plus de 1.200.000 personnes ont fait face à des niveaux de crise ou pire d’insécurité alimentaire, tandis que 530.000 familles ont été enregistrées sur le système de secours national.
Les répercussions de la guerre n’ont pas épargné les catégories les plus vulnérables de la société : le nombre de personnes âgées s’élève à environ 118.876, tandis que le nombre de personnes en situation de handicap atteint 16.963 personnes, selon les données du ministère du Développement social.
Parallèlement aux pertes humaines, la guerre a engendré une vaste crise de déplacement : le nombre de familles déplacées au sein des centres d’hébergement a atteint 258.927 familles, réparties sur 2.090 centres.
(Synthèse de média)



